Forum Social Mondial de Porto Alegre 2003

vendredi 14 mars 2003

3ème Forum Social Mondial (FSM) de Porto Alegre 2003

Le premier Forum Social Mondial s’est déroulé en 2001 à Porto Alegre au Brésil en riposte et aux mêmes dates que le Forum Économique Mondial de Davos où les dirigeants autoproclamés de l’ordre libéral menaient une opération de relation publique à l’échelle de la planète pour vanter les bienfaits de leur action. Or les batailles engagées contre l’AMI, contre l’OMC à Seattle ont fait se retrouver côte à côte des associations, syndicats, ONG, en provenance de différents continents et aux motivations très diverses mais unis sur un objectif général « Le monde n’est pas une marchandise » et « un autre monde est possible ». Vingt mille personnes participaient à ce premier FSM, soixate mille au second en 2002, plus de cent mille au 3ème FSM.

Pourquoi le Brésil et Porto Alegre ?

La situation politique au Brésil comporte des spécificités : existence d’un grand parti, le Parti des Travailleurs (PT) qui rassemble un éventail de courants politiques allant du trotskisme à la social démocratie et au centre gauche, qui a l’expérience de l’exercice du pouvoir dans de grandes villes (Porto Alegre 1 200 000 habitants) ou des états (État de Rio Grande do Sul dont Porto Alegre est la préfecture). Ce parti a à sa tête un leader charismatique Lulla da Silva ancien ouvrier et leader de la grande centrale syndicale CUT do Brasil. Ce parti a mis en œuvre des pratiques originales de démocratie participative (cf. le budget participatif de Porto Alegre). De plus le Brésil est un pays du Sud qui est à la fois une grande puissance économique dans un continent qui est la chasse gardée des États-Unis, et un pays qui, après avoir connu la dictature militaire, s’est trouvé soumis aux politiques du FMI et de la Banque Mondiale qui n’ont fait qu’aggraver les disparités sociales qui soumettent des dizaines de millions de ses habitants à la pauvreté et à la faim. Cette situation a engendré des mouvements de résistance comme le MST (Mouvement des paysans Sans Terre) qui ont joué un rôle exemplaire dans les luttes paysannes pour l’accès à la terre.

I- Présentation du FSM 2003

A. Diversité, Foisonnement : c’est évidemment ce qui saute aux yeux en premier lieu.

1. Les thèmes traités

Le Forum Social mondial de Porto Algre en 2003 a vu se dérouler plusieurs types de réunions :

a. des conférences qui se sont tenues au Gigantinho, complexe sportif comportant le stade de football et un stade couvert de 15000 places. Sous une coupole de béton, dans une ambiance torride du fait de la chaleur de l’après-midi et de l’ambiance à la fois festive et de manifestation (manifestive) se sont succédés des conférenciers connus (Samir Amin, Susan George, Fernando Solanas cinéaste argentin, Eduardo Galeano écrivain uruguayen, Ignacio Ramonet, Adolfo Perez Esquivel, Noam Chomsky) ou moins connus (Tariq Ali écrivain pakidtanais, Medea Benjamin, pacifiste des États-Unis, Samira Maqkmalbaf (cinéaste iranienne), Chinsung Chung militante féministe coréenne), Arundathi Roy écrivaine indienne en clôture du forum) qui ont su créer des moments d’émotion et d’enthousiasme.

b. des panels, réunions rassemblant de quelques dizaines à quelques centaines de personnes.

