L’Europe à un tournant ? Pierre Khalfa – janvier 2015

mercredi 28 janvier 2015

Il y a environ 2500 ans, une rupture fondamentale dans l’histoire connue de l’humanité s’est produite en Grèce.

Pour la première fois, des êtres humains ont affirmé explicitement que les lois qui les gouvernent sont issues d’eux-mêmes et non pas d’une source extérieure à eux-mêmes (Dieu, les dieux, les ancêtres, la tradition, etc.), et qu’en conséquence, ils peuvent donc les changer. Cette création historique, pour employer le vocabulaire de Cornélius Castoriadis, a eu des conséquences considérables. Elle a entrainé dans le même mouvement la création de la philosophie, de la politique et de l’idée démocratique.

Le retour de la démocratie

La victoire de Syriza aux élections législatives du 25 janvier 2015 marque un tournant dont,toutesproportions gardées, l’ampleur pourrait être comparable. Depuis des décennies, les classes dirigeantes, les idéologues à leur service et la plupart des médias nous expliquent qu’il n’y a qu’une seule politique possible, le fameux TINA (there is no alternative) de Margaret Thatcher. L’Union européenne,machine à fabriquer du droit, a poussé jusqu’au bout cette logique. Les traités européens et les directives qui en sont issues ont constitutionnalisé les politiques d’austérité afin d’empêcher tout débat démocratique réel, d’exclure de la décision citoyenne les politiques économiques et sociales, et de museler ainsi la souveraineté populaire. Les politiques économiques se réduisent à appliquer une série de normes, impératifs catégoriques sur lesquels les peuples n’ont rien à dire. L’Union réalise ainsi à sa manière l’utopie saint-simonienne où « l’administration des choses remplace le gouvernement des hommes », l’emploi systématique du terme « gouvernance » venant acter d’un point de vue lexicologique cette orientation. La politique, comme confrontation entre des choix différents, et la démocratie, comme méthode pour trancher entre eux, ont été mises de côté. Le succès éclatant de Syriza traduit, avec le rejet de l’austérité et d’une classe politique particulièrement corrompue, le refus de cette logique. Cette victoire renoue avec l’idée que ce sont les êtres humains qui doivent décider de leur propre sort. La politique et la démocratie retrouvent droit de cité et ce, malgré les pressions de toute sortes qu’a subi le peuple grec. C’est cela qui fait aujourd’hui le plus peur aux institutions et aux gouvernements européens, au-delà même des orientations concrètes de Syriza, car un succès de son projet serait porteur de contagion dans tous les autres pays européens. Des décennies de néolibéralisme n’auraient pas réussi à museler les peuples. L’aspiration à une démocratie réelle est aujourd’hui le nouveau spectre qui hante les classes dirigeantes européennes. Dans son discours le soir des élections, Alexis Tsipras l’a d’ailleurs clairement pointé en indiquant que la victoire de Syriza était une victoire de tous les peuples d’Europe.

L’enjeu de la dette

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