Présentation des débats

S'informer, se former, débattre : l'un des objectifs de ce festival est d'apporter au public un éclairage sur le fond des thèmes abordés.
La participation aux débats de spécialistes permet d'enrichir les connaissances et de provoquer une réflexion personnelle et collective qui prendra tout son sens lors des échanges.

Mercredi 17/11, 20h30 -
Jeudi 18/11, 20h30. -
Vendredi 19/11, 9h.45 -
Vendredi 19/11, 20h. -
Samedi 20/11, 14h. -
Samedi 20/11, 20h. -
Dimanche 21/11, 14h. -
Dimanche 21/11, 20h. -
Lundi 22/11, 20h -
Mardi 23/11, 20h -

Poubelle la vie ! Rencontre avec le réalisateur
Techno-science sans conscience
Débat avec le réalisateur & un journaliste d'Alternatives économique
La raison du plud fort

La santé cotée en bourse
Dis moi ce que tu manges, je te dirai qui tu engraisses

Je suis (presque) partout
Ils pensent donc je suis
Le veau d'or toujours plus gras !
Démesurbanisation

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Mercredi 17 novembre - séance de 20h. Poubelle la vie !

Rencontre avec Pascal Signolet, un des réalisateurs

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Jeudi 18 novembre - séance de 20h30. Techno-science sans conscience

Après la projection de "Alerte sur la cité" de Jean Druon

Avec Thierry Méot
, statisticien, dirigeant de l'ASTS (Association Science Technologie Société)
----- Elena Pasca, philosophe, vice-présidente de la Fondation Sciences Citoyennes

Depuis l’aube de l’humanité la technique est le fait de tout un chacun (taille des silex, …), puis les artisans (depuis quelques milliers d’années) et les ingénieurs (depuis quelqu
es centaines d’années) ont irrigué le développement technique des sociétés.
La science (la recherche scientifique), avec pour but de produire un savoir intellectuel et spéculatif, n’émerge qu’à partir de la fin du 17ème siècle et, jusqu’au début du 19ème siècle, les découvertes scientifiques, la mécanique de Galilée et de Newton, les débuts de l’électricité et du magnétisme, ne donnent lieu à aucune application immédiate.
Ce n’est qu’ensuite que les découvertes théoriques de la science génèrent les grandes avancées techniques, pensées sous le vocable de « Progrès » : optimisation de la machine à vapeur (principes de la thermodynamique), industrie chimique (Lavoisier), médecine (Claude Bernard, Pasteur)… et ensuite l’électromagnétisme, les télécommunications, la radio … et encore l’électronique, la physique nucléaire, le génie biologique…

Aujourd’hui, la science ne peut être dissociée des progrès techniques et des changements sociétaux induits. On est dans l’ère de la technoscience, caractérisée par une fécondation croisée et une orientation, par les financements (publics ou privés) et les moyens industriels nécessaires, de plus en plus court-termiste. La production de savoir en dehors de toute finalité autre que l’augmentation des connaissances et la compréhension du monde se réduit de plus en plus.

Les conséquences des choix, explicites ou non, de notre civilisation techno-scientifique mettent en péril la planète Terre et la pérennité de l’être humain : dérèglement climatique, diminution drastique de la biodiversité, prolifération d’élément radioactifs artificiels, pollutions chimiques (pesticides, antibiotiques...), dissémination des OGM, …

Ont ainsi éclos et prospéré le complexe militaro-industriel (après la seconde guerre mondiale), la recherche pharmaceutique pour les marchés solvables, la diffusion des OGM quasiment sans études publiques d’impact, le clonage des animaux d’élevage…, mêlant de façon intime recherche fondamentale, développement technologique et choix de société.

Entre dirigeants d’entreprises internationales, chercheurs et bureaucrates, les principaux choix scientifiques et technologiques se font hors du cadre de fonctionnement de nos démocraties représentatives.

