Le difficile combat contre l’argent de Daech par Christian Chavagneux |18/11/2015| dans AlterEcoPlus

dimanche 22 novembre 2015

Le 16 novembre dernier, dans son communiqué spécial sur la lutte contre le terrorisme, le G20 a appelé ses membres à « renforcer le combat contre le financement du terrorisme ». Le constat est certes unanimement partagé : on ne peut combattre Daech par la seule action militaire, il faut réussir à couper le groupe terroriste de ses ressources financières. Facile à dire mais moins facile à faire. Car si l’on en croît les études du Gafi et du Congrès américain, ses dirigeants semblent avoir recours essentiellement à un financement local difficilement contrôlable.

Des ressources financières énormes

Les diverses estimations disponibles situent les ressources de « l’Etat islamique » (EI) entre un et trois milliards de dollars par an, ce qui en fait l’organisation terroriste la plus puissante au monde financièrement.

Les montants exacts sont difficiles à connaître du fait de leur nature par définition opaque et parce que les ressources mobilisées résultent de ressources puisées localement sur les territoires où ses troupes sont présentes. C’est lors d’opérations militaires au sol, en Irak en juin 2014 et, surtout, en Syrie en mai 2015 contre l’un des responsables financiers du groupe, que des ordinateurs ont pu être récupérés.

Selon un ancien colonel de l’armée américaine interviewé par la chaîne d’information CNN, ils auraient livré des informations clés car l’EI étant aussi un business, ses membres sont « de méticuleux comptables ». Les services secrets américains n’ont pas à ce jour fourni le détail de ce qu’ils ont trouvé mais plusieurs rapports parus cette année permettent d’avoir une idée des circuits de financement.

L’argent du pétrole

L’EI est établi sur des terres gorgées de pétrole que les djihadistes exploitent de deux façons : en le raffinant sur place pour leur propre utilisation et celle des populations locales et en vendant du brut sur le marché mondial par des réseaux de contrebande.
Le pétrole brut est vendu, contre du cash, à un prix équivalent à environ 20 % du prix mondial

Le raffinage s’effectue par des installations mobiles que les bombardements alliés tentent régulièrement de détruire. Il faut alors une dizaine de jours et dépenser 230 000 dollars pour chaque reconstruction d’usine. Le brut est vendu en partie au régime syrien ou bien est amené par des intermédiaires sur le marché international via la Turquie.

D’où vient l’argent de Daech ?

Dans une conférence de presse donnée le 16 novembre à la fin du G20, le président russe Vladimir Poutine a indiqué avoir mis sous les yeux de ses collègues des photos satellites montrant « des convois s’étendant sur des douzaines de kilomètres ». Le pétrole brut est vendu, contre du cash, à un prix équivalent à environ 20 % du prix mondial, ce qui en fait tout de même un business très rentable. Combien rapporte-t-il ? Difficile à savoir. L’insuffisance de techniciens qualifiés, les bombardements et la baisse du prix du pétrole sur le marché mondial ont a priori réduit assez fortement les ressources financières tirées du pétrole. Mais elles représenteraient encore de 200 à 300 millions de dollars par an.
Un business diversifié

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