Retraites : un ministre a-t-il le droit de mentir ? |6 déc. 2019| Par Henri Sterdyniak Blog : Le blog de Henri Sterdyniak sur Médiapart

samedi 7 décembre 2019

Le JDD, journal possédé par le groupe Lagardère, a publié le dimanche 1er décembre une interview atterrante de Gérald Darmanin, sur la réforme des retraites. Atterrante, oui car elle multiplie les mensonges. Nous les rectifions ici.

Darmanin prétend que son gouvernement va « sauver nos retraites et celles de nos enfants ». Pourtant, les retraites ont déjà été sauvées par Balladur en 1993, par Fillon en 2003, par Woerth en 2010. Les projections du COR (Conseil d’orientation des retraites) montrent que le système actuel peut fonctionner en quasi-équilibre jusqu’en 2070. Certes ces projections sont discutables puisqu’elles comportent une baisse de 26% du niveau des retraites par rapport aux salaires, mais, la réforme préconisée comporte une baisse identique puisqu’elle se plie à la même contrainte : ne pas augmenter le ratio dépenses de retraites/PIB.

Le principe de la retraite par répartition est que, chaque année, la part du PIB attribuée aux travailleurs doit être partagée entre les actifs et les retraités. De sorte que la question du partage en 2030 ou 2050 n’est guère modifiée par les choix fait en 2019. Les mêmes questions se poseront : faut-il que les retraités aient le même niveau de vie que les actifs (comme aujourd’hui) ? ou un niveau de vie beaucoup plus bas (comme en Suède ou en Allemagne) ? Darmanin agite la menace d’augmentations d’impôt ; ce n’est pas la question. D’un côté, il faut réduire les prélèvements de la finance sur les activités productives ; de l’autre, il faut garantir les retraites par la hausse des cotisations.

Darmanin nous dit : « On emprunte pour payer les retraites ». Pourtant, l’ensemble des régimes de retraités disposent aujourd’hui d’un patrimoine net de 127 milliards d’euros : ils n’ont donc pas emprunté, mais ont au contraire accumulé des réserves. En 2018, les régimes de retraite ont certes eu un léger déficit de 3,5 milliards d’euro, mais leur part des remboursements de dette social effectué par la CADES représente 6,5 milliards. En réalité, en net, ils se sont donc désendettés de 3 milliards.

Darmanin nous dit que la réforme garantit que les pensions ne baisseront pas. Encore heureux. Mais on aurait aimé qu’il nous dise qu’elles ne baisseront pas en pouvoir d’achat, et mieux qu’elles ne baisseront pas relativement aux salaires. Le point de la fonction publique n’a pas baissé depuis 2000, ce n’a pas empêché qu’il ait perdu 19% en pouvoir d’achat. Les retraites n’ont pas baissé depuis l’arrivée de Macron au pouvoir ; cela n’empêche pas que beaucoup de retraités ont perdu 5 % de pouvoir d’achat grâce à la désindexation et à la hausse de la CSG.

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