http://www.observatoiredeleurope.com/Irlande-une-manipulation-d-Etat-revelee-par-un-courriel-diplomatique_a857.html
Dans son édition datée du
"THE TREATY CON"
by John Lee and
Michael Lea
Le gouvernement a élaboré un plan destiné à tromper les électeurs lors de la
prochaine consultation référendaire sur le Traité européen. C'est ce que révèle
aujourd'hui le Daily Mail. Un courriel vient en effet d'être rendu public, qui
montre comment les ministres préparent une campagne délibérée de désinformation
afin de faire gagner le "oui" au Traité de Lisbonne lors du vote
référendaire imposé par la Constitution.
Le Ministre des Affaires étrangères, Dermot Ahern, a même reçu personnellement
l'assurance que la Commission de Bruxelles nuancerait ou reporterait toute
annonce qui pourrait être "contreproductive" pour le "oui"...
Plus grave, le courriel révèle que les ministres ont refusé que le référendum
ait lieu en octobre, ce qui aurait un choix plus pertinent sur le plan de la
procédure, parce qu'ils craignaient des "développements contreproductifs"
au cours de la Présidence française de l'Union, en particulier en ce qui
concerne la défense européenne. Voilà qui soulève de graves inquiétudes sur le
fait que la neutralité militaire inscrite dans la Constitution irlandaise soit
gravement affaiblie par le Traité - nouvelle version de la défunte constitution
européenne.
Ce mémo a été envoyé au gouvernement britannique par Elizabeth Green, une
diplomate britannique de haut rang à Dublin, à la suite d'une réunion avec Dan
Mulhall, haut responsable du Ministère irlandais des affaires étrangères.
L'objet de ce courriel était d'informer Londres des efforts du gouvernement
irlandais afin d'assurer un vote "oui" au référendum.
L'Irlande est le seul Etat membre de l'Union européenne qui autorise ses
électeurs à donner leur avis sur le Traité et les chefs d'Etats sont
visiblement terrifiés à l'idée qu'ils puissent le rejeter.
Ceux qui font campagne pour le "non" mettent en garde contre un
Traité qui pourrait mettre fin au pouvoir de l'Irlande de décider de sa
politique fiscale comme de sa politique sociale. Toutefois, l'aspect le plus
controversé est la possibilité d'avancées dans le concept "d'armée
européenne" qui violerait le principe de neutralité qui est un des
principes fondateurs de l'Etat. La France a particulièrement à cœur de faire
avancer l'idée d'une force armée européenne, que ses opposants craignent de
voir passer à l'action malgré l'opposition de l'Irlande, en raison du système
de vote à la majorité qualifiée au Conseil [clause passerelle de l'art
Des craintes ont déjà été exprimées sur le sort des soldats de la paix
irlandais envoyé au Tchad qui pourraient être impliqués dans les objectifs
politiques et militaires français dans
Le haut responsable irlandais est également préoccupé par les récentes
négociations à l'OMC, qui ont déjà suscité la colère des agriculteurs et qui
pourraient décider les électeurs à voter contre le traité. Les agriculteurs et
les acteurs de la filière agricole préparent une journée de grève cette semaine
pour protester contre les positions prises par le Commissaire européen au
commerce international Peter Mandelson. Le courriel indique aussi que Mulhall
craint "un accord
de l'OMC fondé sur des concessions qui pourraient conduire les puissantes
organisations agricoles à retirer leur soutien".
Toutefois, les ministres du gouvernement fondent leurs espoirs sur le fait que
le traité ne peut être lu ou compris par la plupart des électeurs - et qu'en
lançant un référendum à court terme, on empêcherait qu'ils le fassent de toute
façon : "la
plupart des gens n'auront pas le temps d'étudier le texte et suivront alors les
recommandations des politiciens en qui ils ont confiance",
ajoute-t-il.
Il souligne également que le gouvernement prévoit d'empêcher les électeurs d'analyser
les détails, déclarent que "l'objectif est de se concentrer sur les avantages
globaux de l'Union européenne plutôt que sur le traité lui même".
Il poursuit en expliquant les détails de la loi référendaire, qui a été adoptée
"après de longues
consultations avec les juristes du gouvernements et avec les partis politiques".
Toutefois, il admet que la loi est "en grande partie incompréhensible pour
le lecteur moyen".
Le message fait référence à des manoeuvres destinées à tromper l'électeur sur
la véritable date et indique : "Les irlandais ont choisi le
La date du
Le courriel ajoute que la Commission européenne faisait de son mieux pour
éviter de diffuser de mauvaises nouvelles auprès des électeurs irlandais et que
M. Mulhall estimait que d'autres institutions - y compris la Commission - jouaient
le jeu et jouent un profil bas.
Il ajoute que durant son voyage à Dublin,
Le message souligne que "Mulhall a remarqué que les médias ont été relativement calmes jusqu'à
présent sur le processus de ratification".
Un porte parole du gouvernement a refusé de commenter cette fuite lors
d'une réunion, hier soir, en déclarant : "La date a été fixée par le Taoiseach, il n'y a aucun
changement".
DAILY MAIL,
Ireland
Monday