Déclaration de l’assemblée des mouvements sociaux FSM Dakar (Sénégal)- 10 février 2011

samedi 26 février 2011

Nous, réunies et réunis lors de l’Assemblée des mouvements sociaux du Forum social
mondial 2011 à Dakar affirmons l’apport capital de l’Afrique et de ses peuples dans la
construction de la civilisation humaine. Ensemble, les peuples de tous les continents
mènent des luttes pour s’opposer avec la plus grande énergie à la domination du capital,
cachée derrière des promesses de progrès économique et d’apparente stabilité politique.
La décolonisation des peuples opprimés reste pour nous, mouvements sociaux du monde
entier, un grand défi à relever.

Nous affirmons notre soutien et notre solidarité active aux peuples de Tunisie, d’Egypte et
du monde arabe qui se lèvent aujourd’hui ...

...pour revendiquer une véritable démocratie et
construire un pouvoir populaire. De part leurs luttes, ils montrent la voie d’un autre monde
débarrassé de l’oppression et de l’exploitation.

Nous réaffirmons avec force notre soutien aux peuples ivoirien, d’Afrique et du monde
dans leurs luttes pour une démocratie souveraine et participative. Nous défendons le droit
à l’autodétermination de tous les peuples.

Au sein du processus FSM, l’Assemblée des mouvements sociaux est l’espace où nous
nous réunissons avec notre diversité, pour construire nos agendas et luttes communes
contre le capitalisme, le patriarcat, le racisme et toute forme de discrimination.

A Dakar, nous célébrons les 10 ans du premier Forum qui s’est tenu à Porto Alegre en
2001. Au cours de cette période, nous avons construit une histoire et un travail communs
qui a permis certaines avancées, notamment en Amérique latine, où nous avons réussi à
freiner des alliances néo-libérales et concrétiser plusieurs alternatives pour un
développement socialement juste et respectueux de la nature.

Au cours de ces 10 ans, nous avons également assisté à l’explosion d’une crise systémique
qui s’est déclinée en crise alimentaire, environnementale, financière et économique, et qui
a donné lieu à l’accroissement des migrations et déplacements forcés de populations, de
l’exploitation, de l’endettement, des inégalités sociales.

Nous dénonçons le rôle des acteurs du système (banques, transnationales, grands médias,
institutions internationales,…) qui, à la recherche du profit maximum, continuent leur
politique interventionniste via des guerres, des occupations militaires, des supposées
missions humanitaires, la création de bases militaires, le pillage des ressources naturelles,
l’exploitation des peuples, la manipulation idéologique. Nous dénonçons également la
cooptation qu’ils exercent à travers le financement de secteurs sociaux servant leurs
intérêts, et leurs pratiques assistentialistes qui génèrent la dépendance.

Le capitalisme détruit la vie quotidienne des populations. Mais, chaque jour naissent de
nombreuses luttes pour la justice sociale, pour éliminer les dégâts du colonialisme et pour
que toutes tous obtiennent une qualité de vie digne. Nous affirmons que nous, les
peuples, ne devons plus payer pour leur crise et qu’il n’y a pas d’issue à cette crise au sein
du système capitaliste. Réaffirmant la nécessité de construire une stratégie commune de
lutte contre le capitalisme, nous, mouvements sociaux :

Nous luttons contre les transnationales pace qu’ils soutiennent le système capitaliste,
privatisent la vie, les services publics et les biens communs comme l’eau, l’air, la terre, les
semences, les ressources minérales. Les transnationales promeuvent les guerres, par le
biais de l’engagement d’entreprises privées et mercenaires et de la production d’armes,
reproduisent des pratiques extractivistes nuisibles à la vie, accaparent nos terres et
développent des semences et aliments transgéniques qui enlèvent aux peuples le droit à
l’alimentation et détruisent la biodiversité.

Nous exigeons la souveraineté des peuples dans la définition de leur mode de vie. Nous
exigeons la mise en place de politiques qui protègent les productions locales, donnent une
dignité aux tâches agricoles et conservent les valeurs ancestrales de la vie. Nous
dénonçons les traités néolibéraux de libre échange et exigeons la liberté de circulation
pour tous les êtres humains.

Nous continuons à nous mobiliser pour l’annulation inconditionnelle de la dette publique
de tous les pays du Sud. Nous dénonçons également, dans les pays du Nord, l’utilisation
de la dette publique pour imposer aux peuples des politiques injustes et anti-sociales.

Mobilisons nous massivement à l’occasion des réunions des G8 et G20 pour dire non à ces
politiques qui nous traitent comme des marchandises !

