Les dix casseroles de Vinci, bétonneur de Notre-Dame-des-Landes | 29 janvier 2016 | par Tiffany Blandin (Reporterre)

dimanche 21 février 2016

Il est le deuxième groupe de BTP au monde. Et champion français du béton, concessionnaire d’autoroutes, de parkings, de stades, d’aéroports. Il veut saccager la zone humide de Notre-Dame-des-Landes. Mais Vinci, c’est aussi une liste, non exhaustive, de dossiers destructeurs de l’environnement. Et de juteux arrangements financiers.

Vinci : cinq lettres, un géant peu connu, le promoteur du projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Aéroports du Grand Ouest (AGO), filiale du groupe et concessionnaire du site, a demandé à la justice l’expulsion immédiate des habitants historiques de la zone, qui refusent de quitter leurs terres. Le tribunal de Nantes a approuvé les expulsions lundi 25 janvier. L’éviction par Vinci de ces opposants permettrait le début des travaux de cette infrastructure très controversée.

Mais qui connaît vraiment Vinci ? À Reporterre, nous avons eu envie de dresser un portrait du premier groupe de construction français. Qui est aussi le deuxième acteur du BTP (bâtiments et travaux publics) dans le monde, avec 38,7 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2014. Réparties dans une centaine de pays, plus de 185.000 personnes sont salariées par ce mastodonte.

Quand l’État français décide de confier la construction et la concession de grands projets à une entreprise privée, la firme implantée à Rueil-Malmaison, près de Paris, remporte souvent le contrat. Elle gère ainsi 4.386 kilomètres d’autoroutes, de nombreux parkings souterrains, des stades, et même l’éclairage public de certaines communes. Le groupe se développe aussi à l’étranger. Un des principaux axes de sa stratégie est de se développer dans les aéroports, à l’étranger - et en France. Il en exploite 33. Pour connaître le détail des activités de Vinci, c’est par ici.

Mais il y a évidemment un revers à la médaille. Bulldozers et pelleteuses massacrant l’environnement, soupçons autour de l’attribution des marchés, conditions de travail de ses salariés. Voici la liste, non exhaustive, des casseroles du géant du BTP.

1. La LGV entre Tours et Bordeaux : désastre commercial et environnemental

Quand les patrons de Vinci veulent en imposer devant un futur client, parions qu’ils parlent de la ligne à grande vitesse entre Tours et Bordeaux. En quatre ans, le groupe a bâti 340 kilomètres de voies nouvelles, érigé 500 ponts et ouvrages d’art, déplacé 60 millions de mètres cubes de terre. Liséa, le consortium mené par Vinci chargé de l’exploitation de la ligne, a d’ailleurs publié une vidéo sur internet dont le titre en dit long sur la fierté que représentent ces travaux pour le groupe : « Embarquez pour le survol du chantier en full HD ! ». Filmé à l’aide d’un drone, cette vidéo de 24 minutes et 40 secondes sur fond de musique pop montre l’ampleur du chantier... et des dégâts sur l’environnement.

Tout à leur émerveillement, les dirigeants n’ont pas vu arriver la catastrophe commerciale. Vu les sommes investies par Vinci, le péage payé par la SNCF sur l’axe Paris-Bordeaux va beaucoup augmenter. Pour faire des économies, le groupe ferroviaire va programmer en moyenne 16,5 allers-retours quotidiens, soit une dizaine de moins que prévus initialement, et privilégier les trains directs pour ne pas diminuer l’attrait commercial de la ligne. Du coup, non seulement Vinci aura moins de recettes que prévu, mais en plus, plusieurs élus ont décidé de suspendre leur financement après s’être rendus compte que le TGV allait bien passer chez eux, mais sans s’arrêter.

2. Des expropriations à moindre coût pour le grand stade de Lyon

Un grand stade, le siège de l’Olympique lyonnais (OL), deux hôtels de luxe, un centre de loisirs, et 7.000 places de stationnement. Ce Disneyland du foot business, c’est le rêve de Jean-Michel Aulas, le président de l’OL, et une aubaine pour Vinci, qui doit recevoir autour de 400 millions d’euros pour réaliser ces travaux.

Mais les Lyonnais ne voient pas très bien l’utilité d’un tel projet immobilier qui mange 160 hectares de champs en bordure de l’agglomération. Quant aux riverains du futur complexe, ils ont essayé de tout faire capoter. Ces rabat-joie ont réussi à faire annuler cinq déclarations d’utilité publique concernant les accès au stade. Motif ? Leurs terres ont été rachetées 1 euro le mètre carré, parce qu’elles étaient classées en zone agricole. Étienne Tête, leur avocat, a réclamé qu’elles soient valorisées à 40 euros le mètre carré, parce qu’elles sont situées en zone périurbaine. Mais le Conseil d’État a cassé l’avis de la Cour administrative d’appel de Lyon. La fête peut continuer.

3. En Russie, des soupçons de corruption pour une autoroute

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