Forum Social Mondial à Naïrobi : Une autre Afrique est possible !

dimanche 21 janvier 2007

Trois documents sur le FSM
- Le Courriel "Grain de Sable" n° 560 d’Attac France "7ème édition du FSM : Une autre Afrique est possible est entièrement consacré au FSM. Grain de sable reparait régulièrement.
- Le dossier de Politis n°935 est consacré au FSM
- 7ème édition du Forum Social Mondial : Le défi africain
par CADTM international

Liens de ces documents dans l’article

- Le Courriel "Grain de Sable" n° 560 d’Attac France "7ème édition du FSM : Une autre Afrique est possible est entièrement consacré au FSM.

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7ème édition du FSM : une autre Afrique est possible !
La septième édition du FSM se déroulera du 20 au 25 janvier 2007 à Nairobi au Kenya. Plusieurs dizaines de milliers de Kenyans y sont attendus, et plusieurs milliers de délégués d’organisations du monde entier. Un millier d’activité y sont enregistrées dans un cadre autogéré similaire à celui de Porto Alegre en 2005. Une délégation d’Attac France, composée d’une vingtaine de personnes, y participera autour de sujets comme les taxations internationales, l’annulation de la dette, les alternatives au libre-échange,la situation africaine, le défi écologique, l’exclusion, la question féministe, le renforcement du mouvement altermondialiste... Convoqué pour la première fois en 2001 dans la ville brésilienne de Porto Alegre par des organisations civiques locales, le FSM s’y est tenu à trois reprises avant de se déplacer à Mumbai, en Inde, en 2004, revenir à Porto Alegre en 2005, et s’organiser en 2006 en trois endroits : à Bamako au Mali ; à Caracas au Venezuela ; et au sein de la capitale économique du Pakistan, Karachi. Cette année, le FSM est à nouveau concentré en un seul lieu et c’est le continent africain qui est mis à l’honneur. L’enjeu est important : il s’agit d’approfondir et d’élargir le processus des Forums sociaux à toute l’Afrique et ainsi de rendre visibles les acteurs de la transformation sociale et démocratique sur ce continent ; renforcer le processus de convergences des mouvements sociaux à l’échelle mondiale ; poursuivre le travail d’élaboratoin d’alternatives à partir de l’orientation stratégique qui s’est progressivement imposée à travers les Forums et que rappelle Gus Massiah dans ce numéro du Grain de Sable : "à l’organisation des sociétés et du monde par l’ajustement au marché mondial et la subordination au marché mondial des capitaux, nous opposons l’organisation des sociétés et du monde autour du principe de l’accès aux droits pour tous".

Dans ce numéro

1. UN NOUVEAU CYCLE DES FORUMS SOCIAUX MONDIAUX
Le mouvement altermondialiste n’est pas en panne. Il est de bon ton d’annoncer son essoufflement, et pourtant il ne cesse de s’élargir et de s’approfondir. Elargissement géographique d’abord comme en témoigne les Forums sociaux mondiaux de Porto Alegre, Mumbaï et demain Nairobi ; le forum polycentrique de Bamako, Caracas et Karachi ; les forums continentaux et les forums nationaux dont celui des Etats-Unis en juin 2006 à Atlanta ; la cascade ininterrompue des forums locaux. Elargissement social avec les mouvements paysans dont les mouvements de sans-terre, les syndicats ouvriers, les No-Vox dont les Dalits, les comités de quartiers dégradés et de bidonvilles, les forums de migrants, la marche mondiale des femmes, les camps de jeunes. Elargissement thématique avec les forums thématiques comme ceux de l’éducation, de l’eau et les forums associés des autorités locales, des parlementaires, des juges, etc. (...) par Gustave MASSIAH

2. DYNAMISME ET DEFIS DES MOUVEMENTS SOCIAUX DANS LE SUD Comprendre les mouvements sociaux du Sud - les conditions de leur émergence, leurs stratégies et leurs portées - demande avant tout de porter l’attention sur la spécificité des contextes sociopolitiques, institutionnels et économiques dans lesquels ils s’enracinent. La diversité des situations s’impose à l’observateur - quoi de commun entre le Venezuela « bolivarien » et les monarchies du Golfe ? -, au point que la tenue d’un discours général sur « les mouvements sociaux du Sud » semble difficile à concevoir. Reconnaissons cependant un grand trait commun aux pays du Sud, qui n’est pas sans conséquences sur l’évolution de leurs sociétés civiles : aucun d’eux n’échappe à deux tendances qui correspondent à deux discours forts de la communauté internationale - l’impératif démocratique d’une part et la libéralisation des marchés de l’autre. Bien sûr, comme toutes les tendances, celles-ci se déclinent et se combinent différemment d’un pays ou d’une région à l’autre, et sont objet de résistances et d’instrumentalisations diverses par les acteurs sociaux et institutionnels, internes et externes. (...) Par François POLET

