Prise de parole unitaire samedi 26 mai 2018, par Aurélie Trouvé

dimanche 27 mai 2018

Bonjour à toutes et tous
Je m’exprime ici au nom de tous les mouvements citoyens, associatifs, syndicaux, politiques, qui ont lancé cette grande mobilisation pour l’égalité, la justice sociale et la solidarité. Ce rassemblement est historique.

Plus de 60 organisations, petites et grandes, ont dans le respect de chacune rassemblé leurs forces. Nous avons réussi à créer une dynamique avec une très large participation citoyenne.

Saluons en particulier les cheminot.es engagé.e.s depuis plusieurs semaines dans la grève. Saluons aussi tous les manifestant.es, membres ou non d’organisations, toutes les luttes qui nous ont rejoints et qui ont rendu cette marée vraiment populaire. Nous comptons des manifestations dans plus de 190 villes en France, y compris dans de petites villes rurales, qui chaque fois ont rassemblé une très grande diversité de mouvements. Par exemple, dans le département de l’Ain quatre manifestations, trois en Ardèche, etc. À Paris, je peux vous dire que nous sommes plus de 80 000 manifestant.es et dans toute la France plus de 280 000 manifestant.es.

Nous avons voulu une manifestation pacifique, joyeuse et festive, dans un cadre unitaire inédit… à la hauteur des enjeux auxquels nous faisons face : une transformation profonde de la société française selon les canons du néolibéralisme. Car voilà au fond le « business model » d’Emmanuel Macron : finir le travail de ses prédécesseurs pour soumettre pleinement la France au capitalisme financier mondial et servir ainsi les « premiers de cordée ».

Nous ne sommes pas dupes du marketing qu’Emmanuel Macron a déployé : il se voulait en même temps de gauche et de droite, il applique en fait une politique dont rêvait la droite réactionnaire et néolibérale. Il se proclamait grand défenseur des droits individuels, il n’hésite pas à les remettre en cause, en réprimant de façon tout à fait indigne les migrant.es. Il s’est voulu grand défenseur du climat et de la planète, il n’a pourtant cessé de reculer sur la protection de l’environnement, dès lors que les intérêts des multinationales étaient en jeu.

Il fait croire qu’en mettant en place une fiscalité profondément injuste, en récompensant les « premiers de cordée » et en punissant les « fainéants », la richesse ruissellera spontanément du haut vers le bas, alors que c’est un torrent financier qui monte vers les plus riches. Et singeant l’efficacité d’un manager omnipotent à la tête de « l’entreprise France », il détruit, méthodiquement et rapidement, les droits sociaux.

Pour imposer son business model, ce président des ultra-riches a une méthode. Imposer rapidement, brutalement, une cascade de mesures conséquentes : il détruit les droits des salarié.es comme des sans emplois, il met à bas la protection sociale, avec dans le viseur les retraites et l’assurance chômage, il appelle à une « société sans statut » qu’il qualifie de "post salariale", il renforce la ségrégation dans les universités ou pour accéder à la justice, il casse les services publics et tout ce qui permet de partager la richesse, il privatise et précarise le logement, il coupe les subventions aux associations, par exemple celles qui viennent en aide aux femmes alors qu’il avait annoncé l’égalité femmes/hommes grande cause du quinquennat, il donne des gages aux multinationales en multipliant les accords de libre-échange, il fait entrer dans le droit commun les dispositions de l’état d’urgence, il réprime les mouvements sociaux et des jeunes des quartiers populaires, il bâillonne les lanceuses et lanceurs d’alerte, et il engage la France dans une spirale de tensions et d’interventions militaires.

Il espère ainsi produire un effet de sidération. Il fait le pari de casser toute résistance. Mais il faut faire échouer ce pari ! Déjà, les mobilisations se multiplient : cheminots, universités, hôpitaux, pour les services publics, pour les droits des migrants, pour une transition écologique et sociale à Notre-Dame-des-Landes ou ailleurs… Le gouvernement espérait néanmoins que toutes ces mobilisations restent isolées, qu’elles s’épuisent d’elles-mêmes ou sinon, que le gouvernement puisse les réprimer sans trop de dommage politique. Mais déjà, des initiatives de solidarité se développent, en soutien des grévistes, des retraité.es, des étudiant.es, des zadistes… Nous avons voulu aujourd’hui aller plus loin... et nous avons réussi : former, toutes et tous, ensemble, une grande marée populaire, inédite dans sa composition, sa diversité, son ampleur. Le gouvernement fait la sourde oreille ? Forçons-le à nous entendre !

Nous sommes toutes et tous ici parce que la politique du gouvernement a des conséquences graves et durables dans de multiples champs sociaux et environnementaux. Parce qu’elle est inacceptable pour les féministes, les écologistes, les minorités discriminées, pour les jeunes, les chômeurs, chômeuses et précaires, pour les partisans de la justice sociale, pour celles et ceux qui défendent des services publics de qualité, les libertés démocratiques, les droits des travailleurs et des travailleuses. Parce que nous avons l’espoir d’un autre monde, d’une société meilleure, plus égalitaire et plus solidaire. Une société qui produise et partage autrement des richesses, qui mette fin à la toute puissance de la finance, qui fasse primer les droits humains sur ceux de la concurrence et respecte l’environnement.

Une société aux antipodes du business model d’Emmanuel Macron et de son gouvernement. Le nouveau monde, celui que nous espérons, celui qui permettra une transition écologique, sociale et démocratique, n’est pas celui d’Emmanuel Macron, qui ne fait que reprendre les pires travers de l’ancien monde. Le nouveau monde, il est celui qui se dessine dans nos mobilisations, nos résistances et nos alternatives.

Le combat pour faire advenir ce nouveau monde est de longue haleine. Mais le succès d’aujourd’hui nous fait dire : nous allons le continuer, plus déterminé.es que jamais !

SOURCE


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