Ces sauveteurs du climat qui commencent à inquiéter l’industrie pétrolière PAR OLIVIER PETITJEAN dans Basta

mardi 22 septembre 2015

4 SEPTEMBRE 2015
Blocages de projets polluants, marches mondiales pour le climat, campagne contre l’industrie pétrolière et gazière : les actions organisées par 350.org – un réseau de militants du climat né dans les campus nord-américains – commencent à rencontrer un succès populaire qui contredit l’ambiance de résignation face au changement climatique. Leur campagne pour le désinvestissement des énergies fossiles a réussi à mobiliser une large coalition d’acteurs, allant des militants de l’action directe de la mouvance Occupy Wall Street à des investisseurs comme le fonds Rockefeller, en passant par des congrégations religieuses et des médias tel le Guardian. May Boeve, 31 ans et directrice exécutive de 350.org, est l’une des chevilles ouvrières de ce mouvement. Rencontre.

Basta !  : Malgré sa création récente, 350.org a déjà organisé plusieurs actions spectaculaires et remporté des succès inattendus, ce dont témoigne l’ampleur prise par le mouvement de désinvestissement des énergies fossiles (pétrole, gaz et charbon) que vous avez lancé, et auquel se sont associés des centaines de fondations, d’organisations religieuses, de fonds de pension, d’organisations publiques, d’universités ou de collectivités locales [1]. Qu’est-ce qui fait, selon vous, la différence entre 350.org et les autres organisations qui travaillent sur l’environnement et le climat ?

May Boeve  : [2] Nous avons créé 350.org pour travailler sur une seule question : le besoin urgent d’agir contre le changement climatique. Le changement climatique est un enjeu qui nous accompagnera toute notre vie, mais si nous ne réagissons pas très rapidement et avec une ampleur suffisante, ses conséquences seront dramatiques. Au début, nous ne pensions pas construire une organisation destinée à durer sur le long terme. Honnêtement, nous ne pensions même pas qu’elle existerait encore en 2015… Nous nous concevons plutôt comme un réseau. Aujourd’hui, il a grandi partout dans le monde mais nous essayons de rester concentrés sur notre objectif initial.

Sur la question du climat, il existe déjà nombre de recherches et d’analyses, beaucoup de lobbying. Ce qui manque, c’est la volonté politique. Nous mettons donc l’accent sur la mobilisation et l’action, ce qui est une manière de compléter ce que font les autres organisations, en construisant une pression politique. La première chose que nous avons faite a été une journée mondiale d’actions. Nous avons commencé directement à l’échelle mondiale. Maintenant nous essayons plutôt de développer des campagnes là où nous avons la possibilité de changer les rapports de force politiques.

Pourquoi accorder une aussi large place à l’action directe ?

Pour que les gens comprennent la gravité du changement climatique, il faut montrer que certains sont prêts à prendre des risques personnels pour contribuer à résoudre le problème. C’est la raison pour laquelle nous avons mis l’accent sur l’action directe. En plus, elle amène des résultats concrets : face au projet d’oléoduc Keystone XL [destiné à acheminer le pétrole issu des sables bitumineux canadiens vers le Sud à travers les États-Unis, et donc à créer des débouchés commerciaux pour intensifier l’exploitation de cette ressource fossile, l’une des plus polluantes qui soit, ndlr] et le charbon du Bassin de Galilée, en Australie [3], la victoire est à notre portée. C’est aussi l’enjeu de la campagne pour le désinvestissement des énergies fossiles : s’efforcer de montrer qu’il est toujours possible d’agir, où que nous soyons.

Comment faire du changement climatique un enjeu réel pour les gens ordinaires ?

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