Le roi est mort, vive le roi ! Edito d’"IFI... et maintenant !" n°51

mercredi 12 mai 2004

Sans surprise, c’est un européen qui succédera à Horst Köhler à la tête du Fonds monétaire international. Rodrigo Rato ancien ministre des Finances du gouvernement Aznar a été désigné officiellement le 4 mai dernier par le Conseil d’administration du Fonds.

La démission de Köhler il y a deux mois avait pourtant rouvert le dossier controversé du mode de désignation des dirigeants des institutions de Bretton Woods. Déjà, l’élection chaotique de Horst Köhler en 2000 avait obligé la Banque mondiale et le FMI à se pencher sur les modalités de sélections de leurs dirigeants (un accord tacite donne, depuis 1944, la présidence de la Banque mondiale à un américain et la direction du FMI aux européens). Les recommandations d’ouverture et de trans-parence du comité créé pour l’occasion n’ont jamais été approuvées par le Conseil d’administration*.
Cette fois-ci, la fronde des pays "exclus d’office" a été plus forte que jamais. Mais les déclarations communes de 11 admi-nistrateurs du FMI représentant plus de 100 pays, les appels de tous les ministres d’Afrique Subsaharienne ou encore les 400 signatures émanant du personnel du FMI n’ont pas suffit pour abolir cette "tradition". Les pays européens et le FMI font valoir que la prise en compte de la candidature de l’Egyptien Mohammed El-Erian, au final perdant, témoigne d’une ouverture. Reste qu’au Fonds, la concentration des pouvoirs entre quelques pays riches est telle que tout était joué d’avance. Une candidature qui ne saurait donc passer pour un changement radical dans la façon d’envisager les questions de démocratie au FMI ou à la Banque. L’empressement européen à désigner Rodrigo Rato, pour couper court aux revendications des autres membres du FMI, illustre pleinement le chemin qu’il reste à parcourir pour que la transparence et la démocratie s’appliquent aussi aux IFI ! Plus encore que les conditions de son élection, il convient également de s’inté-resser au curriculum vitae du nouveau directeur général du FMI. Artisan de l’arrivée au pouvoir d’Aznar et néo-libéral convaincu, il montra un zèle sans borne pour privatiser, réformer le droit du travail et libéraliser le secteur de l’énergie en Espagne. Il fut l’un des premiers pourfendeurs des déficits français et allemand. Qui peut douter que ses talents de comptable se mettront au service d’un traitement de la dette décent pour les populations des pays Sud ?
Un néo-libéral européen remplace un européen néo-libéral. Le consensus de Washington, pour ceux qui en doutaient, a encore de beaux jours devant lui.

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