Genèse du "Procès de la dette"

dimanche 4 mai 2003

Après avoir fait deux exposés-débats lors de Café Citoyen d’ATTAC Aix, l’un en 2001, sur l’historique de la dette, ses mécanismes et les alternatives, puis un autre sur la dette en Argentine, exposés que nous avons fait tourner dans la région, le groupe Aix / Sud Lubéron, en septembre 2001 a cherché à renouveler l’approche d’un débat sur la dette.

Après avoir fait deux exposés-débats lors de Café Citoyen d’ATTAC Aix, l’un en 2001, sur l’historique de la dette, ses mécanismes et les alternatives, puis un autre sur la dette en Argentine, exposés que nous avons fait tourner dans la région, le groupe Aix / Sud Lubéron, en septembre 2001 a cherché à renouveler l’approche d’un débat sur la dette. Nous nous sommes souvenus du « Procès de la Dette » écrit et joué par les femmes de Dakar en ouverture de la conférence de Dakar 2000. Nous ne savions pas où nous nous engagions ! Il fallait être, comme nous l’étions, sans connaissance théâtrale particulière pour nous lancer dans une telle aventure avec 15 acteurs, tous comédiens amateurs, deux percussionnistes, tous débordés certains chargés de petites familles, venant en outre des quatre coins de la région, Aix, Pertuis, Marseille, Marseille , Gardanne. Arriver à rassembler régulièrement tous les comédiens pendant plus d’un an, sans en perdre trop en cours de route a tenu du miracle ….et a nécessité beaucoup d’énergie et de motivation.
D’abord il a fallu trouver d un terrain d’entente entre ceux qui trouvaient le texte trop long et didactique et voulaient l’élaguer et ceux qui affirmaient que le texte passerait très bien, s’il était bien jouer, qu’il ne fallait pas y toucher pour lui garder sa cohérence. Cela a pris quelques séances….Finalement, nous l’avons gardé le texte sans rien modifier, pariant sur le jeu des acteurs. C’était une bonne idée ! Nous en avons même rajouté, puisque nous avons inventé un personnage supplémentaire, le clown chargé d’égayer l’atmosphère, en quelque sorte « d’alléger la dette », à la fois par son côté décalé, « à côté de la plaque », et par son humour noir. Il circule au milieu du tribunal en brandissant des pancartes vantant ironiquement les bienfaits du libéralisme économique, de la croissance macro à un dollar par jour, des indicateurs économiques euphorisants. Ca aussi, c’était une bonne idée venant du groupe, car il faut préciser que le metteur en scène, nous ne l’avons jamais trouvé, et nous avons découvert qu nous pouvions nous en passer.
Alors que nous étions enfin prêts le 7 octobre 2002, fatalité catastrophique, la commission de sécurité de la mairie décide d’inspecter la salle. Le verdict tombe, interdiction de jouer, annulation du spectacle. C’était un gros coup dur, toute la campagne d’information étant faite.

Nous nous en sommes relevés ! Finalement, le 16 janvier 2003, c’est le grand jour ! Rien de terrifiant à l’horizon, pas de tempête de neige bloquant les routes, pas d’épidémies de grippe parmi les comédiens, ni de jambe cassée. Le public arrive. Des étudiants sénégalais en premier…Bonjour l’angoisse ! De quoi avions-nous l’air avec nos déguisements africains très …approximatifs, parlant avec …l’accent marseillais ! Un grand doute nous a de nouveau saisi. La salle est archi-comble, c’est au moins un succès pour le nombre, il faut maintenant assurer ! Et moi, qui n’avait aucune intention de jouer à l’origine et qui n’était jamais montée sur scène, me voila à faire le clown, à sourire d’un air béat, à faire las pointes comme une danseuse dans un procès très sérieux. M’en relèverai-je dans ma propre ville ? Avec pleins de gens que je connais dans le public ? Et puis, ça marche, le public rigole franchement au passage du clown (la magie du nez rouge), le public interpelle les accusés et encourage les victimes, il réagit à chaque instant, il y a de l’ambiance dans la salle, ça nous donne du punch, le rythme s’accélère. Applaudissements. Nos ne sommes pas si mauvais que ça alors ?

Et puis, à l’ouverture du débat, ce que nous n’espérions vraiment pas : Un des étudiants sénégalais se lève et déclare être un homme Lebou, de la même ethnie que l’une des victimes. Il est ému aux larmes par la pièce et s’y retrouve totalement. On en pleurerait presque nous aussi tellement on craque. Un grand moment d’émotions qui font oublier les galères.
Sur cette lancée, nous allons rejouer le 29 Avril à Pertuis, le 24 mai à Martigues et le 27 mai au Jas de Bouffan à Aix.
Merci aux femmes de Dakar qui ont écrit et joué cette pièce. Leur argumentaire a été parfaitement compris !
Nous sommes convaincus après cette expérience que le théâtre est un excellent moyen pour faire comprendre le problème de la dette et susciter un débat comme ce fut le cas à Aix : le débat qui a suivi a suscité de nombreuses questions sur l’historique de la dette, les PPTE, les PAS etc…
Raymonde Lagune

La cour et les accusés
Les accusées
Le clown et le procureur
Mademoiselle la Banque Mondiale
Ndella

Accueil | Contact | Plan du site | | Statistiques du site | Visiteurs : 1828 / 506295

Suivre la vie du site fr  Suivre la vie du site ARCHIVES  Suivre la vie du site Groupes thématiques  Suivre la vie du site Dette, rapport Nord-Sud   ?    |    titre sites syndiques OPML   ?

Site réalisé avec SPIP 3.1.6 + AHUNTSIC

Creative Commons License