Kerviel responsable, Société Générale coupable ! par Attac France

jeudi 4 juillet 2013

Jeudi matin se tiendra la première audience du procès prud’homal qu’intente Jérôme Kerviel à la Société Générale. Pour Attac, plus que le procès de Jérôme Kerviel, c’est celui de la Société Générale et du système bancaire qui reste à faire. Avec une rentabilité de 47% par an avant la crise de 2008, la filiale spéculative de la Société Générale n’était plus une banque mais un casino. Malgré les dégâts terrifiants causés depuis cinq ans par la crise bancaire en Europe et aux États-Unis, aucun des vrais responsables, banquiers ou « régulateurs », n’a pourtant été inquiété par les juges

.

Jérôme Kerviel a été licencié pour faute lourde, puis condamné par la justice à trois ans de prison ferme et à 4,9 milliards d’euros de dommages et intérêts envers la Société Générale. L’absurdité de cette condamnation – impossible à exécuter – est évidente.

Kerviel a reconnu avoir dissimulé à sa hiérarchie la nature et l’ampleur réelle des opérations spéculatives auxquelles il se livrait. Il mérite d’être considéré comme responsable de ses actes, qui constituent jusqu’à plus ample informé des fautes professionnelles graves.

Graves, mais pas lourdes : tel est l’argument de la défense de Kerviel devant les prud’hommes. Car la faute lourde suppose la volonté de nuire à l’employeur, alors que Kerviel voulait au contraire continuer à faire gagner des milliards d’euros à la Société Générale, comme il venait de le faire. Il exige également la réalisation d’un audit des fameux 4,9 milliards d’euros de pertes : car la justice n’a pas voulu vérifier les chiffres de la banque, qui a attribué à son « trader fou » ces pertes gigantesques au moment même où éclatait la crise des subprimes.

Les prud’hommes auront à trancher ces questions. Mais pour Thomas Coutrot, porte parole d’Attac, « une chose est certaine : la Société Générale ne pouvait ignorer que Kerviel et ses autres traders se livraient à des opérations acrobatiques. Un seul chiffre suffit à le prouver : en 2006 la Banque de Financement et d’Investissement de la Société Générale, la filiale « casino » pour laquelle travaillait Kerviel, a réalisé 2,3 milliards d’euros de profits, alors que ses fonds propres s’élevaient à 4,9 milliards d’euros : un retour sur capitaux propres de 47% par an ! Là était la véritable délinquance financière, qui ne pouvait que mal se terminer, Kerviel ou pas ».

Pas plus que les autres banques, la Société Générale n’a tiré les leçons de ses errements. Son portefeuille de produits financiers dérivés, les plus spéculatifs, n’a cessé de gonfler, atteignant un montant de 19 000 milliards d’euros en 2012 : 10 fois le PIB de la France. Pour l’évasion fiscale, la Société Générale demeure également en pointe : elle détient toujours 49 filiales dans les paradis fiscaux1. Aucun progrès enregistré depuis le grand krach de 2008. Et à cela s’ajoute l’irresponsabilité écologique : la Société Générale s’illustre notamment en finançant le projet nucléaire de Kaliningrad malgré l’opposition de la population locale, et alors que même BNP Paribas a renoncé tant ce projet est une aventure coupable et injustifiable2...

Attac France,

Paris, le 3 juillet 2013

1ccfd-terresolidaire.org/infos/partage-des-richesses/paradisfiscaux/banques-et-paradis/

2www.amisdelaterre.org/Informations-sur-le-project.html


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