3. UNE RAME DE MÉTRO EN MOUVEMENT
Selon les grands médias, adeptes, comme les marchés financiers, de la prédiction créatrice (la fameuse self-fulfilling prophecy), ce que l’on appelle le mouvement altermondialiste serait entré dans une période de basses eaux. Pour se faire une opinion raisonnée sur la question, encore faudrait-il être en mesure de définir ce mouvement, de mettre au jour ses objectifs proclamés et ceux qu’il a atteints, et surtout de réfléchir à la place qu’il sera conduit à occuper dans des contextes politiques nouveaux. Des contextes qu’il a d’ailleurs lui-même contribué à façonner. (...) Par Bernard CASSEN

4. L’ENVIRONNEMENT, UN ENJEU MAJEUR POUR LES FORUMS SOCIAUX MONDIAUX Parmi les neuf espaces proposés pour les activités du Forum de Nairobi, les documents préparatoires indiquent « l’accès universel aux biens communs et à la nature ». C’est une vraie question car les forces économiques qui dominent le monde s’acharnent à accaparer la nature et les biens communs de l’Humanité, pour les transformer en champs de profit ; Le résultat de cet accaparement, c’est précisément le refus du libre accès à ces ressources et richesses ; les premières victimes en sont les peuples du Sud qui en dépendent directement pour leur subsistance. (...) Par Jean CHESNEAUX

5. MANIFESTE NON GOUVERNEMENTAL EURO-AFRICAIN SUR LES MIGRATIONS, LES DROITS FONDAMENTAUX ET LA LIBERTE DE CIRCULATION Nous, acteurs des sociétés civiles d’Afrique subsaharienne, d’Afrique du Nord et d’Europe, réunis en Conférence non gouvernementale euro-africaine les 30 juin et 1er juillet 2006 à Rabat, indignés par la guerre aux migrants qui s’amplifie d’année en année le long des côtes méditerranéennes et atlantiques, refusons la division de l’humanité entre ceux qui peuvent circuler librement sur la planète et ceux à qui cela est interdit, refusons également de vivre dans un monde aux frontières de plus en plus militarisées qui segmentent nos continents et veulent transformer chaque groupe de pays en forteresse. (...) http://www.migreurop.org/article926.html

6. LES AFRICAINES DANS LE PIEGE DE LA PAUVRETE ET DES MALADIES Un des principaux avatars de la féminisation de la pauvreté est la vulnérabilité des femmes africaines face à des fléaux comme le VIH Sida, affirme Mouhamadou Tidiane Kassé. Peu d’argent est investi sur la recherche médicale des pandémies qui affectent plus les femmes et les stratégies néo-libérales dénient à ces innocentes victimes l’un de leurs droits les plus élémentaires, à savoir l’accès à des soins de santé. Malheureusement, le mouvement altermondialiste n’a pas encore pu infléchir cette dynamique dictée d’en haut. (...) Par Mouhamadou Tidiane KASSE

7. LA LUTTE POUR L’ANNULATION DE LA DETTE DANS UNE PERSPECTIVE HISTORIQUE A l’échelle historique, la lutte internationale pour l’annulation de la dette des pays du Tiers Monde est assez récente : elle a à peine plus de vingt ans. Elle rejoint de grands combats et de grandes campagnes internationales comme celle en faveur de l’abolition de l’esclavage (18e-19e siècles), celle en faveur de la journée de huit heures (à la base de la fête du 1er mai dès la fin du 19e siècle), celle pour le suffrage universel, celle pour l’égalité homme-femme, et j’en passe de nombreuses, tout aussi importantes, qui ont marqué et marquent encore la lutte des opprimés pour leur émancipation. (...) Par Eric TOUSSAINT

- Le dossier de Politis n°935 est consacré au FSM

- 7ème édition du Forum Social Mondial : Le défi africain
par CADTM international

le 18 janvier 2007

A la veille du 7ème Forum social mondial qui se déroulera du 20 au 25 janvier à Nairobi au Kenya, tous les yeux sont braqués vers l’Afrique. Si le Forum social mondial polycentrique de Bamako avait déjà permis la convergence des mouvements sociaux régionaux, cette fois, c’est toute l’Afrique qui porte le défi de sensibiliser et de mobiliser les forces anticapitalistes. L’enjeu est important puisqu’il s’agit de renforcer l’enracinement du processus du FSM en Afrique, mais aussi de renforcer la visibilité des actions des mouvements sociaux et acteurs africains. Dans sa phase actuelle, le FSM constitue donc bien plus qu’un simple sommet de protestation face au forum économique de Davos mais bien un espace de construction d’alternatives à la globalisation néolibérale.