Quinta Sala
Ces panels sont organisés selon 5 axes :
axe 1 - développement démocratique et durable
axe 2 - principes et valeurs, droits de la personne, diversité et égalité
axe 3 - médias, culture et contre-hégémonie
axe 4 - pouvoir politique, société civile et démocratie
axe 5 - ordre mondial démocratique, lutte contre la militarisation et pour la paix
Des conférenciers présentent leur point de vue sur le sujet de la réunion puis répondent à quelques questions des participants. Ces réunions se déroulent soit dansdans anciens entrepôts des Quais du port soit dans la Quinta sala (grande tente de quelques centaines de places) située non loin d’un autre lieu emblématique de Porto Alegre, " l’anfiteatro do Pôr do Sol " où se tiennent les grands rassemblements culturels (concerts) ou politiques (Lulla s’adressant aux participants au Forum) pouvant accueillir plusieurs dizaines de milliers de personnes.

c. des ateliers débats : il se déroulent à la PUC l’université catholique de Porto Alegre, immense campus comportant de nombreux immeubles accueillant la multitude (plus de 1700) d’ateliers et de débats organisés à l’initiative d’organisation ou de groupes d’organisation.

C’est là que se manifeste avec le plus d’éclat le foisonnement des échanges auxquels donne lieu le Forum. Cependant ce foisonnement a semble-t-il posé quelques problèmes d’organisation qui ont empêché de fournir dès le premier jour le programme des événements.
D’autres types de réunions ont également lieu : " témoignages ", " controverses et dialogues " etc...
Porto Alegre accueille en outre des forums parallèles (Forum Social Parlementaire, Forum mondial de l’éducation...), Forum des autorités locales pour l’inclusion sociale.... et des activités culturelles variées en divers lieu de la ville.

Enfin des initiatives prennent corps à Porto Alegre : réseau international contre la fraude fiscale, tribunal éthique des médias sur le Venezuela, Réseau Social Mondial (réseau d’information et d’écange), Réseau Mondial des Mouvements Sociaux....

2. Les participants

Ils reflètent la diversité des peuples, des pays et des situations sociales, avec compte tenu de la situation géographique une forte représentation de l’Amérique Latine et en particulier du Brésil. Femmes et hommes de tous âges sont présents avec une forte proportion de jeunes(30000 jeunes) accueillis dans le "campement intercontinental de la jeunesse ".
Mais Porto Alegre est aussi le reflet des inégalités du monde. Le continent africain est faiblement représenté, pour des raisons économiques selon toute vraisemblance.

3. Gestion sereine de la diversité

La ville accueille avec une apparente bienveillance les quelques 100 000 visiteurs qui se répandent dans la cité. Les services d’ordre dans les différents lieux d’activités ne manifestent pas un zèle excessif. Les manifestations sont sous la surveillance d’une police à cheval. Elles se sont déroulées sans incidents.

4. Pas de leadership perceptible

Les organisateurs du forum n’apparaissent pas sur le devant de la scène. Il n’apparaît pas d’homme, de femme ou d’organisation exerçant un leadership sur le FSM. Cela ne signifie sûrement pas que les coulisses du FSM ne soient pas le lieu de conflits, de tensions, mais la diversité est le garant de l’ouverture. C’est ce que l’on souhaite préserver dans Attac et que l’on constate à une toute autre échelle au cours du FSM.

B. Communauté d’objectifs, convergences

Quelques points forts de consensus semblent se dégager même si les moyens à mettre en œuvre sont encore loin de faire l’unanimité :

1. Condamnation du capitalisme financier générateur de misère, de crises, de scandales et constat d’échec des politiques des Institutions Financières Internationales : plans d’ajustement structurels, zones de libre échange sous la domination des pays du nord : (ALCA ou ZLEA : zone de libre échange des Amériques).

2. Pour la paix, contre la militarisation et contre la guerre en Irak

3. Pour une autre mondialisation : priorité à l’action contre la pauvreté, contre la faim, pour la souveraineté alimentaire, pour des emplois décents, pour le droit à l’eau, à la terre, à l’éducation, à la santé, au logement, pour un développement durable....

C. Espérance politique

L’ambiance de Porto Alegre est imprégnée de la conscience du mouvement social des points marqués contre le libéralisme depuis Seattle mais surtout de l’espoir suscité dans toute l’Amérique Latine par la victoire de Lula au Brésil et l’élection de gouvernements progressistes en Équateur et au Venezuela.

