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Attac à
Requista
Compte-rendu des
activités sur Réquista
- par Jacques De
Barros
Plus de 100 personnes ont
assisté à la projection du film de JP jAUD
"Nos enfants nous accuseront" à
Réquista
Le débat,animé par J.
Van den Akker de "Nature et progrès", a permis de
comprendre les règles encadrant l'agriculture
biologique, et combien cette agriculture est source
d'espoir pour beaucoup de consommateurs
Des élus locaux avaient
répondu présent à notre invitation,
mais une expérience comme celle de Barjac semble
difficile à organiser ici et maintenant
Les représentants des
collectivités territoriales(CG et CR) nous ont
exposé les projets du département et de la
région;Ils ont entendu les attentes des
consommateurs...nous avons pu noter les
differences...
Et après, qu'est ce qu'on
fait?
Le film de Mermet sur N. Chomsky
devrait être projeté fin
février(?)...Une suite avec un philosophe ou un
journaliste (fabriquant d'opinion)?...
le 19 mars, dans le cadre de la
semaine contre les pesticides, conférence d'
Angelo San Filipo, chercheur chimiste du MDRGF: A nous de
lui préciser le thème de son
intervention.
Un
service public de la recherche pour faire danser les
anges
" Les grands de la terre "
enivrés de pouvoir, qui n'ont d'autre projet que
de " remplir le ciel de tonnerres, rien que de tonnerres,
l'homme, l'homme vaniteux, drapé dans sa petite et
brève autorité, connaissant le moins bien
ce dont il est le mieux assuré, sa fragile
essence, il s'efforce, comme un singe en colère,
à faire à la face du ciel des farces
grotesques qui font pleurer les anges et qui, s'ils
avaient nos ironies, leur donneraient le fou - rire des
mortels "
Qu'on ne s'y trompe pas ces phrases
ont été écrites par Shakespeare pour
décrire les " puissants ", même si c'est
Sarkosy qui les a inspirées à Alain
Trautman de l'association " Sauvons la recherche ", dans
son discours du 22 janvier sur l'avenir de la
recherche.
Ce discours provocateur est la cerise
sur le gâteau,qui vient après plusieurs
projets de réforme:
-appel à fonds privés
pour le financement des universités dans le projet
LRU
-démantèlement des
grands centres de recherche,que sont le CNRS ou
l'INRA
-projets de recherche en financement
croisés, public-privé
Très en colère, les
enseignants-chercheurs sont aujourd'hui en grève
totale et illimitée.
Cette réforme de la recherche
concerne le paysan et influencera demain son travail et
sa place dans la société;Il ne fait pas de
doute que le fil conducteur de ces diverses
réformes sont guidées par l'envie de faire
financer la recherche par des firmes
privées:
Alors, la recherche sera-t-elle
agronomique ou chimique? Comment pourra-t-on tester de
manière objective les nouvelles
molécules?,quelle place fera-t-on à
l'épidémiologie?
Les investisseurs et
généreux donateurs de nos
universités seront Monsanto, Bayer,....etc; Nous
parlerons brevets, plus-values,
compétitivité...et bien sûr crises,
restructuration, plan de rigueur... et peut-être
renationalisation.
Nous étions en janvier au forum
social de Belem avec via campesina, nous avons compris
que le défit est de nourrir bientôt 9
milliard d'hommes:cette tâche est un service public
universel;
nous avons redit qu'il était
important de préserver la biodiversité:elle
constitue un bien public mondial.
Nous savons que les fonds
nécessaires pour répondre à ces
exigences doivent être trouvés dans des
taxes globales:taxe carbone,mais pourquoi pas taxe
pesticide,taxe monoculture..
Nous pensons que ces programmes
pourraient être gérés par des agences
de l'ONU,(comme la FAO) enfin démocratique et a
l'écoute des organisations du monde..
Dis-nous, Shakespeare,lequel des deux
projets peut faire danser les anges?
Texte écrit par
J. De Barros pour le journal de la Conf'
Y a
pas que chez nous qu'on s'oppose
En 2004 la conf' (avec ATTAC,le
CCFD...) avait participé à la campagne "
l'Europe plume l'Afrique ";les bas-morceaux de volaille,
non consommés en Europe, se retrouvaient sur les
étals de Douala ou Yaoundé et
précipitaient dans la faillite les élevages
paysans du Cameroun; Cette campagne avait
été un succès puisque le pays avait
consenti à relever ses taxes à
l'importation: les poulets-bicyclette locaux redevenaient
compétitifs, et la notion de souveraineté
alimentaire était mise en avant
Cette campagne avait été
orchestrée sur place par Bernard Njanga,un
syndicaliste paysan qui veut " faire valoir le droit pour
les pays pauvres de se développer,faire avancer la
souveraineté alimentaire et faire avancer la
démocratie ".
