Comment les médias dominants manipulent le thème de la dette publique par Eric Toussaint* |26 mars 2018|

samedi 31 mars 2018

Dans cette vidéo Éric Toussaint, porte-parole du CADTM, évoque la manière partiale dont les médias dominants traitent de la dette publique internationalement : jamais ils n’abordent les conséquences néfastes du remboursement des dettes publiques sur la vie des populations et sur l’exercice des droits humains dans les pays lourdement endettés.

Souvent liés directement à de grands groupes privés, ou dépendant financièrement des annonces publicitaires des grandes banques, les médias veulent à tout prix éviter de remettre en cause la légitimité de certaines dettes, ou de parler de leur annulation. Ils sont en effet en collusion avec les créanciers que sont les grands groupes financiers et les banques. Les grands médias publics sont eux aussi largement influencés par le discours des gouvernements en place qui ont tout intérêt à utiliser la dette publique comme argument pour justifier les politiques d’austérité qu’ils imposent.

Ainsi, les médias encouragent et promeuvent le remboursement des dettes publiques et l’application des plans d’austérité. Les notions de dettes illégitimes, odieuses ne sont jamais évoquées, ni la possibilité qu’on les analyse par un audit.

Dans le cas de la Grèce, quel a été le rôle négatif des médias ?

Les médias à l’international ont présenté la question de la dette grecque en caricaturant la population grecque, sur tous les plans : paresseuse, dépensière, irresponsable, touchant de grosses retraites, ne payant pas d’impôts [1]. Et donc les Grecs sont coupables, la Grèce fait vaciller l’Euro - mais nous les Européens nous sommes généreux en les aidant pour que leurs retraites soient payées et que leurs hôpitaux puissent fonctionner.

Les médias prétendent que le non-remboursement de la dette par la Grèce provoquerait la ruine directe des contribuables des autres pays européens, pour effrayer les auditeurs ; alors qu’en fait, cela n’aurait aucune conséquence sur le portefeuille des contribuables dans les autres pays. Les médias dominants ne mentionnent jamais les formules praticables pour annuler la dette publique.

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Notes :

[1] Pour une analyse approfondie, voir l’article de Nikos Smyrnaios dans Les grecs contre l’austérité
Eric Toussaint

*docteur en sciences politiques des universités de Liège et de Paris VIII, porte-parole du CADTM international et membre du Conseil scientifique d’ATTAC France.
Il est l’auteur des livres Le Système Dette. Histoire des dettes souveraines et de leur répudiation,Les liens qui libèrent, 2017 ; Bancocratie, ADEN, Bruxelles, 2014 ; Procès d’un homme exemplaire, Éditions Al Dante, Marseille, 2013 ; Un coup d’œil dans le rétroviseur. L’idéologie néolibérale des origines jusqu’à aujourd’hui, Le Cerisier, Mons, 2010. Il est coauteur avec Damien Millet des livres AAA, Audit, Annulation, Autre politique, Le Seuil, Paris, 2012 ; La dette ou la vie, Aden/CADTM, Bruxelles, 2011. Ce dernier livre a reçu le Prix du livre politique octroyé par la Foire du livre politique de Liège.
Il a coordonné les travaux de la Commission pour la Vérité sur la dette publique de la Grèce créée le 4 avril 2015 par la présidente du Parlement grec. Cette commission a fonctionné sous les auspices du parlement entre avril et octobre 2015. Suite à sa dissolution annoncée le 12 novembre 2015 par le nouveau président du parlement grec, l’ex-Commission poursuit ses travaux et s’est dotée d’un statut légal d’association sans but lucratif.

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