II Les événements

A. Manifestation d’ouverture

A l’image du Forum, elle est colorée, bruyante, diverse. Attac y tient une place modeste, mais néanmoins visible. Dans le cortège d’Attac José Bové est évidemment la seule personnalité connue du public et qui attire journalistes et curieux. Le cortège est animé par le dynamisme des Attac d’Amérique du Sud. Attac Japon se reconnaît à ses banderoles verticales.

B. Allocution de Lula

Plusieurs dizaines de milliers de personnes se sont rassemblées à " l’Anfiteatro Pôr do Sol " pour suivre l’allocution que Lula va adresser aux participants au forum. Malgré le barrage de la langue on ressent le charisme du personnage, l’émotion du discours, et l’espoir qu’il représente pour toute l’Amérique latine. C’est assurément une responsabilité bien lourde.

On ressent aussi par moment les divergences qui se font déjà jour chez ses partisans, notamment sur son voyage à Davos et son alignement sur le FMI.

L’article ci-dessous est issu d’Attac Info et rend compte du contenu de son intervention. (L’espoir a vaincu la peur , Auteur : Torsten Bachmann et Johannes Büttner - Traducteur : Serge Descombes )

" Dans l’amphithéâtre POR DO SOL à Porto Alegre, le président brésilien fraîchement élu Luiz Inàcio " Lula " da Silva, du Parti des Travailleurs, a pris la parole devant 50000 personnes. Pendant les 45 minutes d’un discours de bienvenue énergique, il a encouragé l’assistance à changer le Brésil et le monde.
Personne ne devrait plus mourir de faim, a dit Lula, ni en Amérique du sud, ni en Afrique ou encore en Asie. Les premières mesures de son gouvernement doivent d’ailleurs s’attaquer au problème de la faim au Brésil. Ainsi, des premiers pas ont été faits dans certaines villes. Pour financer ces projets, Lula a puisé dans le budget militaire, dont les dépenses ont récemment augmenté. A la fin de son mandat présidentiel de 4 ans, il voudrait pouvoir être fier de son bilan, notamment en ce qui concerne son action en faveur des pauvres. Car ce sont bien eux qui l’ont élu. Ainsi l’espoir a vaincu la peur.

Mais les Brésiliens sont conscients qu’une présidence de 4 ans est bien courte pour mener autant de combats. C’est pourquoi de nombreuses personnes dans l’audience levaient les bras et chantaient : " Ocho, ocho, ocho ! " (Huit, huit, huit !). De cette manière, ils exprimaient leur espoir de voir Lula enchaîner deux mandats présidentiels de suite, afin de pourvoir mener à bien son projet politique.

Lula a promis de ne pas trahir les espoirs placés dans sa politique, et ce même si rien n’était gagné d’avance. Tout le monde a le droit de faire des erreurs, sauf le président. Même s’il lui arrivait d’en commettre une, il veut que le peuple sache qu’il ne renoncera jamais à ses idéaux.

Le ton est monté d’un cran dans la salle lorsque Lula a mentionné son voyage à Davos, pour assister au Sommet Economique Mondial. Lula l’a compris, mais il veut pouvoir y parler au nom des pauvres du monde entier, lui qui se trouve à la tête de la huitième puissance économique mondiale. En remémorant son expérience de syndicaliste métallurgiste dans la région de Sao Paulo (il avait négocié avec son adversaire, un général, les revendications des grévistes), il a essayé d’expliquer que les discussions de Davos étaient, elles aussi, importantes. Là-bas, non seulement il serait la voix des pauvres, mais aussi la voix de la paix, pour avertir du danger d’une guerre en Irak.

Lula espère qu’à l’avenir, d’autres présidents dans le monde seront élus et se battront pour qu’un autre monde devienne possible. "

C. Chavez à Porto Alegre

Après avoir adressé quelques mots à la foule depuis le balcon, il est descendu prendre un bain de foule au milieu des gens qui lui manifestaient leur soutien, ce qui a donné lieu à une belle bousculade.