Ce même paysan à
montré en 2008 que 60% des aides promises aux
paysans pour cultiver du maïs a fini dans les poches
des notables locaux; il a aussi prouvé que les
tracteurs offerts par l'Inde avaient fini dans les cours
de ministres ou députés...
Pour mettre en lumière cette
corruption, les syndicalistes et militants d'ONG ont
manifesté pacifiquement en Décembre; la
répression a été violente et 5
syndicalistes dont Bernard se retrouvent inculpés
: Ils plaident coupable: " nous avons pris la rue pour
défendre les intérêts collectifs
"
Le procès se tiendra le 13
février,Soutenir ces syndicalistes n'est pas
uniquement le soutien à des paysans camerounais;
c'est aussi le reflet de l'émergence d'une
citoyenne paysanne internationale,l'avancée de la
notion de souveraineté alimentaire ...la recherche
d'un autre monde possible
Pour Bernard " il n'y a pas de
révolution économique qui ne commence par
une révolution des esprits ".
Un projet de location foncière
s'effondre suite à des accusations de "
néo-colonialisme "
Dans le numéro de
décembre nous parlions du grand jeu de monopoly
auquel se livrent les grandes firmes pour se partager les
terres arables de la planète.
Le plus important des projets
était celui signé entre Daewoo logistics
filiale du groupe sud-coréen Daewoo et le
gouvernement malgache, le 17 novembre 2008:Un accord de
location, pour 99 ans, de 1,3 million d'hectares de
terres (à peu de choses près, la
moitié de la superficie de la Belgique). Dans
l'ouest de l'île, on produira du maïs (4
millions de tonnes par an). Dans le nord-est, de l'huile
de palme (500.000 tonnes). L'essentiel de la production,
qui devrait être assurée par une
main-d'uvre originaire d'Afrique du Sud, est
destinée à la Corée du Sud,
très dépendante de ses importations en
maïs. Montant de l'investissement de Daewoo sur les
25 prochaines années, selon le Financial Times :
4,8 milliards d'euros.
Cette information a été
reprise par de nombreux médias dans le monde;Des
organisations paysannes se sont saisies de ce
problème;aujourd'hui des réactions nous
parviennent
"Nous avons des soucis avec le
gouvernement de Madagascar. Le projet avançait,
mais il a été soudainement stoppé
à cause des reportages des médias. Ceux-ci
ont mis très en colère les habitants
malgaches, car il se sont sentis honteux de faire partie
de ce qu'ils appellent un système
néo-colonial"a dit Shin Dong-huyn, directeur
général des projets et des finances de la
compagnie Daewoe Logistics
le terme " d'affaires de type
néocolonialiste " étant prononcé par
Mr Jacques Diouf , président de la FAO.
Bien sûr la mobilisation
internationale doit se poursuivre pour éviter que
ne soient signés de tels contrats ,et pour faire
vivre la notion de souveraineté
alimentaire;
On peut malgré tout penser que
les puissants de la planète ,ceux qui
étaient récemment réunis à
Davos,sont bien des descendants de Frankenstein : ils
n'aiment pas être exposés à la
lumière.
Article
écrit pour le journal de la Conf' - par Jacques De
Barros
pendant
la tempête, personne ne remarque le
tsunami
Article sur une nouvelle
forme de colonialisme écrit par Jacques De Barros
pour le journal de la Confdont le contenu ne peut
quintéresser les gens solidaires
Les deux grandes crises mondiales qui
se sont déclenchées au cours des 15
derniers mois (la crise alimentaire mondiale et la crise
financière) ont donné naissance à
une tendance préoccupante consistant à
acheter des terres pour externaliser la production
alimentaire. Il existe deux stratégies
parallèles qui animent deux types
daccapareurs de terres.
La première voie est celle
menée par un certain nombre de pays qui veulent
assurer leur sécurité alimentaire alors
quils ont des liquidités à placer:
ils lenvisagent comme une stratégie à
long terme pour assurer lalimentation de leurs
populations à bon marché.
