L’ÉCONOMIE PAR TERRE OU SUR TERRE ?

mercredi 28 juin 2017

La macron-économie, un destin jupitérien

JEAN-MARIE HARRIBEY 18/06/2017

À l’Université, on apprend aux étudiants en « sciences » économiques qu’il y a deux manières de comprendre l’économie : la micro-économie et la macro-économie, qui sont nécessaires car complémentaires. C’est bien sûr une ânerie car la première postule que les individus sont isolés les uns des autres et qu’ils raisonnent rationnellement hors de tout contexte environnant, hors de toute institution sociale, hors de tout rapport social, hors de tout rapport de force. La micro-économie pour expliquer la vie en société, c’est aussi scientifique que la terre planète unique, centre de l’univers. Seule la macro-économie comme approche des relations économiques et sociales a un sens, à condition de ne pas être abandonnée entre les mains exclusives des keynésiens des années 1960 qui croient encore à des « Glorieuses » perpétuelles qu’il suffit d’organiser par une bonne politique conjoncturelle.

Peut-être assistons-nous à l’éclosion de la macron-économie. Mais ce n’est qu’une couche de peinture recouvrant la micro-économie traditionnelle visant à individualiser ce qui ne relève pas des rapports inter-individuels. Cela permet à Macron et à ses affidés de nier la crise du système qui les a mis en place et qu’ils servent encore mieux que ceux qu’ils viennent d’éjecter de leurs sièges.

Le déni de la crise

Tous les commentaires dithyrambiques sur Macron et sa victoire électorale sont fondés sur la magie du dépassement de l’opposition politique gauche/droite. Avec déjà une première entourloupe intellectuelle : identifier la gauche au parti socialiste et celui-ci au socialisme. Mais il faut voir ce prétendu dépassement comme une nouvelle figure du dépassement du clivage socio-économique entre travail et capital, lui-même issu de la rhétorique de la disparition des classes sociales et des idéologies. Et, finalement, le capitalisme n’existe plus. Dans ces conditions, le chômage n’est qu’un problème de lourdeur du code du travail et de dépenses publiques trop élevées, et la croissance n’attend qu’une libération encore plus grande des forces naturelles du marché.

« Couvrez donc ce capitalisme que ne nous ne saurions voir », pourrions-nous pasticher. Tous les Tartuffe du capital occultent la cause principale du marasme. Elle se nomme crise de rentabilité du capital, non pas en soi, mais au regard des exigences de ses détenteurs, surtout les actionnaires des grandes firmes et banques engagées dans le processus de mondialisation. C’est la trame de fond depuis quarante ans, qui n’a eu d’autre palliatif que la dévalorisation de la force de travail et la fuite en avant financière. Sous le néolibéralisme, la restauration des taux de profit s’est faite surtout par la hausse absolue de la plus-value. Avec, au bout, la surproduction et donc la suraccumulation de capital par rapport aux capacités de produire de la valeur. Ah, la valeur, cette valeur chérie qui grossit le capital, quels que soient ses dégâts sociaux ou écologiques !


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