D. Le soutien au peuple palestinien

Le drapeau palestinien a flotté sur le FSM à l’occasion de tous les événements de ce forum. La solidarité avec le peuple palestinien mais aussi avec les israéliens qui mènent dans des conditions de plus en plus difficile, une lutte courageuse pour la paix et la création d’un état palestinien, est bien une cause mondiale. Lors de la conférence de clôture on a pu assister à une manifestation de fraternisation entre délégués israéliens et palestiniens.

III Attac à Porto Alegre

A. Attac Info

Une équipe internationale composée essentiellement de bénévoles a assuré pendant la durée du forum la publication d’un journal électronique publié quotidiennement sur le site d’Attac. L’équipe était installée au 12ème étage de l’hôtel ...... où était logée la délégation d’Attac France, et équipée d’une vingtaine d’ordinateurs en réseau qui ont subi l’attaque de virus qui a affecté l’ensemble du système informatique de Porto Alegre.

B. Attac Monde

Le dimanche 26 janvier se tenait la réunion des Attac du monde qui a débuté par une réunion des Attac d’Amérique du Sud, suivi d’une réunion des Attac d’Europe, Afrique et Asie

1. Attac en Amérique latine

(d’après Attac Info, Auteur : Isabelle Bourboulon Les " Attac’s " d’Amérique latine mettent à profit le Forum de Porto Alegre pour se réunir et jeter les bases d’une coordination continentale.)
Les " Attac’s " d’Amérique latine mettent à profit le Forum de Porto Alegre pour se réunir et jeter les bases d’une coordination continentale.

Lors du tour de table, se présentent successivement des représentants d’Argentine, Bolivie, Brésil, Chili, Équateur, Uruguay, Venezuela et...Québec. Le groupe Attac du Québec, le plus anciens créé sur le continent américain, est venu d’emblée se déclarer solidaire des Latino-américains et disposé à jouer le rôle d’une " cinquième colonne " dans la campagne qui se prépare contre l’Accord de libre-échange ALCA. Sont absents les représentants d’Amérique centrale - Attac existe depuis peu au Costa Rica et au Honduras -, de Colombie et de République dominicaine.
Premier sujet de préoccupation, l’ALCA. Déjà certains ont commencé à engager des campagnes d’information et de sensibilisation aux enjeux du futur traité de libre-échange, s’il est adopté. Les Parlementaires ont été alertés, des documents édités et diffusés, des actions symboliques réalisées. C’est le cas en Argentine qui a organisé en 2002 un Forum social. Même chose pour l’Uruguay dont le Forum a rassemblé en novembre plus de 4.000 personnes.
En Bolivie, Attac existe dans plusieurs grandes villes, comme à Santa Cruz où le groupe mène une action de sensibilisation auprès des Parlementaires sur la taxe Tobin.
Au Brésil également, plusieurs groupes se sont formés : à Rio de Janeiro, Sao Paolo et, bien entendu, l’état du Rio Grande do Sul autour de sa préfecture Porto Alegre. Mais si ici - Forum social mondial oblige - Attac est déjà fortement lié aux mouvements sociaux présents localement, les autres groupes sont encore peu développés et reconnaissent manquer de coordination au niveau national.
Au Chili, les membres d’Attac sont particulièrement actifs et se sont déplacés en nombre, cinquante, à Porto Alegre. Un journal et un livre déjà publié, entre autres, et la volonté manifeste d’engager des campagnes communes à l’échelle du continent pour améliorer la visibilité et l’efficacité d’Attac en Amérique latine.
En Équateur, pays qui a connu récemment une évolution politique favorable, Attac vit la situation particulière d’avoir désormais plusieurs de ses membres au gouvernement ! Situation d’ailleurs comparable avec celle d’Attac Venezuela dont le lancement a coïncidé avec la crise politique orchestrée par l’oligarchie pétrolière et les médias privés, et qui soutient ouvertement le gouvernement Chavez. À ce stade de la présentation, impossible d’éviter le débat récurrent sur l’indépendance du mouvement par rapport aux formations politiques. Mais ici, la question ne peut plus être posée en ces termes : de fait, les mouvements sociaux ont presque partout des liens étroits avec les partis politiques de gauche qui s’opposent à la mondialisation libérale.
Alors quelle coordination mettre en place ? Élaborer un programme commun de campagnes ou d’actions, pas trop ambitieux pour commencer en raison des difficultés matérielles et pratiques, et multiplier les relations " bilatérales ", comme celle déjà initiée entre les Attac’s d’Équateur et du Venezuela. Parmi les priorités, l’ALCA, la guerre en Irak (les Attac’s d’Amérique latine manifesteront le 15 février prochain, comme dans le monde entier) et la solidarité avec le Venezuela (une journée d’action commune est fixée au 13 avril). Dans l’agenda également, le rendez-vous de Cancun en septembre, à l’occasion du Sommet de l’OMC, et des actions de dénonciation du plan Puebla Panama.
Dans l’immédiat, quatre commissions sont créées :
 ? Échanges, communication, élaboration commune d’une réflexion critique sous la forme d’un " dictionnaire de la globalisation "
 ? Campagnes
 ? Éducation populaire
 ? Rédaction d’une déclaration commune des Attac’s d’Amérique latine.

