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réponse au Crédit Commercial de France d'Angers

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Nom, prénom : 

Adresse : 

 

à M. le Président Directeur Général  

 

Compte n° : ………………………….

Objet : le groupe Crédit Commercial de France et l'argent sale

 Le .…/…./ 200.

Monsieur le Président Directeur Général,

Dans votre courrier du .................., vous répondiez à mes préoccupations concernant l'implication éventuelle de ma banque dans le blanchiment de l'argent sale, et je vous en remercie. 

Permettez- moi cependant d'être très étonné de la concision et de la nature de votre réponse : vous ne pourriez me parler des efforts que vous menez dans la lutte contre le blanchiment au prétexte que ce type d'information relèverait du secret bancaire. Ainsi donc, le sacro-saint secret bancaire, non content de rendre la finance opaque à la justice, vous interdirait en plus de rendre transparente à vos propres clients la façon dont vous gérez le problème préoccupant du blanchiment ! 

Vous déclarez respecter strictement vos obligations dans ce domaine, sans vouloir donc en dire plus.

Les procédures préventives qui vous sont imposées par les dispositions législatives et réglementaires constituent certes un progrès, mais je ne suis pourtant pas rassuré, loin de là. Premièrement parce qu'elles me paraissent insuffisamment appliquées voir inapplicables, et deuxièmement parce que vos implantations dans les paradis fiscaux, à propos desquelles vous ne me répondez pas non plus, me paraissent en contradiction totale avec un engagement réel de lutte contre le blanchiment.

Je constate aussi que la mise en place, l'application effective et l'efficacité de ces procédures ne sont contrôlées qu'à l'intérieur de la profession bancaire elle-même et qu'en définitive, quelle que soit la réalité de votre détermination à lutter contre le blanchiment, le secret bancaire qui est la règle dans les paradis fiscaux et les territoires non coopératifs (PTNC) empêche les contrôles et les enquêtes indépendantes de la justice et rendent donc les dispositifs préventifs peu transparents. 

Enfin je n'ai jamais entendu dire que la prévention du blanchiment basée essentiellement sur des procédures bancaires ai porté ses fruits et que l'argent sale ait diminué en volume, encore moins l'évasion fiscale.  

Dans cette optique, je m'inquiète de la présence de succursales du CCF à Monaco, aux Bahamas, à HongKong, à Jersey, au Liban, au Luxembourg, à Singapour et en Suisse, où le secret bancaire est de rigueur. Le bénéfice tiré d'une clientèle qui cherche avant tout à fuir les lois et la fiscalité de son pays est-il si important que votre groupe prenne le risque d'être utilisé dans des affaires de blanchiment d'argent et de fraude fiscale (cf. la mise en examen récente de François-Xavier de Fournas, directeur général de la BRED, ou encore celle du responsable de la lutte anti-blanchiment de la Société Générale) ?

L'appartenance du CCF à HSBC n'est pas non plus un argument rassurant : l'implantation de ce groupe dans plus 24 paradis fiscaux et sa stratégie agressive dans le domaine de la spéculation sur les monnaies me font penser que HBSC est loin d'être une référence dans le domaine de la déontologie.

En tant que client(e) et citoyen(ne), je suis gêné(e) du fait que ma banque appartienne à un groupe qui participe directement à l'existence de Paradis Fiscaux sans lesquels la criminalité financière ne pourrait s'épanouir. C'est pourquoi je me pose maintenant la question des conséquences à en tirer.

Veuillez recevoir, M. le Président, l'expression de mes sentiments respectueux et civiques,

 

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