Nom, prénom :
Adresse :
à M. le
Président Directeur Général
Compte n° :
………………………….
Objet : le
groupe Crédit Commercial de France et l'argent sale
Le .…/…./
200.
Monsieur le Président Directeur Général,
Dans votre courrier du ..................,
vous répondiez à mes préoccupations concernant l'implication
éventuelle de ma banque dans le blanchiment de l'argent sale, et je
vous en remercie. Vous déclarez respecter strictement vos obligations
dans ce domaine. Les procédures préventives qui vous sont imposées
par les dispositions législatives et réglementaires constituent certes un progrès, mais je ne
suis pourtant pas rassuré, loin de là. Premièrement parce qu'elles
me paraissent tout à fait insuffisantes, et deuxièmement parce que
vos implantations dans les paradis fiscaux, à propos desquelles vous
ne me répondez pas, me paraissent en contradiction totale avec un
engagement réel de lutte contre le blanchiment.
Je constate aussi que la mise en place,
l'application effective et l'efficacité de ces procédures ne sont
contrôlées qu'à l'intérieur de la profession bancaire elle-même
et qu'en définitive, quelle que soit la réalité de votre
détermination à lutter contre le blanchiment, le secret bancaire qui
est la règle dans les paradis fiscaux et les territoires non
coopératifs (PTNC) empêche les contrôles et les enquêtes
indépendantes de la justice et rendent donc les dispositifs
préventifs peu transparents.
Enfin je n'ai jamais entendu dire
que la prévention du blanchiment basée essentiellement sur des
procédures bancaires ai porté ses fruits et que l'argent sale ait
diminué en volume, encore moins l'évasion fiscale.
Dans cette optique, je m'inquiète de la
présence de succursales du CCF à Monaco, aux Bahamas, à HongKong,
à Jersey, au Liban, au Luxembourg, à Singapour ou en Suisse. Le bénéfice tiré
d'une clientèle qui
cherche avant tout à fuir les lois et la fiscalité de son pays est-il si important
que votre groupe prenne le
risque d'être utilisé dans des affaires de blanchiment d'argent
et de fraude fiscale (cf. la mise en examen récente de François-Xavier de
Fournas, directeur général de la BRED, ou encore celle du
responsable de la lutte anti-blanchiment de la Société Générale) ?
L'appartenance du CCF à HSBC n'est pas non
plus un argument rassurant : l'implantation de ce groupe dans plus 24
paradis fiscaux et sa stratégie agressive dans le domaine de la
spéculation sur les monnaies me font penser que HBSC est loin d'être
une référence dans le domaine de la déontologie.
En tant que client(e) et citoyen(ne), je
suis gêné(e) du fait que ma banque appartienne à un groupe qui
participe directement à l'existence de Paradis Fiscaux sans lesquels
la criminalité financière ne pourrait s'épanouir. C'est pourquoi je
me pose maintenant la question des conséquences à en tirer.
Veuillez recevoir, M. le Président,
l'expression de mes sentiments respectueux et civiques,