OGM - Patate chaude : Quelques réactions suite à l’autorisation par le Commission Européenne de Amflora, la pomme de terre OGM

par Gérard Régnier
samedi 6 mars 2010

- Communiqué du collectif des Faucheurs Volontaire d’OGM
De la PÂTE à PAPIER dans les FRITES !
envoyé le 04 mars 2010
- L’innocuité de la pomme de terre transgénique mise en cause
LE MONDE | 03.03.10 | 12h00 . Mis à jour le 03.03.10 | 12h03 Bruxelles,
- La Commission Européenne autorise Amflora,
la pomme de terre issue des biotechnologies végétales
- Au Salon de l’agriculture,
les anti-OGM gagnent la bataille de la communication
LEMONDE.FR | 03.03.10 | 20h49 . Mis à jour le 03.03.10 | 22h07

Communiqué du collectif des Faucheurs Volontaire d’OGM
De la PÂTE à PAPIER dans les FRITES !

 

L’aveuglement et l’ignorance de la Commission Barroso devant les
conséquences environnementales de semis en plein champ de pommes de terres
génétiquement modifiées à usage industriel n’ont d’égales que sa surdité à
l’égard des consommateurs et des gouvernements : ils ne savent pas que les
pommes de terres repoussent inévitablement d’une année sur l’autre avec,
pour conséquence, soit une pollution des pommes de terre de consommation,
soit un recours massif aux désherbants.

Le collectif des Faucheurs Volontaire d’OGM demande au gouvernement de
prendre rapidement un moratoire concernant la mise en culture de la pomme
de terre transgénique de BASF ; son autorisation irait à l’encontre des
engagements pris lors du grenelle de l’environnement.

Les citoyens Français en grande majorité ne veulent pas d’OGM ; les
faucheurs espèrent ne pas devoir retourner dans les champs cette année
pour déterrer cette pomme de terre transgénique.

L’Autriche et l’Italie se sont déjà prononcées contre cette autorisation ;
nous attendons de la France une décision de même nature

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L’innocuité de la pomme de terre transgénique mise en cause
LE MONDE | 03.03.10 | 12h00 ,
envoyés spéciaux

 

La reprise des cultures transgéniques en Europe ne devrait pas se dérouler
aisément. L’autorisation d’une pomme de terre transgénique, mardi 2 mars,
par la Commisson européenne, a suscité de vives réactions.

La firme allemande BASF, qui a mis au point cette variété, s’est réjouie
de la décision, tandis que l’organisation des industriels des
biotechnologies agricoles, Europabio, s’est déclarée "encouragée par cette
approche fondée sur la réglementation". Europabio souligne que dix-sept
OGM (organismes génétiquement modifiés) sont actuellement en cours de
procédure d’autorisation.

L’Allemagne, la Suède, la République tchèque et les Pays-Bas devraient
commencer à cultiver cet OGM (organisme génétiquement modifié) au
printemps. L’Italie et l’Autriche ont en revanche immédiatement annoncé
leur intention d’interdire sa culture.

Le gouvernement français, qui a, comme six autres pays européens, suspendu
sine die la culture du maïs Mon 810 (autorisé par l’Europe en 1998), a
indiqué par un communiqué du ministère de l’Ecologie qu’il "allait saisir
le Haut conseil des biotechnologies (HCB), notamment sur la présence dans
cette pomme de terre d’un gène de résistance à un antibiotique." Le 1er
mars, le Fonds stratégique d’investissement français a annoncé l’injection
de 150 millions d’euros dans la coopérative Limagrain, qui développe des
OGM.

Les organisations écologistes (Greenpeace, Friends of the Earth, France
nature environnement) ont de leur côté vivement critiqué la décision de
Bruxelles. Quant aux députés Verts européens, ils stigmatisent
"l’incapacité des commissaires à prendre en compte les points de vue
clairement exprimés par un nombre important des Etats membres ainsi que
par une large majorité des citoyens européens."

