Grande Bretagne : "LE SYSTÈME DE CAPITALISATION PRIVÉ EST EN CRISE"

ou les retraites aujourd’hui, au pays de la "libre" entreprise

Reproduction d’un article paru le 14 septembre 2004 dans La Tribune
lundi 18 octobre 2004

A Londres, nul ne le formulera aussi clairement, tant les valeurs de responsabilité individuelle sont portées aux nues. Pourtant, c’est bien à une révolution que se préparent les sujets de Sa Majesté en matière de retraite.
Le système de capitalisation privé auquel nombre de Britanniques ont confié leur avenir jusqu’à présent n’a plus leur confiance. Les revers boursiers subi par les fonds de pension à la fin du dernier millénaire ont en effet laissé des traces dans leurs comptes. « Les dix plus grosses institutions de retraite britanniques ont besoin d’injecter 50 milliards de livres pour pouvoir honorer leurs engagements vis à vis des salariés qui ont souscrit auprès d’elles » explique ainsi un expert londonien.

Nombre d’entreprises, en charge des retraites, ont brutalement abandonné la formule des prestations définies, devenues insupportables financièrement. Le scandale Equitahle Life, l’un des plus vieux assureurs britanniques , dont la quasi cessation de paiement a touché 20.000 assurés, a démontré les faiblesses du système de retraite privé.

Pour faire face au vieillissement de la population, certains responsables britanniques tournent désormais leurs regards vers le système de retraite d’Etat (par répartition). A Brighton, le secrétaire général du Trade Union Congress a prévenu le gouvernement que « les syndicats vont lutter pour défendre leurs retraites » y compris par la grève si nécessaire.

Le 14 octobre, le président de la Commission des retraites, Adair Turner, devrait rendre public son rapport sur les moyens de sortir de ce que certains n’hésitent pas à appeler « la crise de confiance dans les retraites et le système d’épargne ». Adair Turner devrait non seulement inciter le gouvernement à procéder à relever les cotisations sans attendre les prochaines élections législatives, mais aussi plaider pour un rôle accru de l’Etat.

Avant lui, la Commission des finances du parlement avait déjà privilégié l’option d’une retraite d’Etat revalorisée. « Actuellement les retraites d’Etat sont versées au plus juste, en tenant compte du patrimoine de l’ayant droit. » explique un connaisseur du dossier. Le premier ministre Tony Blair semble plutôt se rallier cette thèse que rend difficilement évitable la paupérisation grandissante parmi les classes d’âges élevés.

Enfin, les Britanniques n’échappent pas plus qu’en France au débat sur l’âge de la retraite. La Confédération de l’industrie britannique propose de le repousser à soixante-dix ans, contre soixante cinq aujourd’hui.


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