Face à cette démesure, on assiste (enfin !) à l’émergence de la société civile dans le débat public : Contre expertise dans le nucléaire (CRIIRAD), Participation des malades à la définition des protocoles anti-SIDA, Développement des licences libres dans le domaine informatique…et aussi les mobilisations Contre la dissémination des OGM ou Pour faire reconnaître l’amiante comme maladie professionnelle… mais aussi les condamnations de médecins, chercheurs, dirigeants d’entreprises dans les affaires du sang contaminé et de la « vache folle », accusés d’avoir privilégié des considérations d’ordre économique au détriment de la santé publique

Pour les Grecs anciens, le châtiment de la démesure était la destruction ! Comment orienter autrement des développements technologiques aveugles à leurs propres dégâts ?


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Vendredi 19 novembre – séance de 20 h. La raison du plus fort

Après la projection de "le business de l'or au Guatémala" de Grégory Lassalle

Avec Grégory Lasalle
, réalisateur, président du collectif Guatémala
----- Sophie Baillon, porte-parole de Survival
----- Régis Mazin de Survie Île-de-France

Le concept de « mission civilisatrice » a longtemps justifié l’impérialisme des grandes puissances dont le véritable objectif est l’élargissement des marchés – la croissance - nécessaire au système capitaliste. On invoque désormais des raisons morales : il faut aider un pays à se développer (avec le « secours » éventuel du FMI ou de la Banque mondiale…), lui donner les moyens d’exploiter ses richesses, voire « le débarrasser d’un dictateur ». Mais loin d’en bénéficier, les populations locales sont souvent les victimes des appétits des multinationales en quête de ressources et de marchés nouveaux.


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Samedi 20 novembre – séance de 14 h. La santé cotée en Bourse

Après la projection de "Les médicamenteurs" de Stéphane Horel, Annick Redolfi & Brigitte Rossigneux

Avec Stéphane Horel
, réalisatrice & auteur du livre Les Médicamenteurs

Le système des brevets rend un certain nombre de médicaments inaccessible aux populations pauvres. Cette inégalité face à la santé est une des injustices les plus intolérables, d'autant que les principaux laboratoires pharmaceutiques réalisent des profits démesurés.

L'accès de tous aux médicaments nécessiterait de repenser, de manière mondiale, la notion de "santé publique" afin de lui redonner tout son sens. Tant que le médicament constituera une marchandise comme les autres, les grands laboratoires seront en position de force pour appliquer des méthodes purement commerciales - s’occuper prioritairement des clients solvables - leur garantissant des bénéfices astronomiques, grâce à la bienveillance et la coopération des gouvernants et de nombreuses instances de représentation des professionnels de santé.

Á contrario, le médicament mériterait d'être considéré comme un bien commun universel. Cela impliquerait d’orienter la recherche pharmaceutique par des financements publiques, de promouvoir et garantir l’indépendance des organismes de contrôle des médicaments aussi bien au niveau national qu’international, de renforcer la production et la diffusion des « génériques ». En effet, tant que les laboratoires assurent en majeure partie le financement de l'élaboration des nouveaux produits, ils semblent en droit de fixer leurs priorités et de pratiquer des prix élevés pour les médicaments sous brevets (dont la durée de vie peut être sans cesse prolongée par le biais « d’amélioration »). De ce fait, les médicaments à la rentabilité garantie, destinés essentiellement aux populations des pays riches, sont privilégiés, ce qui laisse de côté des maladies qui font pourtant des ravages parmi les populations des pays pauvres (1 % seulement des 14 000 médicaments lancés depuis 10 ans concernent les maladies du tiers-monde).

Sans une volonté politique forte, la situation ne peut que se dégrader, y compris dans les pays développés où les dépenses de santé risquent d'atteindre des niveaux insupportables. Ainsi, partout dans le monde, seules les populations aisées auraient le loisir de se soigner efficacement.

