ATTAC 91
soirée débat Vendredi 19 mai à 20h00 salle Pidoux de la Maduère avec Julien BRYGO

A propos du livre « Boulots de merde ! » et illustré par « Quatre petits films contre le grand capital »

Livre de Julien BRYGO et Olivier CYRAN el films de Julien BRYGO et Nina Faure.
mardi 16 mai 2017 par ATTAC 91

Le livre

Pas un jour sans que vous entendiez quelqu’un soupirer : je fais un boulot de merde. Pas un jour peut-être sans que vous le pensiez vous-même. Ces boulots-là sont partout, dans nos emplois abrutissants ou dépourvus de sens, dans notre servitude et notre isolement, dans nos fiches de paie squelettiques et nos fins de mois embourbées. Ils se propagent à l’ensemble du monde du travail, nourris par la dégradation des métiers socialement utiles comme par la survalorisation des professions parasitaires ou néfastes.

Comment définir le boulot de merde à l’heure de la prolifération des contrats précaires, des tâches serviles au service des plus riches et des techniques managériales d’essorage de la main-d’œuvre ? Pourquoi l’expression paraît-elle appropriée pour désigner la corvée de l’agent de nettoyage ou du livreur de nans au fromage, mais pas celle du conseiller fiscal ou du haut fonctionnaire attelé au démantèlement du code du travail ?

Pour tenter de répondre à ces questions, deux journalistes eux-mêmes précaires ont mené l’enquête pendant plusieurs années. Du cireur de chaussures au gestionnaire de patrimoine, du distributeur de prospectus au « personal shopper » qui accompagne des clientes dans leurs emplettes de luxe, de l’infirmière asphyxiée par le « Lean management » au journaliste boursier qui récite les cours du CAC 40, les rencontres et les situations qu’ils rapportent de leur exploration dessinent un territoire ravagé, en proie à une violence sociale féroce, qui paraît s’enfoncer chaque jour un peu plus dans sa propre absurdité. Jusqu’à quand ?

Les films

En remplacement dans une agence immobilière, Nina Faure se filme au téléphone en conversation avec sa supérieure. Médusée, sa chef s’étrangle alors que sa jeune employée refuse tout à trac d’effectuer les missions exigées d’elle, au prétexte – justifié – qu’elles n’apparaissent pas sur son contrat de travail. « Il s’agissait d’une petite revanche, de montrer que plier n’est pas une réponse systématique, d’autant que nous avons des outils : nos conventions collectives, nos contrats de travail », raconte la réalisatrice.

Au travers de quatre films aussi courts qu’impertinents, le photographe Julien Brygo et la réalisatrice Nina Faure montrent patte blanche pour mieux obtenir des puissants qu’ils se livrent sans fard. Dans Glasgow contre Glasgow, Julien Brygo s’est penché sur la différence d’espérance de vie de vingt-huit ans séparant les quartiers riches des quartiers pauvres de la ville écossaise. Au Rotary Club local, les philanthropes justifient cyniquement cet écart par les mœurs des plus défavorisés (consommation excessive de fast-food, violence…). « C’est une réaction typique de classe, commente le photographe. Ils dédouanent la structure de reproduction sociale des inégalités qui est à l’œuvre. » Des super-riches qui militent par ailleurs avec succès en faveur d’un système qui les exonèrent de l’essentiel de leurs devoirs fiscaux, au profit d’une philanthropie de bon ton.

Retour en France. Afin de confronter Jean-Denis Combrexelle, auteur de décrets dérogatoires au Code du Travail taillés sur mesure pour la société de distribution de prospectus Adrexo, la réalisatrice de Dans la boîte se fait passer pour une étudiante.
Démasqué, l’ex-directeur général du travail assume face caméra des décrets permettant à la société de payer des salariés 5 euros de l’heure. « Pour comprendre l’écrasante domination sociale, il faut relier le haut et le bas. C’est pourquoi notre démarche est de retourner la caméra contre les responsables, ce que fait très peu la télévision », affirme Nina Faure. Des films de lutte contre l’ordre libéral à glisser entre toutes les petites mains.

Le débat

Un débat est proposé après la de la présentation du livre et de la projection des quatre petits films.

Informations pratiques

La salle Pidoux de la Maduère se trouve :
64 Grande rue à Juvisy-sur-Orge, près de la poste.
Entrée libre et gratuite.


Accueil | Contact | Plan du site | | Statistiques du site | Visiteurs : 11 / 1087991

Suivre la vie du site fr  Suivre la vie du site ATTAC Val d’Orge  Suivre la vie du site Planning des activités   ?

Site réalisé avec SPIP 3.0.17 + AHUNTSIC

Creative Commons License