Nous luttons pour la justice climatique et la souveraineté alimentaire. Le réchauffement
global est un produit du système capitaliste de production, distribution et consommation.

Les transnationales, les institutions financières internationales et les gouvernements à leur
service ne veulent pas réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. Nous dénonçons le
« capitalisme vert », et refusons les fausses solutions à la crise climatique comme les
agrocarburants, les organismes génétiquement modifiés et les mécanismes de marché de
carbone, comme le REDD, qui font miroiter aux populations appauvries des progrès, tout
en privatisant et transformant en marchandises les forêts et territoires où ces populations
ont vécu pendant des millénaires.

Nous défendons la souveraineté alimentaire et l’accord atteint pendant le sommet des
%St-M 2
peuples contre le changement climatique qui s’est tenu à Cochabamba, où des véritables
alternatives à la crise climatique ont été construites avec les mouvements sociaux et
organisations du monde entier.

Mobilisons nous, tous et toutes, en particulier sur le continent africain, pendant le COP 17
à Durban en Afrique du Sud et à « Rio +20 » en 2012, pour réaffirmer les droits des
peuples et de la nature et arrêter l’accord illégitime de Cancun.

Nous défendons l’agriculture paysanne qui et une solution réelle à la crise alimentaire et
climatique et signifie aussi l’accès à la terre pour celles et ceux qui la travaillent. Pour cela,
nous appelons à une grande mobilisation pour stopper l’accaparement des terres et
appuyer les luttes paysannes locales.

Nous luttons contre la violence envers les femmes qui est exercée régulièrement dans les
territoires occupés militairement, mais aussi contre la violence dont souffrent les femmes
quand elles sont criminalisées parce qu’elles participent activement aux luttes sociales.
Nous luttons contre la violence domestique et sexuelle qui est exercée sur elles quand
elles sont considérées comme des objets ou marchandises, quand leur souveraineté sur
leur corps et leur spiritualité n’est pas reconnue. Nous luttons contre la traite des femmes,
des filles et garçons. Mobilisons-nous tous ensemble, partout dans le monde, contre les
violences faites aux femmes. Nous défendons la diversité sexuelle, le droit à
l’autodétermination du genre, et nous luttons contre l’homophobie et les violences
sexistes.

Nous luttons pour la paix et contre la guerre, le colonialisme, les occupations et la
militarisation de nos territoires.

Les puissances impérialistes utilisent des bases militaires, pour provoquer des conflits,
contrôler et piller les ressources naturelles, et promouvoir des initiatives antidémocratiques
comme ils l’ont fait avec le coup d’Etat au Honduras et l’occupation militaire en Haiti. Ils
promeuvent guerres et conflits comme ils le font en Afghanistan, Irak, république
démocratique du Congo et beaucoup d’autres pays.

Nous devons intensifier la lutte contre la répression des peuples et la criminalisation de
leurs luttes et renforcer les liens de solidarite entre les peuples comme le mouvement
international de boycott, désinvestissement et sanctions contre Israel. Notre combat se
dirige également contre l’OTAN et pour l’élimination de toutes les armes nucléaires.

Chacune de ces luttes implique une bataille des idées dans laquelle nous ne pouvons
avancer sans démocratiser la communication. Nous affirmons qu’il est possible de
construire une mondialisation d’un autre type, à partir des peuples et pour les peuples, et
avec la participation fondamentale des jeunes, femmes, paysans et peuples autochtones.

L´assemblée des mouvements sociaux appelle les forces et acteurs populaires de tous les
pays a développer deux actions de mobilisation, coordonnées au niveau mondial, pour
contribuer a l´émancipation et l’autodetermination des peuples et pour renforcer la lutte
contre le capitalisme.

Nous inspirant des luttes des peuples de Tunisie et d Egypte, nous appelons à ce que le 20
mars soit un jour international de solidarité avec le soulèvement du peuple arabe et
africain, dont les conquêtes renforcent les luttes de tous les peuples : la résistance du
peuple palestinien et saharaoui, les mobilisations européennes asiatiques et africaines
contre la dette et l’ajustement structurel, et tous les processus de changement en cours
en Amérique latine.

Nous appelons également à une journée d’action globale contre le capitalisme le 12
octobre, où, de toutes les manières possibles, nous exprimerons notre refus d’un système
qui est en train de détruire tout sur son passage.

Mouvements sociaux du monde entier, avançons vers une unité globale pour défaire le
système capitaliste ! Nous vaincrons !


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