La précarité a un genre en France, le féminin

%Commission Femmes et Mondialisation ATTAC Pays d’Aix%
dimanche 30 avril 2006 par Claudine Blasco

Femmes de ménage, serveuses, caissières, aides à domicile, aides soignantes.... elles cumulent temps partiel, CDD, intérim, CNE. Précaires, chômeuses, mères seules, immigrées, retraitées, sans domicile fixe, elles sont les travailleurs pauvres, le nouveau sous-prolétariat.

Définition de la précarité : situation d’instabilité et de discontinuité, ruptures de parcours professionnels et personnels ; la précarité entraine trop souvent la pauvreté, elle augmente les inégalités de genre ;

En France en 2003 (rapport CNAF) plus de 7 millions de personnes vivaient sous le seuil de pauvreté européen (soit 60% du revenu médian fixé à 774 euros /mois pour une personne seule). Les catégories sociales les plus représentées dans ce groupe sont les femmes seules avec enfant et les moins de 25 ans, il faut s’attendre à une possible remontée de la pauvreté des personnes âgées seules dont 2/3 sont des femmes (rapport de Fév 2006 remis au gouvernement). Elles sont 36% des SDF . Et elles sont de plus en plus victimes de maladies liées à la pauvreté : tuberculose, saturnisme, obésité...

Il y a 5 millions de femmes et 1 million d’enfants qui vivent sous le seuil de pauvreté.

Et pourtant les femmes sont de plus en plus nombreuses à travailler (80% pour les 25 à 54 ans) . Leur pauvreté s‘explique par le fait qu’elles sont 83% des travailleurs à temps partiel et que 30% des femmes actives sont à temps partiel contre 5% des hommes actifs.

Le temps partiel concerne aujourd’hui 17% de l’emploi total et n’a cessé d’augmenter depuis le milieu des années 1990, sous l’influence de politiques d’allègement de cotisation sociale pour les entreprises. Il s’est développé pour mettre en place la flexibilité du temps de travail et de la main d’œuvre, prônée par le néolibéralisme. Il permet de reporter une grande partie du risque de fluctuation du marché sur les salarié-e-s.

Le temps partiel s’appuie sur les stéréotypes sexistes basés sur l’inégal partage des tâches domestiques et parentales, hypocritement présenté comme une souplesse offerte aux femmes mais concrètement au seul profit des entreprises.

La relation est très forte entre emplois à temps partiel et emplois non-qualifiés à bas salaires, près de 80% des salariés à bas salaires sont des femmes dont 74% à temps partiel.

Les secteurs employant le plus de temps partiel sont aussi ceux qui emploient le plus de smicards (commerce de détail, nettoyage, services aux particuliers....) Près de 500 000 femmes font moins de 15h par semaine. Enfin les salarié-e-s à temps partiel sont beaucoup moins en CDI que les temps complet et viennent plus du chômage que d’un temps complet.

Le temps partiel est l’une des causes principales des inégalités professionnelles hommes-femmes : notamment de l’écart moyen de 25% ( rapport 2004 Droits des Femmes et Egalité des Chances) entre les salaires des hommes et des femmes, mais aussi du cantonnement de nombreuses femmes dans les bas et très bas salaires et par conséquent de l’écart moyen de 40% entre les retraites des hommes et des femmes.

C’est dans la fonction publique , qu’il y a le plus de précarité et que la majorité des agents de l’état sont des femmes.

Les filles ont un meilleur parcours scolaire que les garçons mais l’orientation et la discrimination sur le marché du travail les enferment dans des emplois moins valorisés et sous-payés. La proportion des femmes cadres n’est que de 36% car beaucoup se heurtent au « plafond de verre ».

Les migrantes sont encore plus touchées que les autres par le chômage, le temps partiel et les très bas salaires.

Quand aux femmes handicapées, elles sont celles qui souffrent le plus de discrimination à l ??embauche.

A nous de déchirer le voile de silence et de tolérance sociale qui entoure ce phénomène de féminisation de de la précarité, comme si la pauvreté était plus supportable et acceptable quand elle touche les femmes.

Pour la commission Femmes , Genre et Mondialisation ATTAC Pays d’Aix

Claudine Blasco

Mars2006


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