La seconde voie est celle menée
par toutes sortes dacteurs des secteurs de la
finance et de lagro-alimentaire (fonds de pension,
fonds d'investissement, compagnie d'assurance...) qui se
tournent vers le foncier, à la fois pour la
production alimentaire et celle des biocarburants
Mais il ne faut pas se laisser
abuser,les buts recherchés sont les
mêmes:accaparer les terres pour en tirer des
profits privés
la chine, les pays
pétroliers et les autres
La Chine est aujourd'hui encore en
autosuffisance alimentaire. Toutefois, sa population est
immense, ses terres agricoles disparaissent avec le
développement industriel, et avec des
réserves de devises étrangères de 1
800 milliards de dollars US, la Chine a suffisamment
dargent sous la main pour investir dans sa propre
sécurité alimentaire à
létranger; Pékin a d'ailleurs
commencé à externaliser progressivement une
partie de sa production alimentaire bien avant que la
crise alimentaire néclate en 2007. Au
Kazakhstan(7000ha) au Laos(100 000ha) en passant par les
Philippines(1 200 000ha)...etc... des entreprises
chinoises louent ou achètent des terres,
créent de grandes exploitations , font venir des
agriculteurs, des chercheurs et vont jusquà
faire le travail de culture. La plus grande partie de
lactivité agricole de la Chine à
létranger est consacrée à la
culture du riz, du soja et du maïs, ainsi
quà des cultures énergétiques
comme la canne à sucre, le manioc ou le
sorgho.
Les pays pétroliers du golfe
constituent un autre exemple d'investisseurs fonciers;
Leur idée est de conclure des accords,
particulièrement dans les pays frères
islamiques, auxquels ils fourniront des capitaux et des
contrats pétroliers en échange de garanties
pour que leurs grandes entreprises puissent avoir
accès à des terres agricoles et
réexporter la production chez eux. Les
États les plus visés sont, de loin, le
Soudan , l'Indonésie(1600000ha) le Pakistan(300
000ha)... et la liste nest pas close.
Même si la Chine et les
États du Golfe sont les acteurs les plus
importants, dautres semploient activement
à trouver des terres agricoles à
létranger, avec une nouvelle impulsion
depuis cette année. Le Japon et la Corée du
Sud, obtiennent déjà 60 % de leur
alimentation à létranger.
Les financiers
La ruée du secteur privé
sur les acquisitions de terres agricoles cette
année a été vertigineuse. La
Deutsche Bank et Goldman Sachs, par exemple, sont en
train de prendre le contrôle du secteur chinois de
lélevage. Morgan Stanley, qui sest
faite renflouée par le trésor
américain(40 000ha en Ukraine); Renaissance
Capital, une société d'investissement russe
(300 000 ha en Ukraine),Daewoo,corée du sud(1 300
000 ha à Madagascar)...etc
« Lastuce ici est de ne pas
se contenter de moissonner des récoltes mais de
moissonner de l'argent. »
Mikhail Orlov ancien directeur
Capital-investissement chez Carlyle et Invesco, septembre
2008
En arrière-plan, la Banque
mondiale et la BERD(banque européenne pour la
reconstruction et le développement), entre autres,
conseillent activement aux gouvernements de modifier les
politiques et les pratiques de propriété
foncière de façon à ce que les
investisseurs étrangers bénéficient
de plus dincitations à des investissements
dans des terres agricoles à
létranger.
Lhorizon de placement dont
parlent les investisseurs est, en moyenne, de 10 ans avec
des taux de rendement annuels prévus de 10
à 40 % en Europe et qui pourraient atteindre 400 %
en Afrique.
Dans les pays ainsi
dépecés
Compte tenu de la crise qui se
poursuit actuellement au Darfour, où le Programme
alimentaire mondial essaie de nourrir 5,6 millions de
réfugiés, il peut sembler fou que des
gouvernements étrangers achètent des terres
agricoles au Soudan pour exporter des denrées
alimentaires à lintention de leurs propres
citoyens. On pourrait dire la même chose du
Cambodge un demi-million de personnes, ont actuellement
une alimentation insuffisante. Les Philippines pourraient
être confrontées à une pénurie
de riz, mais elles pourraient renforcer les stocks des
EAU pour certains produits alimentaires comme les
bananes, les ananas, le blé, les légumes et
dautres articles agricoles
Au Pakistan, des mouvements
dagriculteurs alertent déjà
lopinion sur le sort d'environ 25 000 villages qui
seront amenés à être
déplacés avec l'arrivée des Qataris.
En Indonésie, des militants défendent le
droit des populations papoues sur le domaine de
riziculture de 1,6 millions d'ha prévu pour les
Saoudiens
Pour nous en Aveyron
La SAFER continue à
privilégier ses petits camarades pour l'obtention
de parcelles d'un tiers d'hectare, pendant que d'autres
essayent de grapiner quelques droits à
produire...
Mon voisin n'a pas de repreneur; son
fils vient de réussir son concours d'entrée
chez les CRS; Il y aura du travail pour refouler toute
une horde de sans papiers du Pakistan et du Soudan qui
pensaient pouvoir venir en France manger le riz qui a
été produit sur les terres dont ils ont
étés exclus,mais...ça va pas
être possible!
Et moi j'ai demandé au
père Noël le dernier livre de Jean Ziegler:la
haine de l'occident chez Albin Michel
références de
l'article: www.grain.org/go/mainbasse
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