L’importance des FSM au sein du mouvement altermondialiste.

La décision de tenir le 7e FSM en Afrique fut prise en 2005 et, depuis lors, on assiste à sa concrétisation. A l’heure actuelle, il y a plus de 10.000 participants extérieurs inscrits au FSM venant de toute la planète. Plus de 1.000 activités sont organisées dans le cadre du programme autogéré sur des sujets aussi divers que le changement des institutions internationales, l’annulation de la dette, les migrations et le développement, la souveraineté alimentaire, les femmes, la privatisation des services publics, les droits humains, la lutte contre les guerres... Le Comité pour l’annulation de la dette du Tiers Monde (CADTM, réseau international qui a son secrétariat international à Liège) participera activement aux réflexions sur des thèmes tels que l’audit de la dette des pays du Sud, la construction d’une nouvelle architecture internationale, la création d’une Banque du Sud, la dette écologique...

Au delà de ces quatre jours d’échange et de débats, le FSM se veut un lieu de rencontres et de convergences afin notamment d’établir des pistes de travail et des actions concrètes pour les années futures. Les différents réseaux internationaux en profitent pour concrétiser des agendas communs de mobilisation.

Ce forum s’inscrit dans la création de liens de solidarités avec l’Afrique et des autres parties du monde pour lutter plus efficacement contre le système néolibéral. Il s’agit notamment d’apporter les expériences de certains pays d’Amérique du Sud comme le Venezuela, la Bolivie ou l’Equateur, d’en tirer les leçons et d’impulser un vent de changement à travers le monde.

Les défis du Forum

Cependant, quelques questions et inquiétudes concernant le 7e FSM persistent au sujet de la participation de la population locale et africaine en général.
Quelle sera l’ampleur de leur présence ? Est-ce que les populations de Kibera, le bidonville le plus important d’Afrique, preuve vivante de l’échec des politiques néolibérales, participeront à ce forum ? Différents obstacles d’ordre financier (droit d’entrée élevé) ou logistique (traduction) ne vont-ils pas rendre leur accès difficile ?
Par ailleurs, il ne faut pas négliger l’influence que peuvent avoir les grosses ONG relativement aux mouvements de base, ainsi que la faible insertion des mouvements sociaux locaux dans le processus de préparation du FSM, tous éléments qui vont sans doute constituer des obstacles à la mobilisation. Enfin, il faut prendre en compte la situation de guerre et de conflit dans les pays voisins du Kenya.

L’ avenir du FSM dans le processus altermondialiste

Ce 7ème Forum social mondial constitue un tournant dans le processus altermondialiste. En effet, il représente le dernier forum social mondial annuel « traditionnel ». Suite à une décision, en octobre 2006, du Conseil international porteur du processus des forums, il n’y aura pas de 8e FSM en 2008. En lieu et place, une action globale et mondiale sera réalisée dont la forme exacte doit encore être définie. Cette action durera-t-elle plusieurs jours ? Y aura-t-il des thèmes prioritaires ? Voici quelques questions qui doivent encore trouver une réponse. Le quatrième jour du 7e FSM (24 janvier 2007) se veut être une journée de convergences et de propositions concrètes, reste à espérer que les revendications des mouvements sociaux seront entendues. Ce dernier jour devrait donc servir à y voir plus clair quand à l’avenir du processus des FSM. Le Conseil international qui se réunira les 26 et 27 janvier après la clôture du FSM devrait alors faire la synthèse et dégager une position à ce propos.
L’enjeu pour les mouvements sociaux africains et le mouvement altermondialiste dans son ensemble est de répondre à ces grands défis afin que le slogan « un autre monde est possible » devienne réalité. Le 7ème Forum social mondial de Nairobi sera ainsi une étape dans la construction d’une véritable alternative aux inégalités sociales crées par le système actuel.

Contacts :
Damien Millet, président du CADTM France, france@cadtm.org, 00 33 6 60 54 27 13
Eric Toussaint, président du CADTM Belgique, international@cadtm.org, 00 33 486 74 47 52 jusque jeudi 18/1 à 19H00.


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