Si on reconnaît l'accès aux soins comme un droit fondamental, c'est aux pouvoirs publics de le garantir : on ne peut assurément pas s'en remettre à l'économie de marché. Á partir de ce constat, quelles solutions peut-on imaginer ? Quels garde-fous doit-on mettre en place face à l'hégémonie des grands laboratoires, pour que tout le monde puisse bénéficier des progrès médicaux actuels et à venir ?


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Samedi 20 novembre – séance de 20 h. Dis moi ce que tu manges, je te dirai qui tu engraisses

Après la projection de " Food Inc." de Robert Kenner

Avec Yann Fiévet, président d'Action-Consommation
----- Isabelle Suzanne des Amis de la Terre

Le consommateur, même non militant, s'interroge de plus en plus souvent sur l'origine de ce qu'il mange, les conditions de production et le respect de l’Homme et de l’environnement, et notamment de la biodiversité. Les média et même la grande distribution encouragent cette démarche … et l’orientent bien sûr… et pas toujours sans esprit partisan ou mercantile.
Il est vrai que tout ce que l’on apprend sur l’industrie agro-alimentaire et les énormes dégâts provoqués par l’agriculture intensive ne peut que nous inquiéter et nous conduire tout à la fois à nous opposer politiquement aux dérives, et à rechercher des solutions alternatives. Il est vrai aussi que la financiarisation de l’économie et les désastres provoqués par les fluctuations boursières spéculatives ont aussi bouleversé les équilibres mondiaux.
Souveraineté alimentaire, relocalisation de l’économie, déforestations massives … le champ des luttes est immense et mondial ; il va des cultures entièrement artificielles à l’irradiation des aliments en passant bien sûr par l’utilisation abusive des pesticides.
L’appétit démesuré des multinationales a provoqué, depuis la seconde moitié du XX° siècle, un bouleversement complet de la production des biens de consommation et en particulier des produits alimentaires, avec des effets induits désastreux (transports, pollution, épuisement des réserves en eau, malnutrition, obésité…).
Le fait est maintenant connu et parfaitement exposé dans les écrits et les documentaires : les multinationales ont fait main basse sur l’agriculture mondiale. En amont, par la dépendance devenue quasi complète de l’agriculture à l’égard de l’industrie chimique et de l’industrie mécanique ; en aval par la pression qu’exerce la grande distribution sur les producteurs.
Même si les solutions alternatives se multiplient, elles restent très marginales.

Vigilance, information, et esprit critique sont nécessaires, mais notre attitude de consom’acteur se heurte souvent à nos habitudes et à notre rythme de vie. L’effort doit souvent être énorme, d’abord pour trouver des sources sûres d’information, ensuite pour accepter les contraintes liées aux solutions alternatives.

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Dimanche 21 novembre - séance de 14 h. Je suis (presque) partout

Après la projection de "Total contrôle" d'Étienne Labroue

Avec
Jean-Pierre Petit de l'association "Souriez vous êtes filmés"
------un ou plusieurs représentants des Big Brother Awards France

Des technologies au service du contrôle
Des systèmes inefficaces, coûteux, et dangereux pour les libertés!


Les caméras de vidéo surveillance se généralisent, dans les magasins, le métro, les immeubles, les rues et carrefours, les lycées, tous les espaces de circulation sont envahis. Nous sommes en permanence, observés, suivis, traqués. La présence humaine est peu à peu remplacée par ces yeux invisibles, on supprime des postes de surveillants et de profs dans les lycées pour les remplacer par des caméras, là où l'humain créait du lien, parlait, ressentait, rendait l'autre vivant, l'appareil technologique enregistre, capte, traque et chosifie celui qui est filmé.

A Paris un plan d'installation de 1000 caméras supplémentaires sur la voie publique est a été adopté en novembre 2009, à un coût exorbitant 25 M d'Euros.  Elles s'ajouteraient aux 9500 caméras de la RATP et SNCF et aux 20 000 caméras privées. Sans doute pour faire oublier le contrôle, on ne parle plus de vidéo surveillance mais de vidéo protection! C'est pour notre bien que ces yeux invisibles font de chaque citoyen un suspect permanent.

