La « bonne drachme » ? Modeste contribution au débat sur la Grèce

mardi 4 août 2015

Publié par Alencontre1 le 27 juillet - 2015 Par Michel Husson

La reddition du gouvernement Tsipras face aux diktats de la troïka est une défaite douloureuse pour tous les partisans d’une alternative à l’austérité néo-libérale en Europe.

On peut rappeler brièvement, et un peu dans le désordre, les raisons de cette défaite : sous-estimation de la violence des « institutions », ce mélange de fanatisme économique et de volonté politique de briser une alternative ; absence de préparation des éléments matériels d’une rupture passant notamment par une suspension unilatérale des paiements de la dette ; non-construction du rapport de force idéologique interne nécessaire pour cette rupture ; incapacité à assumer le non au référendum en faisant adopter, dans une logique d’union nationale, les mesures que le gouvernement avait demandé aux citoyens de rejeter ; absence de relais politique d’autres gouvernements et faiblesse du soutien du mouvement social.

La conclusion souvent tirée de ce constat est qu’il n’existe décidément pas de politique alternative possible à l’intérieur de la zone euro.

Pour Stathis Kouvelakis, « il est devenu clair que vouloir rompre avec les politiques néolibérales, ultra-austéritaires et « mémorandaires », dans le cadre de la zone euro relève d’une illusion qui coûte très cher. L’idée du « bon euro » et de « faire bouger l’Europe », le refus obstiné d’un plan B et l’enfermement dans un processus épuisant de pseudo-négociations ont conduit au plus grand désastre de la gauche de transformation sociale en Europe depuis l’effondrement de l’URSS » [1]

Jacques Sapir aboutit à la même conclusion : « en réalité, aucun changement de l’UE de l’intérieur n’est possible. La « Gauche Radicale » doit se fixer comme objectif premier la rupture, au moins avec les institutions dont le contenu semi-colonial est le plus grand, c’est-à-dire l’Euro, et elle doit penser ses alliances politiques à partir de cet objectif. Pour elle, l’heure des choix est arrivée ; il faudra rompre ou se condamner à périr » [2]

Il est possible qu’il ne reste plus d’autre choix que le Grexit, en Grèce, aujourd’hui. Cela peut se discuter. Mais cela n’implique pas qu’il faille en déduire une nouvelle orientation stratégique pour l’ensemble de l’Europe. Ce choix binaire – ou une forme de capitulation, ou le Grexit – est un raccourci qui élimine tous les éléments intermédiaires de construction du rapport de forces.

Certes, le débat a souvent été porté en ces termes, et depuis longtemps. Au feu de l’expérience grecque, de nombreux intervenants se rallient aujourd’hui à la sortie de l’euro comme seule voie alternative. Mais cela revient, encore une fois, à mélanger deux débats : le premier porte sur la Grèce, aujourd’hui ; le second est plus général et porte sur la stratégie de rupture en Europe.


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