Le monde à l’envers ? par Éric Toussaint

samedi 8 décembre 2007

Au niveau des rapports Nord/Sud |1|, conjoncturellement nous vivons une situation inverse aux crises financières qui ont marqué les 25 dernières années. La bulle du crédit qui a commencé à se dégonfler se déplace vers les pays en développement sous la forme de capitaux spéculatifs qui vont se nicher (pour combien de temps ?) dans les bourses de valeur (Mumbai/Bombay, Shanghai, Sao Paulo,...). Le haut niveau des réserves de change accumulées par les Pays en développement (PED) les protège mais attention la situation peut changer.

Nous vivons un moment inédit de l’histoire. La poursuite de la barbarie capitaliste qui domine la scène côtoie un début de mise en place d’alternatives en faveur des opprimés. Ces alternatives encore faibles et balbutiantes doivent être soutenues. La conjoncture est favorable au renforcement et à la radicalisation de ces alternatives car les PED sont dans une position de force par rapport aux pays les plus industrialisés. Encore faut-il monter à temps dans le train de l’histoire pour le conduire dans la direction de l’émancipation.

17 novembre 2007

En 1982, la crise de la dette publique externe des pays en développement avait éclaté sous l’effet conjugué de la hausse des taux d’intérêt imposée deux ans auparavant par les Etats-Unis et de la baisse des prix des matières premières, à commencer par le pétrole. L’épicentre de la crise était au Sud et les premiers touchés étaient les pouvoirs publics des PED obligés de rembourser des sommes énormes.
Les crises financières des années 1990 ont touché presque uniquement les PED : crise mexicaine de 1994-1995, crise asiatique de 1997-1998, crise russe de 1998, crise brésilienne de 1999, crise turque de 2000, crise argentine de 2001-2002. Chaque crise a été déclenchée par des mouvements brusques de capitaux et des attaques spéculatives contre les monnaies des PED concernés. Les capitaux financiers qui s’étaient dirigés vers ces pays avant la crise s’en retiraient, provoquant la crise. Une fuite des capitaux vers la sécurité s’opérait : les capitaux retournaient vers les centres financiers du Nord considérés comme plus sûrs.

Depuis août 2007, la crise financière a éclaté au Nord dans la principale économie mondiale et touche à ce stade principalement les sociétés financières privées des pays les plus industrialisés, en particulier l’Amérique du Nord et l’Europe occidentale et centrale. Pour le moment, le Japon est relativement en marge car son secteur financier privé, qui a été touché directement par une crise de la dette il y a plus de 15 ans, est à peine en train de s’en remettre. La crise japonaise a peut-être amené les banquiers japonais à être un peu plus prudents que les Nord-Américains et les Européens |2|. L’avenir le dira. La crise est telle dans le système financier du Nord qu’on assiste à une fuite vers la sécurité en sens inverse par rapport au passé : des capitaux les quittent et se dirigent vers des bourses de valeur de pays comme l’Inde, la Chine et le Brésil |3| qui apparaissent comme un havre de paix. L’afflux est tel que le gouvernement indien, qui est pourtant néolibéral, veut prendre des mesures pour décourager cette entrée intempestive de capitaux qui font s’apprécier la monnaie indienne (roupie) et menacent de repartir dans quelque temps si des opportunités financières plus rentables s’offrent à un autre point de la planète |4|.

D’autres éléments de la situation mondiale changent la donne par rapport aux 25 dernières années :

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