Administrations, police, services sociaux, dans chacun de ces secteurs les fichiers se multiplient et s'interconnectent ! Des puces RFID, aux téléphones portables, en passant par la carte Navigo, et la carte bleue, avec toutes ces technologies, c'est une véritable cartographie comportementale de chaque individu qui est à l'oeuvre. C'est une société du soupçon qui se met en place où chaque individu représente un danger potentiel. Les technologies ne sont pas neutres dans leur application et leur développement, c'est bien une société de contrôle total, délirante de toute puissance qui est en train de se mettre en place.
 
Quelle liberté pour l'individu? Comment résister? Vers quelle société allons nous ?



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Dimanche 21 novembre - séance de 20 h. Ils pensent donc je suis

Après la projection de "Dominium mundi - L'empire du management" de Gérard Caillat

Avec Christophe Del Debbio, réalisateur, éducateur à l'image
----- Olivier Azam, réalisateur, membre du collectif "Les mutins de Pangée"

Ceux qui veulent acquérir un pouvoir quelconque viennent nécessairement à souhaiter l’adhésion du plus grand nombre : Les religieux veulent avoir des fidèles, les commerçants des acheteurs et les politiques des électeurs. Ils utilisent souvent les mêmes techniques de manipulation des esprits. Techniques, enrichies par les analyses scientifiques – le neuromarketing -, permettent tout à la fois de mieux nous connaître pour mieux nous persuader, mais également et surtout de nous associer à la prise de contrôle de l'esprit et du comportement d'une personne ou d'un groupe. De fait, les manipulés ne savent pas qu’ils sont manipulés, et ils peuvent même devenir manipulateurs… conscients ou inconscients. C’est tout l’art du « management », un savant mélange de psychologie, de maîtrise linguistique et statistique
Pour Pierre Legendre, « le management est un instrument comparable à l’armée et aux administrations d’hier : il entraîne les individus selon la logique des 4 fonctions qui jadis résumaient la tâche militaire : organiser, coordonner, commander, contrôler. »

Si les medias tiennent une place privilégiée dans la manipulation des esprits, les outils de la persuasion clandestine sont nombreux, et ils mettent en danger notre démocratie. Il est dès lors indispensable que chacun s’initie à l’ « autodéfense intellectuelle » chère à Chomsky…


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Lundi 22 novembre - séance de 20 h. Le veau d'or toujours plus gras !

Après la projection de "La stratégie du choc" de Michael Winterbottom & Mat Whitecross

Avec Frédéric Lordon, économiste, directeur de recherche au CNRS
----- Philippe Leconte, président du conseil de surveillance de la Nef

C’est une banalité de dire que l’argent n’est plus, depuis très longtemps, un moyen mais une fin. En réalité, ceci est partiellement inexact : pour les plus défavorisés, l’argent reste le seul moyen de mieux vivre ; ce n’est que pour ceux dont l’argent est devenu en fait superflu, parce qu’ils sont déjà rassasiés, que le profit est une fin en soi.
Malheureusement, ce sont eux qui fixent les règles et les imaginaires de notre société. « Enrichissez-vous ! » disait Guizot. Aujourd’hui, c’est « Travailler plus » non pas pour vivre mieux, mais « pour gagner plus ». C’est déjà un parti pris qui limite la réflexion et qui évite surtout de s’interroger sur les conditions du mieux-vivre !

Depuis que les entrepreneurs ont laissé la place aux financiers, la vision économique est passée du long terme au court terme. La crise de l’automobile est un bel exemple d’imprévision coupable. La seule évolution récente du secteur, dans le monde entier, a consisté à réduire les coûts par les délocalisations, sans prendre en compte les contraintes écologiques, énergétiques et environnementales… Comment des hommes intelligents peuvent-ils envisager des autoroutes à 10 voies pour un avenir sans pétrole, construire en sous-sol plusieurs étages de parking, pendant que l’on ferme des lignes ferroviaires « non rentables » et que l’on peine à construire des logements sociaux ?

