"Premiers de cordée" - "c’est la faute à qui ?" - "Comme en 14" - "Retour vers le futur" : Les quatres fables de Quelou en temps de Covid-19

samedi 25 avril 2020

Quelou du CA d’Attac Pays d’Aix a écrit trois petites fables inspirées par la gestion de nos gouvernants en ces temps de Covid-19
Les fable sont retranscrites dans le corps de l’article et en document Joint
1. Premiers de cordée
2. La faute à Qui ?
3. Comme en 14

et LA DERNIERE : "Retour vers le furur"

1.

Premiers de cordée"

lundi 23 mars 2020

C’était dans un État, appelé Macronie, les premiers de cordée en étaient les génies, les forces vives, les guides irremplaçables,
A la vie du pays, seuls indispensables.
Méritant largement tout l’argent qu’ils gagnaient
Pensant que la richesse, c’est eux qui la créaient.

Bien au chaud dans leur bulle, entre gens honorables.
Ils n’avaient pour les autres qu’ignorance confortable.
Chauffeurs d’autobus, infirmières et caissières,
Agents de propreté, postiers et boulangères ,
Ouvriers, ouvrières, agents électriciens ...
fondus dans de le décors, tous ces gens n’étaient rien.

Ils s’habillèrent de jaunes, aux ronds points c’est pratique
Pour être bien visibles, discuter politique.
Réclamant bêtement plus de services publics,
Complètement impensable en bonne république !
Ils avaient grand besoin surtout d’être écoutés,
Trouver la dignité et la fraternité.
Dangereux extrémistes, casseurs, activistes
Tel fut leur portrait dans la presse macroniste.

Mais par un jour de mars, la surprise arriva,
Le coronavirus montra qu’il était là.
Beaucoup furent atteint, la peur se répandit,
Macronie débordée par cette épidémie :
Même les plus puissants pouvaient être touchés,
L’économie souffrit, affolés les marchés !
Il se passa alors un phénomène bizarre,
La corde changea de sens, vraiment pas par hasard.
Une sorte de tête à queue, un beau changement de pied.
Les derniers de cordée furent alors les premiers !
On vit que c’étaient eux les vrais indispensables.
Grâce à eux le pays restait encore vivable.
Chauffeurs d’autobus, infirmières et caissières,
Agents de propreté, postiers et boulangères,
Ouvriers, ouvrières, agents électriciens …

La parole macronienne s’y adapta très bien.
Ils furent encensés : modèles de dévouement !
Alors pour les soignants ? plus de lits, plus de gens ?
Que nenni ! des paroles et des encouragements,
Sur un ton pénétré ce sera suffisant.
De son PC de guerre : « Mes chers compatriotes,
les services publics sont notre bien commun
la solidarité est notre seul chemin.
Et bla et bla et bla et surtout blablabla...

moralité

Ce « nouveau » président croit-il vraiment tout ça ?
A vous de le penser ou de n’y croire pas !
Si vous êtes sceptiques, ne baissez pas les bras
On ne lâchera rien confinement ou pas .
Le combat continue, Attac est toujours là !


2. "La faute à qui ?" mercredi 1er avril 2020

C’est la faute à Voltaire, c’est la faute à Rousseau
la faute aux pangolins, chauve-souris et blaireaux.

On entend claironner un peu sur tous les toits
L’expression bien commode de virus chinois
Ça paraît évident, c’est venu de là-bas.
Ils ne sont pas comme nous, ils mangent n’importe quoi !
Pékinois, rats, serpents et animaux sauvages...
Le marché de Wuhan mais c’est le moyen âge !
Cependant que chez nous, modèle pour l’élevage,
De façon rationnelle les vaches, les cochons,
Sont dans les fermes usines où nous les entassons .

Les vaches deviennent folles et les moutons tremblotent
Alors là voyez-vous, alors là on chipote !
Soyons un peu sérieux posons-nous la question
Pourquoi de plus en plus y a-t-il des infections ?

C’est la faute à Voltaire, c’est la faute à Rousseau,
la faute aux pangolins, chauve-souris et blaireaux.

Une autre créature, domestique celle là
Est bien plus responsable que ces espèces là.
Prédateur tout terrain à l’appétit vorace
Au désir insatiable, mangeant tous les espaces,
Détruisant massivement l’habitat naturel,
chassant de leurs forêts les hôtes originels.
Protections naturelles, barrières biologiques,
Furent ainsi détruites et c’est bien là le hic !
Un virus animal, à l’origine bénin,
Devenu meurtrier en passant aux humains.
Mutation silencieuse porteuse de danger,
C’est ce qu’a provoqué cet apprenti sorcier
Vous l’avez reconnu cette créature là ?
Néolibéralisme il faut l’appeler comme ça.

