La guerre de l’eau est déclarée

article  MIS EN LIGNE LE 3 février 2004

Sauvons le soldat Jean-Luc Touly, qui a dit la Vérité.

Jean-Luc Touly a osé. Malheur à lui. De tous les côtés le consensuel l’attaque, tente de l’humilier, le traîne dans la boue, pire le traduit en justice. Mais, pourquoi veut-on le traduire en justice ? A-t-il trahi ses camarades syndicalistes en dénonçant certaines dérives du milieu de la distribution d’eau potable ? A-t-il commis une faute plus lourde que celles dénoncées par les Chambres Régionales des Comptes, la Cour des Comptes, les audits des collectivités elles-mêmes, à propos des abus des multinationales de l’eau ?

Chacun sait que ces sociétés transnationales, très souvent françaises, cherchent à étendre leur domaine de chasse prédatrice à la Terre entière en se réclamant du "modèle français" de partenariat public privé de gestion des services publics locaux. Modèle d’après elles, vertueux, malgré les casseroles d’argent détourné, voire de corruption qu’il a laissées derrière lui, en France même. Il faut donc faire échec à la cabale et sauver le soldat Jean-Luc !

Mais il faut aussi soutenir l’action des ses petits collègues défenseurs de l’eau. Dont ceux des groupes eau d’attac et aussi ceux des comités locaux du 69, du 42, du 71, du 07, du 26... D’autant que, dans le Grand Lyon, nous supportons chaque jour les mêmes abus de la part de la CGE Vivendi ou de la SDEI qui gèrent toute la distribution d’eau et une faible partie (heureusement) de l’assainissement. Et, circonstance aggravante, ces abus de gestion sont connus et tolérés par une gouvernance de gauche plurielle managée par une vice-présidence communiste. Comportement, certes, éloigné des programmes du PC. Mais pourquoi cette schizophrénie ?

Siégeant à la CCSPL (Commission Consultative des Services Publics Locaux), les militants d’attac et de quelques autres associations (notamment l’ACER, Association des Consommateurs d’Eau du Rhône) ne cessent d’interpeller les élus, et spécialement ceux de gauche, sur leur comportement. En pure perte, car ils seraient liés par un contrat de mandature à une directive du PS qui leur demande de défendre sans état d’âme la doctrine du PPP : le Partenariat Public Privé seul capable d’après le PS de gérer convenablement le bien public et les services publics locaux. On a vu pourtant avec quels résultats ! Rien que pour la distribution d’eau potable de la COURLY, le PPP coûte chaque année plus de 250 MF aux usagers (38 M €) soit, en moyenne, 1000 F/an (152 €) à chaque abonné pour alourdir les poches de la CGE et de la Lyonnaise des Eaux.

Questions aux élus :
Pourquoi restent-ils passifs ? Pourquoi ne lancent-ils pas des actions en justice ? Pourquoi ne s’engagent-ils pas derrière Jean-Luc Touly du conseil scientifique d’attac et ses camarades des comités locaux ?
Jean-Luc Touly est poursuivi pour le contenu de son brûlot : "L’eau de Vivendi ; les vérités inavouables - Plongée dans les abysses de l’Empire".

Que les objecteurs de conscience, les anti-militaristes, les anti-guerre se rassurent, nos soldats ne sont pas armés. Leur stratégie fait appel à l’intelligence, au dialogue et au combat d’idées pour faire échec au pouvoir de l’argent roi et de sa globalisation érigée en système de gouvernance.

Jean-Louis Linossier
groupe eau