Attac tentée par de nouvelles luttes

lundi 28 août 2017

27 AOÛT 2017 PAR ELSA SABADO

Attac organisait son « université d’été des mouvements sociaux » du 23 au 27 août à l’université du Mirail, à Toulouse. Une réussite pour le mouvement des mouvements, confronté à de nouveaux enjeux, parmi lesquels la question des nouvelles manières de militer, et celle de l’intersectionnalité.

Toulouse (Haute-Garonne), envoyée spéciale.

- Bataille contre Donald Trump, contre le suprémacisme blanc, contre la résurgence du populisme, contre la loi travail, contre les multinationales, contre le racisme et les violences policières notamment dans les quartiers populaires, pour le droit au logement, pour le droit à l’avortement, contre le nucléaire et l’enfouissement de ses déchets, contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, contre la fermeture des frontières et la persécution des migrants à Calais et dans la Roya… L’ordre du jour de l’assemblée plénière des mobilisations de l’université d’été des mouvements sociaux, samedi 26 août, au soir, prenait des airs de liste à la Prévert.

Alors qu’Aurélie Trouvé, présidente d’Attac, à l’initiative de cette université d’été, prend le micro pour clore le long meeting, l’alarme de l’amphithéâtre se déclenche : « C’est l’éclatement de la bulle financière », s’écrie-t-on dans les travées. Quelques minutes plus tard, la jeune femme s’efforce de tirer le fil qui relie ces mobilisations entre elles : « L’altermondialisme n’a jamais été si nécessaire que dans cette situation politique. La planète arrive au bout de ses limites, nous devons bouleverser nos modes de consommation et de production, et obtenir une régulation du capitalisme financier (…) Les luttes contre les dominations de classe, de genre, de race se relient entre elles », assure la porte-parole, avant de décliner les recettes pour remédier aux désordres du monde : la taxe sur les transactions financières, la répression de l’évasion fiscale, et la relocalisation de l’activité en coopération avec les autres régions, le « protectionnisme solidaire » ou encore le renversement du capitalisme financier en sont quelques-unes.

Des mouvements vivaces, mais difficile à mobiliser

L’état-major d’Attac ne s’attendait pas à ce que son université d’été emporte un tel succès : 2 000 personnes sont passées par les ateliers et forums de la fac du Mirail, le double du millier attendu. « Cela montre que les mouvements citoyens sont en pleine forme ! » Un peu plus tôt, sur les chaises en plastique disposées à l’entrée de l’université, cette chercheuse nuançait : « Les mouvements sociaux sont vivaces, mais ils ont du mal à se fédérer. On a du mal à les transformer en une foule agissante, à dépasser le cercle des convaincus », analysait-elle.

Annick Coupé, longtemps dirigeante de l’Union des Solidaires (une composante d’Attac), et désormais retraitée, investie dans le bureau du mouvement, acquiesce : « Il est clair que nous sommes dans une situation plus difficile qu’il y a dix ans. » Attac est née d’un appel d’Ignacio Ramonet, dans Le Monde diplomatique, en 1998. Un an plus tard, les manifestations contre le sommet de l’OMC à Seattle donnent le coup d’envoi de ce qu’on appelle aujourd’hui le mouvement « altermondialiste ». Celui-ci s’exprime dans sa forme la plus pure lors des contre-sommets et forums sociaux mondiaux (FSM) ou régionaux, sortes de grands raouts où se retrouve une myriade d’associations, syndicats et partis politiques convaincus « qu’un autre monde est possible ». FSM de Porto Alegre en 2001, Forums sociaux européens (FSE) de Saint-Denis en 2003, de Londres en 2004, Athènes en 2006, sont les quelques grands moments qu’Attac compte à son actif. Mais le dernier FSE, celui d’Istanbul, en 2010, peine à attirer 1 000 personnes – contre 20 000 à Londres en 2004. Ces grands rassemblements sont remplacés, en Europe, par les plus humbles « Universités d’été des mouvements sociaux ».

« Le mouvement altermondialiste n’a pas été au rendez-vous de la crise financière de 2008, alors que c’était l’exacte illustration de ce qu’il dénonçait depuis dix ans. Nous n’avons pas réussi à nous confronter aux institutions européennes, à enfoncer des coins, à nous battre contre les réponses des États à cette crise, à construire des mobilisations sociales fortes et des solidarités européennes contre les politiques d’austérité », explique Annick Coupé, du bureau d’Attac, très investie depuis les débuts du mouvement en tant que dirigeante de l’union syndicale des Solidaires.


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