Les cinq enjeux de la lutte sociale et écologique

vendredi 13 décembre 2019

Il y a vingt ans, naissait le mouvement altermondialiste. Face à une offensive néolibérale renouvelée, il doit réfléchir à ses formes d’action s’il veut peser sur l’avenir du monde.

Par Aurélie Trouvé porte parole d’Attac France

En France, une nouvelle période s’est ouverte à la fin des années 1990, à la suite des grèves de 1995, rouvrant la perspective d’une transformation sociale. À l’échelle internationale et il y a tout juste vingt ans, des mobilisations bloquaient le sommet de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) à Seattle (29 et 30 novembre 1999) et le mouvement altermondialiste s’amplifiait, avec le développement des forums sociaux européens et mondiaux. Celui-ci représentait alors de nouvelles formes de luttes, contre la marchandisation du monde et dans l’espoir d’un autre monde. Il répondait à l’offensive néolibérale des vingt années précédentes et à l’idée qu’il n’y aurait plus d’alternative. Mais il a peiné à construire des stratégies de mobilisations communes face aux pouvoirs en place. Pour de multiples raisons, ce mouvement s’est affaibli, même s’il a pu susciter d’autres formes de luttes, voire se prolonger en elles, et même si certaines de ses organisations, comme Attac, se sont maintenues et renouvelées.

En France, depuis quinze ans, les luttes sociales ont connu quelques victoires, au moins momentanées, contre le Traité constitutionnel européen en 2005, contre le CPE en 2006 (1) et, plus récemment, contre les hydrocarbures de schiste ou encore l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Mais elles ont aussi été plombées par une succession de défaites, malgré des manifestations de rue très massives, contre les réformes des retraites ou encore les lois travail. Elles ont été faibles contre des projets particulièrement offensifs, comme actuellement les attaques contre les droits des chômeurs ou le statut de la fonction publique. En découle le sentiment que les formes classiques de mobilisation des syndicats et des associations – manifestations de rue, meetings ou tractages – sont devenues moins efficaces. À ceci s’ajoute le sentiment d’absence ou de quasi-absence de perspective politique sur le plan électoral, entre, d’un côté, un Parti socialiste qui a galvaudé l’idée même de gauche et mené une politique néolibérale et, de l’autre, des partis antilibéraux et progressistes divisés, et dans tous les cas qui n’arrivent pas à s’imposer comme perspective de changement pour un pan majoritaire de la population.

Néanmoins, ces dernières années sont marquées par l’émergence de mouvements sociaux importants, avec des formes de lutte profondément renouvelées. À l’échelle européenne, les Indignés espagnols ou les occupations de places publiques en Grèce ; en France, Nuit Debout puis surtout les gilets jaunes et les luttes pour le climat ont conduit de nombreuses personnes à se mobiliser nouvellement et collectivement, en dehors des cadres traditionnels des associations et des syndicats – interrogeant ainsi leurs modes d’organisation. Ces mouvements portent des perspectives d’émancipation qui remettent en cause non pas une mesure en particulier, mais tout un système : « changeons le système, pas le climat », « justice sociale et fiscale »… Ils ciblent des adversaires, les multinationales, le gouvernement d’Emmanuel Macron… Mais ils restent épars. Les points de rencontre (comme dans certaines villes, lors des samedis rassemblant marcheurs pour le climat et gilets jaunes) restent rares.


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