A Tunis, la Coalition pour le climat prend de l’élan | 24 mars 2015 / Isabelle Rimbert (Reporterre)

vendredi 27 mars 2015

Plus d’une centaine d’associations, d’ONG et de mouvements internationaux se sont réunis à Tunis à la veille du Forum social mondial. Objectif : s’accorder sur les stratégies de pression pour peser sur le sommet de l’ONU sur le climat à Paris, fin 2015 et poursuivre le mouvement ensuite.

- Tunis, reportage

En préambule du Forum social mondial qui se déroulera cette semaine à Tunis, la plateforme Coalition climat 21 s’est réunie lundi et continuera à travailler ce mardi. Elle regroupe plus d’une centaine d’organisations françaises issues de la société civile.

L’objectif : définir avec des représentants des réseaux internationaux les orientations sur l’organisation de la mobilisation autour de la COP 21, la conférence des Nations Unies sur le climat qui se tiendra fin 2015 au Bourget, près de Paris. Poser les bases d’un mouvement pour la justice climatique sur le long terme. Et mettre en place un rapport de forces capable de peser sur cette négociation entre 193 Etats.

Dans un amphithéâtre de la facuté de droit de Tunis, près de deux-cents personnes se lèvent comme une seule femme à la question « Qui est ici pour un mouvement sur la justice climatique ? ». Née il y a un an, la coalition climat entend dépasser d’anciens clivages entre les organisations considérées comme « modérées », et d’autres perçues comme plus « radicales. »

« Entre Climate action network (le réseau historique d’ONG travaillant sur le climat, ndlr) et Climate justice now (réseau d’ONG issues du monde du développement), on peut travailler ensemble même si on n’a toujours les mêmes stratégies ni les mêmes tactiques, assure l’Indienne Payal Parekh. Il n’y a pas un seul chemin. »

Des chemins qu’il s’agit d’élargir au maximum. « Sans mobilisation populaire, rien n’est possible, dit Christophe Aguitton, d’Attac. On a réussi à regrouper l’essentiel du mouvement environnementaliste. Il s’agit maintenant de trouver les moyens de son enracinement dans le temps, bien au-delà de la COP 21 ».

Une échéance qui nourrit un scepticisme évident chez les militants échaudés par le fiasco de la conférence de Copenhague en 2009. « Comme les Etats ne veulent pas se coincer, les objectifs de réduction de gaz à effet de serre chiffrés, datés et contraignants, ne feront pas partie des négociations, alors que c’est un des points cruciaux », se désole-t-il.

Même son de cloche pour Nicolas Haeringer, de l’association 350.org : « Peut-être la réponse n’est-elle pas dans la négociation entre des Etats prisonniers d’intérêts privés, mais plutôt dans ce que portent la société civile et les collectivités locales, qui ont la main sur des leviers permettant de favoriser la transition énergétique ».

Un exemple ? « Les campagnes de désinvestissement, qui incitent les institutions à investir dans les énergies renouvelables plutôt que de mettre leurs billes dans l’une ou l’autres des 200 entreprises qui possèdent les plus grosses réserves de gaz, de pétrole et de charbon ». Selon lui, « la seule chose que l’on peut attendre des Etats, c’est qu’ils ne rajoutent pas de nouveaux obstacles à la transition énergétique ».

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