L’annonce a été faite par le commissaire européen à la santé et à la
protection des consommateurs, John Dalli. C’est la première fois depuis
douze ans que l’Union européenne délivre une telle autorisation. Dénommée
Amflora, cette pomme de terre a été génétiquement modifiée afin
d’augmenter son contenu en un composant chimique de l’amidon,
l’amylopectine, dans le but de satisfaire des usages dans l’industrie du
papier.

La validité scientifique de la décision suscite de vives interrogations.
La pomme de terre Amflora contient en effet un gène de résistance aux
antibiotiques kanamycine et neomycine. Or, la directive européenne sur les
OGM 2001-18 prévoyait (son article4-2) "l’élimination" de tels marqueurs,
pour éviter l’éventuelle émergence de bactéries résistantes.

INDÉPENDANCE

L’Agence européenne de sécurité des aliments (AESA), sur les avis de
laquelle la Commission se repose, a cependant jugé que ce marqueur ne
posait pas de problème. Pourtant, deux avis de l’Organisation mondiale de
la santé, en février 2005, et de l’Agence européenne des médicaments
(EMEA), en février 2007, ont estimé que les antibiotiques concernés
avaient un caractère thérapeutique notable. La position de l’AESA
n’apparaît donc pas totalement convaincante. Pour Greenpeace,
l’acceptation d’un OGM doté d’un marqueur de résistance aux antibiotiques
est "incohérent".

L’indépendance de l’AESA est, d’autre part, sujet à controverse depuis que
l’Observatoire européen des multinationales (CEO) a révélé en janvier que
la coordinatrice scientifique du groupe d’experts sur les OGM de l’AESA,
Suzy Renckens, avait été embauchée en 2008 par le groupe Syngenta, qui
produit des OGM : la société espère notamment que son maïs Bt 11 sera
prochainement autorisé.

Les critiques à l’égard de l’agence européenne ont été relayées par les
Etats membres : le 4 décembre 2008, le conseil des ministres européens de
l’environnement avait adopté à l’unanimité des conclusions demandant
d’"améliorer" le système d’expertise communautaire et "une évaluation
détaillée des effets à long terme sur l’environnement" des OGM. Mais
depuis cette réunion, peu de changements ont été apportés. Selon des
fonctionnaires européens, "la réforme de l’ASEA n’est pas à l’ordre du
jour".

En fait, plutôt que de renouveler la méthode d’expertise, la Commission
préfère assouplir le processus d’autorisation. D’ores et déjà, a indiqué
John Dalli, "chaque Etat est libre d’autoriser ou non la culture de cet
OGM". D’ici à l’été, des réflexions seront menées au sein de la Commission
de façon à donner plus de souplesse aux Etats membres pour appliquer, ou
pas, sur leur territoire, les autorisations accordées au niveau européen.
Il s’agit d’élargir leur marge de manouvre, soit dans le cadre de la
législation existante, soit en refondant les lois européennes.

Hervé Kempf et Philippe Ricard

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Levallois-Perret, le 2 mars 2010 -
La Commission Européenne autorise Amflora, la pomme de terre issue des
biotechnologies végétales

 
.
Aujourd’hui, la Commission européenne a autorisé la culture d’Amflora,
pomme de terre proposée par BASF. Celle-ci a un usage strictement
industriel pour la production d’amidon.
Elle n’est pas destinée à l’alimentation. Cette autorisation fait suite à
13 ans de processus réglementaire et d’expertise.
L’autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a confirmé à
plusieurs reprises, ces dernières années, qu’Amflora offre toutes les
garanties. Elle est sans danger pour la santé humaine, les animaux et
l’environnement. L’Agence Française de Sécurité Sanitaire des
Aliments (AFSSA) a émis un avis favorable dès 2005.
Amflora offre des solutions industrielles prometteuses grâce à son amidon
purifié. Elle est destinée aux pays qui sont d’ores et déjà
prêts à l’utiliser. Parmi eux, la Suède, les Pays-Bas, la République
Tchèque, l’Allemagne. BASF n’a pas prévu, à ce jour, de la proposer
aux industriels français et souhaite tenir compte des particularités et
des demandes de chaque pays.


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