Discours de Zoé Konstantopoulou en faveur du NON à l’accord imposé par les créanciers | 20 juillet par Zoe Konstantopoulou

jeudi 23 juillet 2015

Discours prononcé au Parlement dans la nuit du mercredi 15 juillet 2015.

Mesdames et Messieurs, chers collègues,

Je voudrais commencer par remercier l’expert indépendant de l’ONU pour la Dette et les Droits de l’Homme, monsieur Bohoslavsky, qui est intervenu aujourd’hui, pour la troisième fois ce dernier mois et demi, avec son appel public afin de protéger la population grecque des nouvelles réductions de ses droits sociaux, droits sociaux qui ont déjà été minés et violés.

Je voudrais aussi remercier le coordinateur scientifique du Comité pour la Vérité sur la Dette Publique, monsieur Éric Toussaint qui, avec son intervention publique aujourd’hui à nouveau, indique et propose une solution pour la Grèce, pour le peuple grec. Cette solution présuppose la suppression de la dette odieuse, illégale et illégitime ; cette dette que certains essayent par tous les moyens de faire porter au peuple grec et aux nouvelles générations. Ces générations qui ne vous doivent rien, messieurs de la Nouvelle Démocratie et du PA.SO.K, vous qui avez gouverné pendant 40 ans et faites porter aujourd’hui, à chaque nouveau-né, dès son premier souffle, une dette de 32 500 euros.

Aussi, je voudrais remercier ces personnes, ces mouvements et forces politiques en Europe qui s’activent et se mobilisent en disant que ceci est un coup d’état contre la Grèce, mais aussi contre son gouvernement. Je voudrais aussi remercier tous ces économistes, ces hommes de la culture, des arts, des lettres, ces intellectuels, qui ne sont pas corrompus par le pouvoir et la lie des programmes d’austérité, mais qui s’y sont opposés en affirmant qu’il est inacceptable, dans une civilisation contemporaine, en 2015, qu’une action de vengeance autoritaire et anti-démocratique ait lieu contre ce peuple et ce gouvernement de la Gauche et de l’opposition au mémorandu.

Mesdames et Messieurs collègues, ce soir est un jour noir pour la démocratie en Grèce et en Europe. Mais c’est aussi un jour noir pour le Parlement grec, parce qu’avec un chantage cru, provenant de l’Union européenne et s’adressant d’abord au gouvernement et ensuite aux députés, le Parlement est appelé à ratifier, en 2h30 et sans discussions de fond, l’enterrement de sa propre fonction, de céder la souveraineté nationale, et d’hypothéquer les biens publics, en ayant comme horizon leur liquidation par un nouveau et bien plus monstrueux TAIPED (Fonds privé de gestion des biens publics), que mon parti, Syriza, appelait et appelle un “élevage de scandales”. Il est aussi appelé à assumer l’ensemble de la dette et la prise en charge de la totalité des obligations qui y sont liées, alors que cette dette n’est pas soutenable, elle est odieuse, illégitime et illégale. Plus encore, il est appelé à ratifier davantage de réductions des retraites, des réductions qui ont été jugées anticonstitutionnelles par le Conseil d’État et qui avaient été votées en novembre 2012, quand le groupe parlementaire de Syriza entier est sorti avec des panneaux qui disaient ’Vous détruisez le pays, partez maintenant’, et s’est uni ainsi au peuple et à la société, d’où il provient et auquel il appartient.

Le Parlement est appelé à ratifier, davantage de réductions sur les dépenses publiques, malgré le fait que ces dépenses sont en dessous de la moyenne européenne, malgré l’acceptation d’excédents primaires irréalisables qui mèneraient à une plus grande récession, malgré l’acceptation du fait que la procédure démocratique du référendum a généré une perte de la confiance. Il est aussi appelé à ratifier le rétablissement de la confiance par une législation sur commande, dans des échéances irréalisables et avec l’acceptation humiliante de dé-légiférer, d’abolir, des lois que nous avons votées ici au Parlement.

Si ce projet de loi, qui contient des références à un troisième mémorandum à venir, était apporté par les partis de ce pays qui sont pro-mémorandum, c’est-à-dire la Nouvelle Démocratie, le PA.SO.K, Potami, DIM.AR, et LA.O.S, je me serais adressée au Parlement avec un discours dénonçant une à une toutes ses dispositions. Cependant, c’est le gouvernement de la gauche et des forces anti-mémorandum qui amène ce projet de loi, c’est le gouvernement de Syriza et de AN.EL, qui n’a jamais eu comme objectif l’introduction et l’application des mémorandums, mais au contraire, l’exemption de la patrie de ces derniers. Ce gouvernement qui ne croit pas que les mémorandums de la soumission et de l’austérité sont un remède pour l’économie, mais qui soutient depuis plusieurs années qu’il s’agit bien de la mauvaise recette, du poison qui tue la société, et qui sait à quel point ceci est destructeur.

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