Climat : l’agenda des mobilisations avance plus vite que celui des négociations ! par Attac France

samedi 21 février 2015

Du 8 au 13 février, les représentants des pays membres de l’ONU étaient à Genève pour « nettoyer » le texte de négociation en vue de la conférence de Paris en décembre 2015. Résultats : le texte a doublé de volume et aucun point dur n’est levé. De leur côté, les mouvements pour la justice climatique viennent de finaliser un agenda commun de mobilisations pour l’année 2015.

La session de négociations de Genève devait permettre aux représentants des pays membres de l’ONU de « nettoyer », et réduire, le texte de 38 pages issu des négociations de la conférence de Lima (décembre 2014) (compte-rendu ici), selon l’objectif assigné par Laurence Tubiana, négociatrice en chef du gouvernement français. « Nous devrions quitter Genève avec un texte plus clair et plus simple » pronostiquait même Thomas Spencer de l’IDDRI, un organisme très proche du gouvernement. D’autres observateurs souhaitaient que Genève aboutisse sur un texte « rationnel, concis, gérable et négociable ».

Ces « spécialistes » des négociations climat ont manifestement manqué de clairvoyance. A Genève, le texte de négociations a plus que doublé de volume, pour atteindre plus de 80 pages. Aucun des nombres points durs qui persistent depuis de longs mois n’a été levé : toutes les discussions portant sur la nature juridique du futur (et éventuel) accord, sur la forme et le niveau des contributions nationales, sur les mécanismes de contrôle et de vérification de ces contributions, ou encore sur l’avenir des principes d’équité et de différenciation des pays etc. sont tout simplement reportées à la prochaine session de négociations, qui se tiendra à Bonn début juin. Soit à peine six mois – ce qui est très peu pour solutionner tous ces points de divergence dans le cadre d’une négociation multilatérale – avant la conférence internationale qui se tiendra à Paris début décembre.

Que s’est-il donc passé à Genève ? Les deux (nouveaux) facilitateurs des négociations, l’Algérien Ahmed Djoghlaf et l’Américain Daniel Reifsnyder, veillant à n’exclure aucune proposition, ont invité les représentants des pays à compléter le texte issu de Lima de manière à ce que l’ensemble des propositions et options soient bien mentionnées dans le texte. Ainsi complété, ce texte va être traduit dans les langues officielles de l’ONU puis il sera transmis officiellement aux Etats en tant que texte officiel de négociation. Les derniers jours de négociation de Genève ont été consacrés aux méthodes de travail et prochaines échéances, sans ne jamais entrer dans l’examen des points qui font débat.

Salué comme une « étape clef » sur la route de Paris, ce texte semble satisfaire tous les pays et groupes de pays : il est découpé en plusieurs chapitres (objectifs, adaptation, financements, etc) qui sont eux-mêmes dotés de longues listes d’options constituant les propositions, souvent contradictoires les unes avec les autres, des différents Etats. Ainsi, l’option 1 de l’article 5 prévoit que chaque pays s’engage à des réductions d’émissions en fonction « des circonstances nationales » tandis que l’option 4 propose de partager entre les Etats un budget carbone maximal permettant de ne pas pas dépasser les 1,5 °C de réchauffement climatique global : deux options diamétralement opposées portées par des pays aux intérêts divergents.

Difficile donc de comprendre pourquoi il faudrait se féliciter de « l’esprit de Genève » comme nous invitent à le faire bon nombre de négociateurs et d’observateurs, alors que cet d’état d’esprit transcrit seulement la volonté de ne pas débattre de ce qui ne fait pas accord ! Un comble pour des négociations internationales multinationales ! Comme si un consensus satisfaisant vis-à-vis de l’urgence climatique pouvait être obtenu sans heurts entre des pays aux intérêts divergents et réticents à agir.

A « l’esprit de Genève », opposons l’esprit de Créteil !

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