C’est la faute à Voltaire, c’est la faute à Rousseau
La faute aux pangolins, chauve-souris et blaireaux.

Même les pays riches se retrouvent aux abois.
Des malades partout , en veux-tu en voilà.
Ça paraît évident c’est la faute des gens ,
Ils ne réfléchissent pas, ils ne sont pas prudents.
Ils sont irresponsables et peu disciplinés.
Il faut les mettre au pas et mieux les contrôler.
Faut un état d’urgence pour leur sécurité .
Renforcer le pouvoir, aller vite, c’est voté !
Quel beau tour de passe passe de notre président
Un écran de fumée sur tous les manquements.
Qui n’a pas écouté tous les avertissements
De l’hôpital public en grève depuis un an ?
Qui a coupé les vivres aux chercheurs virologues
Refusant les crédits et même le dialogue ?
Qui n’a pas tenu compte du cri de l’OMS
Demandant d’être prêts avant que n’apparaisse
A n’importe quel moment, une vaste épidémie
Désastreuse pour la vie et pour l’économie ?
Commerce mondialisé, délocalisations…
On va s’arrêter là l’inventaire serait long.

C’est la faute à Voltaire, c’est la faute à Rousseau
La faute aux pangolins, chauve-souris et blaireaux.


3. "Comme en 14"

Mais qui a commencé ? Pas moi promis, juré. (craché)
« Nous sommes entrés en guerre » ça vient de l’Élysée.
Et puisque c’est ainsi prêtons nous donc au jeu,
Voyons les ressemblances amusons-nous un peu.
Les troufions de quatorze en tenue rouge et bleue
Étaient cibles de choix pour ceux nommés « les schleus »
La tenue « horizon » arrivera plus tard,
Pour les gaz asphyxiants on mettra son mouchoir.
Alors comme en quatorze pas d’anticipation,
Il n’y a pas de masques et pas de protections .
Les ordres et contre-ordres des officiers-ministres
Pourraient-être risibles si ce n’était sinistre.
« Le masque ? dangereux n’en portez surtout pas !
Le masque c’est très bien tout le monde en aura. »
Alors comme en quatorze nos chers représentants,
Exigent la soumission même si c’est aberrant,
Toute désobéissance est une mutinerie
On ne fusille plus mais quand même on punit.

Liberté

Les troufions de quatorze écrivaient des tranchées
Leur courrier personnel était lu, censuré.
Adieu les libertés, les ordres tombent d’en haut
Et malheur à celui qui est pris en défaut.
On était dans la rue il n’y a pas si longtemps
On criait, on chantait brandissant des slogans :
« La retraite par point est une belle escroquerie
Système universel ? une sacrée tromperie. »
Maintenant, comme en quatorze, nous tous on obéit.
On complète un papier pour la moindre sortie.
En bon petit soldat on est discipliné
La stratégie du choc, elle a bien fonctionné.
Encore mieux qu’en quatorze on est sous surveillance
Au nom du corona on endort la méfiance.
Quelle opportunité d’entrer dans notre vie
Accélérer l’usage de la technologie.
Des drones nous surveillent, on n’en croit pas ses yeux
Et même dans mon village, on est sous couvre feu !
C’est promis c’est juré c’est juste provisoire
Après on oublie tout, vous pouvez bien nous croire.

Égalité

Ne rien attendre du peuple, ne pas le consulter.
Pas le temps de dire ouf et c’est déjà voté :
Mesures d’exception, adieu l’État de droit,
Nouvel état d’urgence, les ordonnances font lois.
Mépris du citoyen, corona alibi
La guerre est ennemie de la démocratie.
Aucune consultation des associations
Pour que dans les quartiers on ait des conditions
Pour pouvoir supporter cette concentration.
Du gris et du béton c’est le seul horizon,
Des familles entières entassées, confinées,
Et pas même un jardin pour pouvoir s’aérer.
Les ordres tombent d’en haut sur les petites gens
Les sanctions seront dures pas d’attendrissement.

