FETE D’ATTAC 13 : Le problème de la dette des pays du tiers monde y était bien présent

Course inéquitable animée par Victor NZUZI, paysan militant de RDC : Compte-rendu et photos
mercredi 19 octobre 2005 par Guillemette

Au stand du CADTM (Comité pour l’Annulation de la Dette du Tiers-monde), documentation et panneaux rappellent que la dette est au coeur du système économique mondial, qu’elle est la nouvelle forme du colonialisme qui permet aux pays riches de dominer les pays pauvres.
Ce constat trouve une expression ludique dans une course où s’affrontent pays riches du G8 et pays pauvres très endettés (PPTE), Victor Nzuzi, militant paysan de la République démocratique du Congo joue les reporters sportifs pour commenter la course de manière très enlevée.

Course inéquitable :

Partez pour la course inéquitable

les concurrents ne sont pas à égalité. Les PPTE traînent le boulet de la dette, enchaîné à leurs pieds et n’ont qu’une maigre bourse pour faire face aux coups durs. Les G8, eux, exhibent une bourse bourrée de dollars et d’euros.
Une sorte de Monsieur Loyal au chapeau garni d’une liasse de dollars incarne le FMI. C’est lui le maître du jeu. Il donne le signal du départ de la course semée d’obstacles marqués par des
caisses en plastique. Il encourage ou réprimande selon des intérêts qu’il partage avec la Banque Mondiale etl’Organisation Mondiale du Commerce.

Premier tour de piste.

Séisme, tsunami constituent le premier obstacle : les G8 le sautent allègrement puis regardent les PPTE qui rampent péniblement sur la caisse qui symbolise les catastrophes naturelles. Un G8 coiffé d’un casque de chantier propose contre finances un sac de
ciment aux PPTE... Les maladies (sida, paludisme...) sont le deuxième obstacle.
Les PPTE font la queue à l’hôpital. Un soignant dont le dossard proclame "la récupération des coûts" reçoit ceux qui peuvent payer et refoule les autres. Les G8, l’air peu concernés par ces maladies s’agglutinent autour d’un panneau publicitaire qui propose des recettes pour acquérir une minceur de mannequin et jonglent avec les médicaments que les PPTE ne peuvent se payer.
A la fin du premier tour, les concurrents passent devant Monsieur FMI qui remet une deuxième bourse bien garnie aux G8, toujours plus riches, et un deuxième boulet aux PPTE dont la dette s’alourdit.

Le FMI

Deuxième tour de piste.

La sécheresse est le troisième obstacle : les PPTE, désespérés, agitent un arrosoir vide tandis que les G8 se baignent dans une (mini) piscine. Un PPTE donne ses derniers dollars à un G8 qui lui vend une bouteille d’eau minérale. Arrive la famine, quatrième obstacle : les PPTE se précipitent sur les arêtes de poisson que leur jettent les G8 attablés pour manger des filets de...(devinez quoi !). Dernier obstacle (mais on pourrait en évoquer bien d’autres), la pollution.
Cette fois, les G8 ouvrent leur bourse pour que les PPTE se chargent de leurs déchets. Produits radioactifs ou chimiques comme ceux de l’Union Carbide sont jetés dans un grand sac poubelle marqué d’une tête de mort. Les G8 y ajoutent des ballons de CO2 et autres gaz polluants. Les PPTE traînent péniblement cette cargaison toxique. Certains tombent quand les ballons explosent.

PPTE

Fin de la course et verdict du FMI.
Aux G8 vainqueurs, il offre une mappemonde. Dans une parade finale, les G8 dansent en jouant avec le monde qu’ils possèdent...Aux PPTE, le FMI attache...un troisième boulet : c’est l’engrenage infernal de la dette !!
Mais les PPTE, d’abord accablés se révoltent : réunis dans une ronde, ils crient de plus en plus fort « ANNULEZ LA DETTE ! », cri reprit par les spectateurs.

Les figurants, recrutés pour la plupart juste avant le spectacle, ont mimé leur rôle avec beaucoup d’inventivité pour compenser l’absence de répétition. Il en est résulté parfois une joyeuse pagaille.

Victor commente la course inéquitable

Heureusement Victor Nzuzi était là pour donner du sens à la mise en scène d’une manière très humoristique.Il faut avouer que nous n’aurions pas pu trouver commentateur plus éloquent ni plus concerné. Victor Nzuzi, militant paysan de la RDC vit en effet au quotidien dans son village les effets dévastateurs des politiques d’ajustement structurels imposées par le FMI et les dénonce dans de nombreux forums sociaux. Dans le débat qui suit, il approfondit ses commentaires et témoigne de ce qui se passe dans son pays, très endetté par suite de la guerre mais aussi par la construction de barrages gigantesques qui ne profitent pas à la population. Dessin à l’appui, il rappelle comment le
barrage d’Inga sur le bas Congo a été construit pour fournir de l’énergie aux mines du Katanga auquel il est relié par une ligne à haute tension de 1900km qui n’alimente pas en électricité les villages qu’elle survole. Pour payer sa dette, le Congo doit accepter les lourdes contraintes du FMI et de la BM : privatisation des services publics, libéralisation des échanges. Les pauvres financent les riches.
C’était écrit sur le tee-shirt de Victor...


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