Le commun des mortels travaille pour de l’argent, les financiers eux font travailler l’argent. La recherche du profit maximum - et sans peine - a conduit les actionnaires à surpayer aussi bien leurs mercenaires - ces dirigeants que l’on continue à tort d’appeler «d’ entreprises » - que les banquiers et les traders, portant les écarts de salaires à des niveaux exorbitants. Henri Ford en 1930 « admettait » un écart de 1 à 40, aujourd’hui on peut avoir des écarts de 1 à 1200 !

Appât du gain toujours, les bonnes performances de l’argent placé a conduit les opérateurs qui en avaient le pouvoir – c’est à dire les banquiers - à augmenter le volume des flux financiers, et la part des échanges sans contrepartie économique réelle est devenue démesurée. À titre d’exemple, les échanges quotidiens sur le marché des actions à la bourse de Paris représentent 2 à 5 milliards d’euros, alors que ventes à Rungis s’élèvent à moins de 8 milliards par an !
La masse monétaire en circulation étant devenue sans rapport avec la production des biens ou services, tout ce beau monde de la finance s’est rendu incontournable et tellement indispensable qu’ « on » préfère aider les banquiers qui produisent des richesses virtuelles plutôt que les entreprises qui produisent des richesses réelles… en faisant disparaître les véritables entrepreneurs et en laissant les multinationales délocaliser la production des biens indispensables à nos besoins réels.

Selon Albert Einstein, le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les regardent sans rien faire. Les financiers sont certainement responsables de la situation, mais les coupables ne sont-ils pas ceux qui les ont laissés faire ?
Faut-il laisser aux banques le pouvoir de créer de la monnaie ? La monnaie n’est-elle pas un « bien commun » qui devrait échapper aux privatisations ?
Le pouvoir politique a-t-il vraiment la volonté de maîtriser le capitalisme financier comme il le dit ?
Faut-il tout simplement plus d’équité et limiter les profits… et comment ?



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Mardi 23 novembre - séance de 20 h. Démesurbanisation

Après la projection de "Le siècle des villes" de Guilhem Rondot & Yves Robert

Avec Jean-Pierre Garnier, sociologue urbain
----- Philippe Verdier, urbaniste et sociologue

Depuis deux siècles, l’impact des activités humaines sur la planète atteint des proportions inédites. Un lotissement, une zone industrielle, un centre commercial, une route, ça n’a l’air de rien, mais quand elles sont multipliées des centaines de fois, ces constructions transforment en profondeur les écosystèmes. Rien qu’en France, en dix ans, une surface équivalente à la superficie d’un département a été artificialisée, c’est-à-dire bétonnée, stérilisant irrémédiablement les terres arables.
À l’échelle du globe, les conséquences sont radicales, au point qu’un néologisme a été forgé pour désigner l’ère géologique qui s’ouvre avec la Révolution industrielle : l’anthropocène. Sa principale et seule caractéristique : l’action de l’espèce humaine, devenue une force géophysique capable de modifier à grande échelle les conditions de vie sur la Terre.
Après des décennies de gestion de l’espace fondée sur la conquête et la « civilisation » de tous les milieux naturels, il nous faut maintenant repenser entièrement l’aménagement de nos territoires, rendre une place à la nature dans nos modes de développement, enfin apprendre à vivre ensemble dans un espace devenu soudainement très étriqué.
Du complexe industriel de Fos-sur-mer aux paysages manufacturés de Chine, de la soif de l’or en Amazonie aux barrages pharaoniques d’Asie, un aperçu de la démesure industrielle et commerciale en quelques films.
À l’heure où sept milliards d’humains rêvent d’accéder à un mode de vie incompatible avec la préservation de l’environnement, comment parvenir à décoloniser les imaginaires, selon le mot de Serge Latouche ?