2. Attac d’Europe, Afrique et Asie

L’assemblée des Attac d’Europe, d’Afrique et du Japon réunissait une centaine de personnes, dont trois des membres de la délégation japonaise et deux représentants africains, un Attac de Côte d’Ivoire et la vice-présidente d’Attac Burkina Faso.
Elle s’est répartie en cinq groupes de travail : OMC/ AGCS - Union européenne (convention européenne) - G-Monde - Afrique - Taxe Tobin.
Attac Pologne a demandé l’aide d’Attac Europe pour essayer de prévenir une libéralisation à très court terme de l’Europe de l’Est.
Cinq ateliers ont éte constitués :

a. La déclaration du ’’GMonde``, en réponse à la réunion du G8 début juin à Evian

L’atelier de préparation du ’’Contre G8``, qui a pris la dénomination de Gmonde pour bien mettre en opposition ce qui se préparera à Évian au début du mois de juin 2003, a travaillé sur un projet de plan de Déclaration du Gmonde. A partir de ce plan, un projet de Déclaration sera rédigé et diffusé à tous les Attac du monde qui pourront proposer des amendements. Le document final sera adopté lors de la réunion du Gmonde, à ou près d’Évian, et lu dans un lieu à déterminer en France, et simultanément dans tous les pays du monde où existe Attac, en s’appuyant sur le mouvement citoyen mondial. Le rapport Gmonde comportera une articulation sur quatre points : le monde dont nous ne voulons plus ; Messieurs du G8, c’est vous qui portez la responsabilité politique de ce monde injuste (qui introduira la question de l’illégitimité du G8) ; des politiques alternatives peuvent être mises en place immédiatement ; et enfin : l’esprit de Porto Alegre et d’Attac incarne l’espoir d’un autre monde possible.

b. Le refus de l’AGCS (GATS en anglais).

