Disparition de François Maspero : François Maspero, ce résistant 13 avril 2015 | Par Edwy Plenel

mardi 14 avril 2015

François Maspero est décédé, samedi 11 avril, à son domicile parisien. Il avait 83 ans et, derrière lui, une vie d’éditeur, de libraire, d’écrivain et de traducteur. Une vie de résistance surtout, aux injustices comme aux impostures. Pour Mediapart, dont il a inspiré le logo, c’est plus que la perte d’un ami, celle d’une figure tutélaire, protectrice et inspiratrice.

François Maspero est mort le jour du soixante-dixième anniversaire de la libération de Buchenwald, ce camp de concentration où son père, le sinologue Henri Maspero, s’est éteint, le 17 mars 1945.

François avait l’habitude d’écrire et de dire que sa seconde naissance remontait au 28 juillet 1944, jour de l’arrestation par les nazis de son père et de sa mère, Hélène – la seule à être revenue. « Oui, mais d’une seconde naissance à la mort. J’avais douze ans et demi », insistait-il, fin 2014, dans l’un de ses derniers entretiens.

François avait l’habitude d’écrire et de dire que sa seconde naissance remontait au 28 juillet 1944, jour de l’arrestation par les nazis de son père et de sa mère, Hélène – la seule à être revenue. « Oui, mais d’une seconde naissance à la mort. J’avais douze ans et demi », insistait-il, fin 2014, dans l’un de ses dernier entretiens.

La mort si tôt, non seulement celle du père, mais aussi celle du frère admiré, Jean, né en 1925, résistant héroïque dont François partageait les secrets, tué au combat le 8 septembre 1944 après s’être porté volontaire pour rejoindre, comme traducteur, l’armée américaine. Lors de notre dernière rencontre, il y a quelques semaines pour l’un de nos déjeuners réguliers, il m’avait encore confié qu’entre l’été 1944 et l’été 1945, il avait à la fois vécu le plus beau jour et le plus triste jour de sa vie. Le plus beau, avec la libération de Paris, le soulèvement populaire du 19 août 1944 ; le plus triste, avec la fin de la guerre mondiale, le 8 mai 1945, qui lui léguait cette absence d’un père et d’un frère.

Plus il avançait en âge, plus François Maspero revendiquait ce terme pour se définir : « résistant ». Loin des plaintes souffrantes qui font des postures de victimisation, trop souvent aveugles aux autres et au présent, il avait tiré de cette empreinte familiale une injonction d’action et d’engagement, dans la fidélité aux refus essentiels. Libraire à l’enseigne de « La joie de lire », éditeur sous son propre nom, écrivain, traducteur : dans la diversité de ses activités, son chemin de vie n’a cessé de suivre et de prolonger la trace originelle

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