Climat ou TAFTA, il faut choisir ! : Document coordonné par Maxime Combes et Amélie Canonne

vendredi 5 décembre 2014

Les politiques de libéralisation du commerce et d’extension des droits des investisseurs renforcent la division internationale des systèmes productifs, font prédominer le droit des investisseurs sur le droit del’environnement et la démocratie, et ignorent les exigences climatiques.
En orientant le développement économique vers l’exportation et la recherche de compétitivité externe à tout prix, elles rendent les économies et nos sociétés ultra-dépendantes des importations et exportations d’énergies fossiles, et dotent les acteurs économiques des instruments pour empêcher la mise en oeuvre de véritables politiques de transition énergétique.

Les négociations entre l’Union européenne et les Etats-Unis (TAFTA) et entre l’UE et le Canada (CETA) promeuvent un modèle énergétique insoutenable, très fortement dépendant des infrastructures d’extraction, de transformation et d’acheminement des énergies fossiles, qui anéantit toute ambition de maîtriser le changement climatique. Satisfaisant les intérêts des multinationales de l’énergie et de l’industrie, l’extension
du libre-échange et de la protection de l’investissement privé s’oppose aux exigences de sobriété, de relocalisation des systèmes productifs, de développement des énergies renouvelables et de coopération entre les citoyens, les consommateurs et les communautés pour partager et distribuer les ressources existantes. Conclure des accords de l’ampleur de TAFTA et de CETA réduira presque à néant l’espoir de voir naître “des sociétés plus agréables à vivre, plus conviviales, plus solidaires,
plus justes et plus humaines”1. Ainsi combattre TAFTA et CETA, c’est lutter contre le réchauffement climatique car c’est préserver la possibilité de mettre en oeuvre de véritables pratiques et politiques de transition écologique et sociale.
Document coordonné par Maxime Combes et Amélie Canonne
Attac France & Aitec
http://france.attac.org
http://aitec.reseau-ipam.org

TAFTA et CETA libéralisent le marché transatlantique de l’énergie
Au prétexte de garantir sa “sécurité énergétique” et son approvisionnement en énergies fossiles, l’Union européenne cherche à libéraliser le commerce et les investissements transatlantiques en matière d’énergie et de matières premières. Le mandat de négociations2 confié à la Commission européenne les Etats-membres – qui ne mentionne pas les défis climatiques – est très clair : la Commission
doit “assurer un environnement commercial ouvert, transparent et prévisible en matière énergétique et à garantir un accès sans restriction et durable aux matières premières”. Et l’ex-Commissaire européen au commerce, Karel de Gucht, l’avait explicitement confirmé : il souhaitait “permettre aux entreprises européennes d’importer des ressources énergétiques et matières premières des États-Unis”.
Les documents fuités dans la presse américaine en mai et juillet derniers3 le prouvent incontestablement : L’UE souhaite la fin des restrictions américaines à l’exportation de gaz naturel et de pétrole brut. Une série de dispositions prévoit même de faciliter les investissements et l’octroi de licences de prospection, d’exploration et de production d’hydrocarbures aux entreprises étrangères des deux côtés de l’Atlantique.
TAFTA et CETA encouragent l’exploitation d’hydrocarbures de schiste et de sables bitumineux
La France et l’Allemagne ont explicitement appuyé cette approche, arguant, crise diplomatique avec Moscou oblige, de l’urgence de substituer de nouvelles sources d’importation au gaz russe, mais jurant que la compensation serait à somme nulle. Si les attentes de l’UE étaient acceptées, l’industrie pétrolière et gazière nord-américaine serait encouragée à étendre la frontière d’extraction du pétrole issu des sables bitumineux dans le nord-est canadien et l’usage de la fracturation hydraulique pour
accroître la production d’hydrocarbures de schiste. Soit deux des sources d’hydrocarbures les plus polluantes et dévastatrices pour l’environnement et les populations avoisinantes que l’on connaisse sur la planète. Pour être acheminés de l’autre côté de l’Atlantique, ce gaz et ce pétrole nécessiteraient des investissements colossaux – plusieurs centaines de milliards de dollars – dans la construction
de nouveaux pipelines, raffineries et usines de liquéfaction et regazéification des deux côtés de l’Atlantique.

Lire la suite de l’article en document joint ou sur le site d’Attac France : https://france.attac.org/actus-et-medias/le-flux/article/climat-ou-tafta-il-faut-choisir


titre documents joints

note TAFTA

5 décembre 2014
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