Biocivilisation ou sociétés du bien vivre ?

vendredi 21 mars 2014

mardi 25 mars 2014, par Geneviève AZAM membre du conseil scientifique d’ Attac France

La crise actuelle prend des allures d’effondrement, de perturbation majeure, car la soumission de la plus grande part des activités humaines et des sociétés à l’ordre de l’efficience économique, du profit et de la rationalité technicienne, produit une intrication inédite des crises. En se globalisant, le capitalisme a tenté d’absorber tout ce qui lui était extérieur : il se trouve confronté à des limites sociales et environnementales, qui certes peuvent être franchies, mais sans qu’il puisse se parer des vertus de la civilisation. Il est explicitement un processus de dé-civilisation qui suscite des résistances nombreuses. Quelles sont les voies, les chemins à emprunter pour redéfinir un monde commun entre les humains et entre les humains et la Terre ?

Une crise de civilisation : l’échec de la modernité occidentale dépasse le capitalisme

La modernité occidentale n’a pas permis l’accomplissement du projet d’autonomie des personnes et des sociétés, qui était pourtant à son fondement. Elle s’est accompagnée en effet d’un projet de maîtrise rationnelle du monde, des sociétés et de la Terre, qui fut un des terreaux du capitalisme. La confusion de la raison avec la raison économique a conduit à confondre le rationnel et le raisonnable, à soumettre l’éthique et le politique à la règle de l’efficience rationnelle, à confondre les fins et les moyens. Loin d’accomplir les projets d’autonomie, cette vision unidimensionnelle du monde, exprimée jusqu’à la caricature par le néolibéralisme, fait de l’adaptation et du conformisme, ses points cardinaux. Le temps social, le temps humain, le temps naturel, loin de s’affirmer en propre, ont été absorbés par le temps économique, le « juste à temps » et le temps « réel ».

Le développement des forces « productives », considéré par les « progressistes » comme un passage obligé vers le socialisme, la croissance invoquée comme condition nécessaire de la justice sociale, sont des forces « destructives » réduisant le travail et la nature à des ressources, qui, une fois utilisées, laissent un monde de déchets, un monde en friche. La destruction de toute forme de propriété commune, l’expropriation de la propriété-usage, conduit au dépouillement de masses de plus en plus nombreuses, dont la figure centrale est celle des migrants qui ne trouvent aucun lieu d’accueil.

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