Fraternité

Les troufions de quatorze baïonnette au canon
Ont eu un mode d’emploi : l’enfoncer jusqu’au fond.
Ceux qui sont revenus n’en dormaient plus la nuit
Oui la guerre autorise toutes les barbaries.
Alors comme en quatorze mais beaucoup plus discret
On passe les limites de l’inhumanité.
Les vieux abandonnés sur ordre politique
Perdent tous leurs repères de façon dramatique.
Il leur reste le choix : mourir de désespoir
Ou périr du covid, l’HEPAD devenu mouroir.
Sans parents, sans amis pour leur tenir la main
Au moment essentiel de notre vie d’humain.
Les proches et les soigants ne s’en remettront pas.
Un peu d’équipement pourrait résoudre ça.
Alors en Macronie, quel est le prix d’une vie ?
Oui la guerre autorise toutes les barbaries.

« RÉSISTE,
SUIS TON COEUR QUI INSISTE
CE MONDE N’EST PAS LE TIEN, VIENS
BATS TOI, SIGNE ET PERSISTE.
RÉSISTE ! » (M.Berger)


4. Retour vers le futur

Ils vivent hors du temps,
Ils vivent hors les gens
PIB et croissance
Ont seuls de l’importance.

La peste d’aujourd’hui ne s’appelle plus nazisme,
La peste a pour nom, néolibéralisme.
On ne vocifère plus, plus de gestes inquiétants
Des propos mesurés, un visage séduisant,
Un zeste de culture et de philosophie.
C’est le nouvel habit, d’une autre barbarie
Pour qui n’a d’importance que ce qui a un prix,
Pour qui les bénéfices comptent plus que les vies,
Qui accepte tranquillement des milliers de noyades
Tandis que sur leurs yachts, les riches se baladent.
Qui tient les peuples en laisse par la consommation,
La drogue des médias et leurs informations.

Ils vivent hors du temps,
Ils vivent hors les gens
PIB et croissance
Ont seuls de l’importance.

Ceux là tiennent en main, la vie des pauvres gens,
Tirant de leur travail des revenus indécents,
Leurs imposant leur rythme, disant quand travailler
Et quand se reposer, à quel âge s’arrêter.
Fixant toutes les règles pour leur seul profit
Provoquant le malheur et pas seulement ici.
Ce système est le même sur toute la planète
Totale indifférence, sauf aux bénéfices nets.
Il s’accommode bien des fausses démocraties
Dont il tire les ficelles, infiltre les partis.
Il s’accommode bien des dictatures aussi
Faire de bonnes affaires n’y est pas interdit.

Ils vivent hors du temps,
Ils vivent hors les gens
PIB et croissance
Ont seuls de l’importance.

Béni soit le covid qui jette un voile pudique
Sur l’urgence de faire face au changement climatique.
Milliards de subventions de l’État secourable
Pour sauver l’industrie, tout est envisageable.
Vive la pollution et le gaz carbonique.
On sauve les « fleurons » grâce à « l’argent magique »
Pour les services publics on ne le trouvait plus
Grâce au covid dix-neuf il est réapparu !
Urgence climatique, urgence humanitaire,
On verra ça plus tard, y a du pognon à faire.
Dans ce monde d’après, en route pour avant hier !
Une sacré aubaine pour revenir en arrière.

Ils vivent hors du temps,
Ils vivent hors les gens
PIB et croissance
Ont seuls de l’importance.

« Il faut que plus de jeunes rêvent d’être milliardaires »
Derrière cette phrase tous les maux de la Terre .
Est-ce ce monde là qu’on veut nous imposer ?
Nous n’avons qu’un seul choix celui de résister.
Comme en quarante quatre faisons notre programme,
De nouveaux Jours Heureux imaginons le trame.
Fini la concurrence, c’est une absurdité.
Opposons le commun aux intérêts privés.
Il est de belles valeurs qui ne sont pas marchandes
Et plus on les partage et plus elles deviennent grandes .
La globalisation c’est celle de la culture,
Connaissances partagées pour l’humaine aventure.
Respect des êtres humains, respect de la Nature,
Peuvent être nos piliers pour bâtir le futur.

Nous sommes dans notre temps
et nous sommes les gens
PIB et croissance
Vraiment quelle importance ?


titre documents joints

Retour vers le futur

26 avril 2020
info document : PDF
23.4 ko

"La faute à qui ?" Deuxième fable de Quelou

10 avril 2020
info document : PDF
49.3 ko

Premiers de cordée : première fable de Quelou

10 avril 2020
info document : PDF
48.2 ko

"Comme en 14" : Troisième fable de Quelou

10 avril 2020
info document : PDF
62.3 ko

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