Déclaration de Francis WURTZ, Président du groupe GUE/NGL
Présidence
slovène
PE -
Strasbourg
Pour cette
première présidence d'un nouveau pays membre, la Slovénie hérite de ses
prédécesseurs d'un certain nombre de dossiers plutôt ingrats.
Ainsi,
concernant la ratification du traité de Lisbonne, est-elle tenue de s'assurer
qu'aucun Etat membre, hormis l'Irlande, ne donne le "mauvais exemple"
en organisant un référendum. Y compris dans les pays où des engagements avaient
été pris en ce sens. C'est en quelque sorte entrer à reculons dans l'ère
du rapprochement entre les citoyens et les institutions de l'Union. Franchement
vous méritiez de servir une plus noble ambition.
Sur le plan
social, la présidence aura tout d'abord la lourde tâche de débloquer deux
projets de directives emblématiques: d'une part, sur le temps de travail et le
tristement fameux "opt out"; de l'autre, sur le travail intérimaire
et l'égalité de traitement des salariés.
Elle
n'échappera pas non plus à un débat de fond sur les suites à donner aux récents
arrêts de la Cour dans les affaires Vaxholm-Laval et Viking Line, qui
légitiment le dumping social. Mon groupe a, d'ailleurs, demandé
l'inscription à l'ordre du jour d'une prochaine session du Parlement d'un débat
sur cette question. En effet, est ainsi relancée toute la problématique
de
Enfin,
toujours sur le plan social, l'Europe est confrontée à l'exigence croissante
d'une augmentation des salaires: en effet, "leur part dans la valeur
ajoutée recule depuis des décennies. Elle n'a même jamais été aussi
faible", souligne la presse économique elle-même. Or la BCE menace
de remonter les taux si cette exigence, pourtant si légitime, était
satisfaite. Et ce -reconnaissent les experts - "bien que les profits
n'aient jamais été aussi élevés". Si nous ne mettons pas cette
question à l'ordre du jour, elle s'y imposera d'elle - même, sous peu.
Je rappelle
que le document commun aux présidences allemande, portugaise et slovène
souligne à son point
Un mot
également à propos d'un autre sujet sensible: celui des migrants "en
situation irrégulière". A son stade actuel, le projet de
"directive retour" mérite le qualificatif de "directive de la
honte" que lui ont donné les organisations de défense des droits
humains. Son adoption en l'état éclairerait d'un jour cruel les belles
intentions affichées par l'Union dans le cadre du "dialogue
interculturel".
Je conclus
sur le problème du Kosovo. Avant toute décision, ne serait-il pas
justifié d'avoir quelques éclairages sur une triple question:
D'abord,
comment expliquer que
Ensuite,
comment expliquer que
Enfin, en
quoi la proclamation unilatérale de l'indépendance du Kosovo et le remplacement
de la Minuk par l'Union européenne résoudront-ils ces problèmes vitaux tout en
assurant la stabilité des Balkans?
Je serais
curieux d'entendre votre réponse.