Retour sur la Conférence/Débat de Patrick SAURIN « Autopsie d’un meurtre » le Jeudi 7 janvier au 3C dans La Marseillaise par Sabrina Guintini

mardi 12 janvier 2016

Pour Patrick Saurin, du collectif d’audit citoyen de la dette, « la Grèce doit socialiser le système bancaire » Écrit lundi 11 janvier 2016 par Sabrina Guintini
Source : http://www.lamarseillaise.fr/analyses-de-la-redaction/dossier-du-jour/45140-la-grece-doit-socialiser-le-systeme-bancaire
Patrick Saurin était invité par Attac Pays d’Aix, jeudi dernier, à animer une conférence intitulée « Grèce, autopsie d’un meurtre
Rencontre avec un membre du collectif d’audit citoyen de la dette, qui a participé à la commission pour la vérité sur la dette grecque.

Porte-parole du syndicat SUD Solidaires à la Banque Populaire-Caisse d’épargne, Patrick Saurin est membre du collectif d’audit citoyen de la dette et a participé à la réalisation du rapport « la vérité sur la dette grecque » commandé par la présidente du parlement, Zoé Konstantopoulou. Il était, jeudi, invité par Attac Pays d’Aix, à animer une conférence intitulée « Autopsie d’un meurtre ».
Dans cette affaire de « meurtre », qui est la victime, qui est l’assassin ?

La victime est le peuple grec. Les assassins, il y en a plusieurs, c’est un crime en bande organisée. On retrouve dans le gang de la Troika, le FMI, la BCE et la commission européenne, auxquels il faut ajouter le fonds européen de stabilité financière. Et derrière, les seconds couteaux : les états de la zone euro qui laissent faire les politiques iniques - y compris un gouvernement se proclamant socialiste et dont le président se disait ennemi de la finance... Le mot « meurtre » n’est pas trop fort : il y a eu des morts en Grèce, de nombreux suicides quand des petits porteurs ont été ruinés. Plus du tiers de la population est en situation d’extrême pauvreté, les gens n’ont plus, quasiment, de couverture sociale. Il y a de la malnutrition chez les enfants, de gros problèmes de santé, un développement de la toxicomanie et de la prostitution... Des économistes du FMI, qui ont étudié 147 crises financières après 39-45, estiment que la crise grecque fait partie des 5% des crises les plus graves.
Cette crise humanitaire est peu relayée par les médias dominants. Peut-on les considérer comme complices ?

Quasi tous les médias grecs sont tenus par des grosses fortunes et relaient les positions de l’Europe libérale. En France, on retrouve ce même discours, avec les poncifs classiques : les Grecs sont feignants, ne paient pas d’impôts... Mais ce qu’on ne dit pas, c’est qu’il y a une retenue à la source au niveau de l’impôt des salariés. Une grosse partie des gens ont des salaires et des retraites de misère. Beaucoup ne sont pas en situation de s’acheter à manger, de payer leur loyers ou les traites pour leurs emprunts. Les médias français reprennent ce discours selon lequel « il faut payer sa dette ». Je veux bien mais à condition que vous ayez reçu l’argent ! Quand on a fait l’audit de la dette grecque, on s’est aperçu que la quasi totalité des sommes mises en place à l’occasion des mémoranda en 2010, 2012 et celui prévu en 2016, est partie dans les caisses des banques. Ca n’étaient pas des plans de soutien à la Grèce ! L’argent a servi à rembourser des banques privées qui avaient prêté abondamment sans analyser le risque. On a connu ça en France en 2008. On appelle ça l’aléa moral. Les banques font des choix risqués parce qu’elles savent qu’en dernier recours, l’État, donc les contribuables, viendra les renflouer.

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