2007-06-26
- La santé
nest pas dans lassiette - pdf
à télécharger
A loccasion du passage du film
« Notre pain quotidien » de Nikolaus Geyrhalter
à la salle de cinéma la Strada de
Decazeville, le comité local dATTAC Aveyron
représenté par son président, a
animé un débat sur « la santé
nest pas dans lassiette ».
Un chiffre devrait nous
émouvoir : en 2004, 76.000 tonnes de pesticides
ont été utilisées pour la production
agricole en France. (2ième mondial derrière
états unis, 10 fois plus à lhectare
que les USA)
L'agriculture moderne est
productiviste et puissamment intégrée. Cela
signifie que le niveau des rendements est
préféré à la qualité
des récoltes.(40% du blé produit en Europe
est de si mauvaise qualité quon ne peut pas
en faire du pain,(nourriture à cochon).
Les français jettent 400 000
tonnes de pain par an , (consommation du Portugal)
La production de céréale
na pas augmentée depuis 1984 (1,8 a 2,9
milliards de tonnes par an)
La qualité de la terre
elle-même doit nous interpeller : en 6000 ans
dagriculture il y a eu 2 milliards dhectares
de terre de détruite, 1 milliard pour le
siècle dernier et en ce moment 10 millions
dhectare par an.
Sur lensemble de lEurope,
environ 90% de lactivité biologique des sols
cultivés a été détruite par
lagriculture intensive. Les zones les plus
ravagées sont larboriculture et la vigne ;
or lactivité biologique des sols est
indispensable pour lécosystème. Le
sol est une matière vivante, sur 30 cm
dépaisseur, il concentre 80% des êtres
vivants.
En Europe le taux de matière
organique du sol est passé de 4% à 1,4% en
cinquante ans. En France 60% des sols sont frappés
dérosion. Actuellement nous perdons en
moyenne dix tonnes de terre par hectare et par an ;
à ce rythme, dans trois siècles la France
sera un désert comme le sahara.
Le "complexe agro-industriel" est fait
de relations étroites de dépendance entre
les agriculteurs d'une part, les firmes qui leur vendent
semences, engrais, pesticides ou jeunes animaux et les
firmes qui leur achètent leur production pour la
transformer (industries agro-alimentaires) ou les
commercialiser (Grande Distribution) d'autre part.
Apparemment au cur du
dispositif, les agriculteurs sont en fait ravalés
au rang de simples exécutants sans autonomie
travaillant selon des critères productifs qu'ils
ne décident plus.
Les firmes situées en aval de
la production agricole exigent notamment du volume et des
produits standardisés. La plupart des
agriculteurs, souvent fortement endettés par
ailleurs, sont pris dans une spirale du "toujours plus
grand pour encore moins bon" de laquelle il n'est pas
aisé de sortir.
Il y avait 1 200 000 agriculteurs dans
les années 80, moins de 600 000 en 2006. 30 000
disparaissent chaque année.
À la sortie de ce complexe de
l'alimentation calibrée, il y a le
consommateur
Il n'a pas forcément lu les
études qui attestent que nombre de
variétés de fruits et légumes issus
de ce "modèle" contiennent des résidus de
produits chimiques au-dessus des normes
autorisées.
99% des fraises et des tomates en
Europe sont produit hors sol.
Lui aussi est pris dans une spirale,
qui le détourne de la "bonne" alimentation.
Le résultat de ce sacrifice
n'est pas mince à l'échelle de la
société tout entière :
Aujourdhui, il y a des
recherches sur le rôle de lalimentation dans
la cancérogenèse humaine.
Les graisses alimentaires ont
été incriminées dans les cancers du
sein, de la prostate, du colon, du rein, de
lovaire.
Le cholestérol alimentaire a
été incriminé dans les cancers du
poumon, de la vésicule.
Lobésité progresse
à grands pas.
Lobésité est
considérée comme facteur de risques des
cancers du sein après la ménopause, des
cancers de lutérus, des cancers du
colon.
Les fibres alimentaires, les fruits et
les légumes ont un rôle que lon
considère comme protecteur pour les cancers
digestifs, du colon en particulier, mais les traitements
que lon a pu voir dans ce film laissent
songeur.
En outre lirradiation des
aliments en vue de les conserver est très peu
contrôlée en France.
Les maladies : vache folle, poulet
à la dioxine, poisson au mercure, problèmes
deau potable en Bretagne
.
Cependant, il existe désormais
des alternatives, au succès grandissant, au
"prêt-à-mal-bouffer".
Les familles s'organisent en AMAP ou
en groupes informels afin de (re)créer des liens
directs avec des producteurs désireux de maintenir
une agriculture paysanne par laquelle ils
maîtrisent la qualité de leur production,
préservent l'environnement et proposent un rapport
qualité/prix accessible au plus grand
nombre.
Ce contre-modèle n'est soutenu
ni par les pouvoirs publics ni par la PAC. Les paysans en
"bio" ne touchent aucune subvention européenne ou
nationale. La lutte est apparemment inégale entre
les deux systèmes. Pourtant, le consommateur a les
moyens de résister : son pouvoir d'achat est un
pouvoir d'action. Le premier modèle
"prépare" un porc transgénique 40% plus
gros qu'un porc dit normal (mais celui-ci mangeant 25%
moins de nourriture "industrielle"). Le second
modèle préfère le porc fermier
élevé dignement et nourri sainement. Le
choix nous appartient
Pour nous à ATTAC, ces
conséquences néfastes sont le
résultat dune certaine mondialisation.
LOMC fournit un cadre légal et
lillusion de légitimité à
cette industrie, à ces firmes internationales bien
loin de lagriculture paysanne. La concurrence est
désormais inégale entre les pays et les
conséquences souvent dramatiques pour
certains.
Nous demandons la souveraineté
alimentaire par groupes de pays et la protection des
marchés agricoles et pour la qualité, une
agriculture bio sur un maximum de surface et dans un
environnement sain.
Un autre monde est
possible.