L’atelier AGCS a demandé le rejet formel de l’AGCS, avec une priorité pour l’eau. Une campagne spécifique est prévue, en vue d’agir contre Cancun. Le projet d’action n’est pas encore déterminé (donc à consulter sur le net). Ensuite viendront des stratégies sur le long terme

c. L’Europe, avec deux thématiques :

 ? la position d l’Europe sur la guerre américaine
 ? la Convention sur l’avenir de l’Europe
L’atelier Europe a proposé tout d’abord de recenser tout le travail fait par les différents Attac européens sur l’Union Européenne. Au niveau des actions possibles, trois choses sont à faire :
 ? constituer un réseau de personnes qui veulent travailler sur l’Europe ;
 ? interpeller les parlementaires européens, autour d’un texte commun, sur la guerre américaine
 ? travailler sur la Convention sur l’avenir de l’Europe (ce qui laisse une marge, car la Conférence Intergouvernementale n’aura lieu qu’en juin 2004).

d. La mise en place d’une coordination européenne à propos de la Taxe Tobin (proposition émise par la délégation finlandaise}

De nombreux pays y étaient représentés : Finlande, Danemark, Allemagne, France Italie, Brésil bien sûr, mais aussi d’autres pays européens et sud américains. Ils son tombés d’accord sur le fait qu’Attac Europe devait lancer une nouvelle campagne, au printemps 2003, prônant la mise en place de la Taxe Tobin. Un groupe de travail ouvert, composé entre autres d’Anders Lund (Attac Danemark), Heikki Patomäki (du NIGD, l’Institut pour la Démocratisation Mondiale) , Peter Wahl (Attac Allemagne), et Elsa Jacqebin (assistante de Harlem Désir, Membre du Parlement Européen) a pour tâche de préparer un document de travail pour la réunion d’Attac Europe, prévue en avril. Chaque Attac national devra étudier le Projet de Traité sur la Taxe sur les Transactions Monétaires, pour mettre la pression sur son propre gouvernement. Afin d’appeler à une première conférence internationale pour discuter de la mise en place de la Coordination Taxe Tobin.

e. Un atelier spécifique aux problèmes africains.

L’atelier Afrique comprenait, outre les deux délégués africains, cinq représentants français et un représentant finlandais, la Finlande ayant " sponsorisé " le Burkina Faso pour lui permettre d’assister au FSM. La représentante burkinabé n’a pas cachê son regret de n’avoir pu participer à un atelier qui aurait regroupé la thématique européenne et africaine. En effet, a-t-elle expliqué, les conflits sanglants qui enflamment la Côte d’Ivoire et le Burkina ne sont rien d’autre que des génocides organisés par un réseau européen, et qu’aujourd’hui la France n’intervient que pour protéger ses intérêts. Attac Afrique a besoin d’urgence d’échanges avec l’Europe.
Le communiqué suivant a été publié à la suite de la réunion.
Communiqué de presse Attac Réunion Internationale
Des délégués de 30 pays ont discuté de nouvelles structures, questions et campagnes.
Le dimanche 26 janvier, les délégués d’Attac de 30 pays d’Asie, d’Afrique, d’Amérique Latine et d’Europe se sont réunis pendant le Forum Social International à Porto Alegre. Susan George, vice-présidente d’Attac France, a été très émue par le grand nombre de personnes présentes :
" En 30 ans d’engagement politique, je n’ai jamais été si optimiste. "

Attac est l’un des 8 groupes organisateurs du Forum Social International de Porto Alegre. Les activistes se sont mis d’accord sur une nouvelle structure de communication, de nouvelles questions à traiter ainsi que sur des campagnes internationales appelant à un moratoire du GATS (AGCS), la fermeture des paradis fiscaux, l’introduction de la Taxe Tobin et la résistance contre l’Association de Libre-échange des Amériques (FTAA en anglais, ALCA en espagnol, ZLEA en français)..

Étant donné qu’Attac est en train de devenir un mouvement international, le travail futur sera basé au niveau continental. A Porto Alegre, des réunions d’Attac Afrique, Amérique et Europe se sont tenues. Sur ces trois continents, Attac grandit rapidement.

