site ATTAC

association

- actions et documents

- groupes locaux

 

économie et finances

mondialisation

propositions

 

Banques

réponse à la Société Générale

charger ce fichier en format RTF réponse à faire à M. Daniel Bouton, PDG de la la Société Générale

sommaire ATTAC 84 banques

Nom, Prénom 

Adresse

 

Monsieur Daniel Bouton

 Président de la Société Générale

Compte n° : 

Le …./…./2002

Monsieur le Président,

Comme tous les titulaires d'un compte à la Société Générale, j'imagine, j'ai reçu une lettre de votre part visant à me rassurer sur l'affaire de blanchiment pour laquelle vous faites l'objet de mises en examen. J'ai le regret de vous dire que je ne suis pas du tout rassuré !

 

Vous dites : " La Société Générale participe activement depuis des années, en coopération avec les autorités publiques et avec tous les moyens dont elle dispose, à la lutte contre le blanchiment ". S'il s'agit vraiment d'une de vos préoccupations majeures, je reste très étonné quant aux réels moyens mis en œuvre ! En effet je retiens de votre lettre qu'il n'existe pas aujourd'hui d'instruments de contrôles réellement fiables, pour les multiples raisons que vous énumérez vous-même : 

  • le trop grand nombre d'opérations à contrôler, en particulier dans le traitement des chèques, 

  • les contrôles largement automatisés : cela signifie qu'ils sont perméables aux opérations douteuses que seule la vigilance humaine peut détecter, 

  • le flou qui existe dans les directives des autorités de tutelle elles-même : on peut comprendre qu'elles cherchent plus à se couvrir qu'à contraindre les établissements à mettre les moyens nécessaires.

A cela on pourrait ajouter le double conflit d'intérêt auquel sont exposées les banques : le premier est que plus elles appliquent à la lettre les mesures préventives et plus elles risquent de perdre des clients ; le second est que les banques contrôlent elles-mêmes leurs propres services. Nous sommes ici loin de la transparence. 

 

Les banques ne peuvent pas d'un côté affirmer lutter efficacement contre le blanchiment et de l'autre invoquer, lorsqu'un scandale éclate, les difficultés à tenir le rôle qu'on leur a imposé. 

Et qu'en est-il des opérations faisant intervenir un de ces territoires non coopératifs _comme Israël dans le cas de cette affaire précise_ qui figurent sur la liste noire du GAFI ? 

Je n'ai enfin jamais entendu dire que la prévention du blanchiment ait jusqu'à présent porté ses fruits et que l'argent sale ait diminué en volume, encore moins la fraude fiscale. Au contraire ! Il doit donc bien y avoir du laxisme quelque part. 

 

Par ailleurs, je m'étonne que la Société Générale soit une des banques françaises les mieux implantées dans les paradis fiscaux qui sont pourtant considérés comme la clef de voûte de la délinquance financière : vous avez de nombreuses succursales et filiales _ telle Asset Management ou SG Private Banking _ se trouvant dans ces localisations peu recommandables comme Chypre, les Emirats Arabes Unis, Jersey, Guernesey, le Liban, Labuan (Malaisie), le Luxembourg, Monaco, Panama, Singapour, Philippines ! J'aimerais vraiment comprendre comment le fait d'attirer une certaine clientèle " haut de gamme " dans ces lieux spécialement conçus pour la mettre à l'abri des lois et de la fiscalité de son pays ne contribuerait pas, même indirectement, au blanchiment de l'argent sale, à l'évasion fiscale, voire au financement du terrorisme.

 

En tant que client(e) et citoyen(ne), je peux difficilement accepter une situation où ma banque, quelle que soit la qualité de ses services, contribue à l'existence d'un monde sans loi que je réprouve au plus au point ; je ne manquerai pas d'en tirer toutes les conséquences.

 

Veuillez recevoir, M. le Président, l'expression de mes sentiments respectueux et civiques,

 

.