Nelson Mandela demande au G7 d’effacer la dette africaine 04/02/ 2005 (Reuters - 23:16)

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jeudi 10 février 2005

LONDRES - L’ancien président sud-africain Nelson Mandela a lancé un appel pressant aux pays les plus riches du monde à aider l’Afrique à sortir de la pauvreté en effaçant sa dette.

"Ne tardez pas pendant que les pauvres gens continuent à souffrir", a lancé vendredi le prix Nobel de la paix aux ministres des Finances du Groupe des sept pays les pays riches dont le sommet s’ouvrait ce vendredi soir à Londres par un dîner.

L’ancien prisonnier politique âgé de 86 ans figure parmi les invités du G7, dont le Royaume-Uni assure la présidence cette année, censés soutenir le plan du chancelier de l’Echiquier Gordon Brown d’aide aux pays pauvres et notamment à l’Afrique.

Le G7 comprend les Etats-Unis, le Canada, le Japon, l’Allemagne, la France, le Royaume-Uni et l’Italie.

"Nous sommes ici pour réclamer justice," a déclaré Mandela assis entre sa femme Graca Machel et Gordon Brown. Il a demandé que les pays les plus riches fournissent 50 milliards de dollars d’aide annuelle pendant les dix prochaines années, conformément aux propositions du chancelier de l’Echiquier.

"Nous avons besoin d’action pour une annulation de la dette à 100%, multilatérale comme bilatérale, pour supprimer les fardeaux du passé et donner aux gens la liberté aux gens", a encore déclaré Mandela.

"Vous avez la capacité de faire cela aujourd’hui. Aussi, je vous demande d’agir cette nuit", a-t-il ajouté.

Mandela, dont le seul fils qui lui restait est mort du sida le mois dernier, s’est dit optimiste sur la volonté du G7 d’aborder la question du sida qui dévaste l’Afrique.

"Si nous n’agissons pas maintenant (...) cela deviendra un tel problème à l’avenir que le monde n’aura pas assez de ressources pour le traiter", a déclaré Mandela.

Mandela avait déjà préparé le terrain à son appel au G7 jeudi en déclarant devant plusieurs milliers de personnes réunies à Trafalgar Square à Londres que "la pauvreté écrasante et les inégalités indécentes" étaient des fléaux comparables à l’esclavage et à l’apartheid et qu’ils devaient être éradiqués.

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Le CADTM France soutient la demande de Nelson Mandela pour l’annulation totale de la dette de l’Afrique

A l’occasion de la réunion des ministres des Finances du G7 ce vendredi à Londres, l’ancien président sud-africain Nelson Mandela a exhorté les pays riches à annuler 100% de la dette de l’Afrique et à doubler l’aide publique au développement.

La dette extérieure publique de l’Afrique subsaharienne, estimée à 175 milliards de dollars, étrangle les populations et les économies du continent noir. Aucun développement n’est possible tant que cette dette immorale, et largement odieuse, subsiste.

Les initiatives précédentes d’allégement de la dette, comme l’initiative Pays pauvres très endettés (PPTE), ont échoué : les pays concernés doivent rembourser 2,6 milliards de dollars en 2005, soit davantage qu’en 2003 (2,4 milliards de dollars), comme l’a confirmé la CNUCED récemment.

Le prétexte de la mauvaise gouvernance pour refuser l’annulation de la dette n’est pas valable. Aujourd’hui, dette et corruption sont très élevées car elles s’alimentent mutuellement. Au contraire, abolir la dette permet enfin de se donner les moyens de lutter efficacement contre la corruption.

C’est pourquoi le CADTM demande, comme Nelson Mandela, l’annulation totale et immédiate de la dette extérieure publique de l’Afrique. S’il ne décidait pas un geste aussi fort, ce sommet du G7 ne pourrait prétendre apporter une réponse à la hauteur de l’enjeu : il en va des conditions de vie - et bien souvent de survie - de quelque 800 millions d’Africains.

Le CADTM réclame également des mesures permettant à l’Afrique de financer son développement sans recourir à l’endettement : aide publique au développement à 0,7% du produit national brut des pays riches (comme ils s’y sont engagés) et entièrement sous forme de dons, que l’on pourrait rebaptiser " réparations " ; taxes internationales et impôt mondial sur les grosses fortunes en vue d’une redistribution importante de la richesse ; récupération des sommes détournées par les classes dirigeantes corrompues et suppression des paradis fiscaux.


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