Boniment : Le vote NON provoquerait une crise très grave, le vote OUI n’en provoquerait pas
Les députés Verts européens
Forcer l’Union élargie à 25 membres de rester aux traités d’Amsterdam et de Nice alors que d’autres processus d’adhésion sont en cours, pourrait provoquer une crise susceptible de menacer le processus d’unification de l’Europe.
Les socialistes favorables au oui :
Une crise nous isolerait durablement de nos partenaires européens et singulièrement de tous les socialistes européens et de la quasi totalité des syndicats européens regroupés au sein de la CES (confédération européenne des syndicats) qui soutiennent le traité. Une stratégie européenne sans partenaire européen n'est pas crédible et ne peut aboutir qu'au retour en arrière. La crise ne serait pas fondatrice. Bien au contraire, elle ouvrirait une longue phase de régression sociale et politique.
Tout d’abord, parce que, sur le plan institutionnel, le rejet du traité n’entraînerait pas de crise. Tout simplement, le traité de Nice continuerait à fonctionner car il a été signé sans limite de temps.
L’Euro ne disparaîtrait pas non plus comme certains ont tenté de le faire croire.
Comme on peut le lire ailleurs le fonctionnement avec le traité de Nice n’est guère plus compliqué qu’avec la constitution. Il est même parfois plus facile.
Cela dit, il serait mensonger de prétendre que le rejet de la constitution européenne par le peuple français serait sans conséquence politique.
Bien évidemment il entraînerait une crise au sein des institutions européennes qui se verraient ainsi désavouées par le peuple français.
Cela ne serait toutefois ni la première, ni la dernière crise qu’aurait connue la construction européenne.
Mais cette crise aurait le mérite d’obliger à poser la question des fondements de la construction européenne : L’Europe ne doit-elle être qu’un grand marché ou ce continent, après avoir dominé le monde au nom du colonialisme, est-il encore capable de proposer un modèle social qui respecte un minimum de justice sociale ?
Que se passerait-il en cas de victoire du oui ?
Certes, à court terme, la crise serait évitée. Mais le fait d’enfermer 25 peuples dans le carcan de cette constitution pourrait avoir des conséquences infiniment plus graves :
Au minimum, à chaque fois que l’un des 25 pays tenterait de desserrer l’étau libéral, une nouvelle crise éclaterait et le pays récalcitrant n’aurait pour seul choix que de plier ou de quitter l’Union Européenne. Volontairement ou non.
Le risque est même beaucoup plus grave que cela.
Si, aux yeux des populations, les institutions européennes deviennent les responsables principaux de la dégradation de leurs conditions de vie et de travail, le risque est grand de les voir se tourner vers les pires démagogues qui sauront s’appuyer et renforcer le racisme et la xénophobie.
Pire encore, en faisant de la concurrence l’alpha et l’oméga de la construction européenne, on met en concurrence les Etats et leurs modes de vie. La directive Bolkestein illustre à merveille la conception libérale de l’harmonisation européenne : le marché doit tout niveler par le bas. Le pays le moins bien pourvu de protection sociale servira de modèle aux autres. Chaque peuple devient le concurrent de chaque autre peuple, et, dans un monde ou la régulation est bannie, de concurrent à ennemi il n’y a qu’un pas.
La constitution est porteuse de crises, de risque de conflits, à l’intérieur des nations et entre les nations.