Banques : un sauvetage payé au prix fort PROPOS DE DOMINIQUE PLIHON* RECUEILLIS PAR CLOTHILDE MATHIEU ! LUNDI, 20 JUILLET, 2015 L’HUMANITÉ

mercredi 5 août 2015

*professeur ?à l’université Paris-XIII, membre d’Attac

Le sauvetage du secteur bancaire constitue l’un des enjeux majeurs de la bataille économique et politique qui se joue entre le gouvernement Syriza et les autorités européennes. Car les banques auront un rôle central à jouer dans le redressement de l’économie grecque.

Les classes dominantes grecques et les autorités européennes ont une part de responsabilité écrasante dans la crise actuelle du système bancaire grec. Elles ont joué l’affaiblissement des banques pour obliger le gouvernement Tsipras à capituler. Les premières ont organisé une fuite massive de capitaux, de l’ordre de 100 milliards d’euros, qui a provoqué une grave crise de liquidité bancaire. De son côté, la BCE a aggravé l’asphyxie de banques en restreignant l’accès en urgence des banques à ses refinancements. Enfin, la troika a imposé la fermeture des banques grecques pour forcer le gouvernement Syrisa à capituler en mettant en difficulté le peuple grec.

Après avoir réussi à imposer l’accord scélérat du 13 juillet, la troïka s’est soudainement radoucie. La BCE a décidé d’accorder à nouveau des liquidités aux banques grecques. L’ouverture des banques est autorisée. Mais la crise du système bancaire est loin d’être résolue. Les banques sont fortement incitées à recouvrer leurs créances, ce qui va entrainer de nombreuses saisies sur les particuliers et les petites entreprises, aggravant les difficultés de nombreux acteurs de l’économie héllénique.

Le volet principal du soutien au secteur bancaire grec prévu par l’accord du 13 juillet est un véritable piège : il consiste en une aide de 10 à 25 milliards d’euros versée par le Mécanisme européen de stabilité (MES) et qui devra être remboursée par le produit de la privatisation des actifs grecs. Déjà utilisées en 2010 et 2013 en faveur de l’Espagne et de Chypre, les aides du MES avaient été versées aux gouvernements pour recapitaliser leurs banques. Ces derniers avaient gardé la maitrise de leur utilisation. Pour la Grèce, ce sera différent : les aides du MES seront versées directement aux banques, sans intervention du gouvernement. Le MES deviendra ainsi actionnaire des banques grecques dont il contrôlera la gestion. Résultat : le système bancaire grec risque de passer sous la tutelle des autorités européennes, privant le gouvernement de la maitrise du financement de l’économie. Ce qui est inacceptable !

Source de l’article : http://www.humanite.fr/dominique-plihon-579681


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