Étant donné aussi la " mondialisation " du mouvement, l’ordre du jour d’Attac s’élargit. En plus des questions traditionnelles sur le marché financier, Attac travaille maintenant sur un grand nombre de régimes d’échanges commerciaux injustes et, de plus, beaucoup de groupes Attac sont actifs dans des campagnes contre la guerre en Irak. Dans le futur, Attac va se concentrer sur quatre campagnes internationales qui sont partiellement globales et partiellement continentales. La campagne contre le GATS sera intensifiée afin de stopper ce traité de l’Organisation Mondiale du Commerce dont le but est de libéraliser et privatiser des services tels que l’éducation, la culture, la santé et l’eau. Susan George a fait les commentaires suivants : " Le GATS est une menace pour les hommes et femmes du monde entier. Nous voulons arriver à un moratoire sur les négociations du GATS afin d’évaluer les conséquences de la libéralisation du marché. " Une autre campagne mondiale vise à la fermeture des paradis fiscaux et à l’établissement d’une justice fiscale entre les multinationales et les petites entreprises ainsi qu’entre le revenu du capital et du travail. Une troisième campagne sera concentrée sur l’implémentation de la Taxe Tobin au niveau européen. Finalement, les groupes Attac des Amériques s’uniront et intensifieront leur opposition à l’Association de Libre-échange des Amériques (FTAA en anglais, ALCA en espagnol).

Les prochaines stations du " mondial express " seront la réunion du G8 en France du 1er au 3 juin et la 5ème conférence ministérielle de l’Organisation Mondiale du Commerce en septembre à Cancun au Mexique, dont outre le GATS, l’expansion de l’Organisation Mondiale du Commerce dans d’autres domaines est aussi à l’ordre du jour, comme par exemple l’approvisionnement et l’investissement des gouvernements.

Pour Évian, une déclaration commune de tous les groupes Attac du monde est en cours de préparation :
Un nouveau site Internet sera dédié à la couverture en direct et dans plusieurs langues de différents événements concernant Attac et la mondialisation. www.attac.info est supposé faire partie des médias alternatifs. Pendant le Forum Social International, un groupe de 60 activistes a produit des articles, des photos et des programmes audio en 6 langues. De plus, " attac.info " fournira des informations sur les campagnes internationales d’Attac.
Pendant la réunion, les activistes d’Attac à Porto Alegre ont déclaré leur solidarité avec Attac Suisse et la conférence alternative " L’Autre Davos. " Les délégués d’Attac se sont inquiété du fait de l’interdiction de la manifestation par la police à Davos et qu’une fois de plus des droits fondamentaux aient été restreints au nom de la mondialisation néo-libérale.

IV En guise de première conclusion

Le premier sentiment c’est d’avoir été pris dans un tourbillon, d’avoir navigué à vue, d’avoir été par moment un peu écrasé par la dimension de l’événement, d’avoir été plus consommateur qu’acteur. On revient la tête pleine d’images, de sons, d’idées et de débats. La part active de notre participation commence dès le retour pour essayer de restituer ce que l’on a vécu, ce que l’on a compris et les enseignements qu’on peut en tirer pour notre action au niveau local.

Je retiendrai les mots de Arundhati Roy qui a clôturé la série des conférences tenues au Gigantinho (traduits par Attac 82) qui envoient, à l’égal de Susan George deux jours auparavant, un message de confiance et de combativité :

" Notre stratégie devrait être non seulement d’affronter l’Empire mais d’en faire le siège. De le priver d’oxygène. De lui faire honte. De nous moquer de lui. Avec notre art, notre littérature, notre obstination, notre joie, notre classe, notre absolue implacabilité - et notre capacité à raconter nos propres histoires. Histoires qui sont différentes de celles qui doivent procéder à un lavage de cerveau pour être crues.
La révolution du business échouera si nous refusons d’acheter ce qu’ils vendent, leurs idées, leur version de l’histoire, leurs guerres, leurs armes, leur notion de l’inévitable.

Rappelez-vous ceci :nous sommes nombreux et ils sont peu.

Ils ont besoin de nous plus que nous n’avons besoin d’eux.

Un autre monde est non seulement possible, mais il est en route.

Par temps calme, je peux entendre son souffle. "


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