Je ne peux pas soutenir une idéologie qui se fonde sur un privilège juif et la persécution des Palestiniens

samedi 17 août 2019

Par Alice Rothchild – The Seattle Times – 9 août 2019

Un débat central au sein de la communauté juive aux États-Unis implique le sionisme et sa relation avec le judaïsme. Dans une anthologie récente, « Reprendre le judaïsme au sionisme : histoires d’une transformation personnelle », 40 rabbins, érudits et militants réfléchissent sur leur parcours intellectuel et émotionnel particulier débuté avec un amour inconditionnel d’Israël. Comme les autres participants, j’ai pris conscience que l’idéologie du nationalisme juif et la politique du gouvernement israélien avaient corrompu ma conception du judaïsme et ses valeurs religieuses et culturelles centrales.

J’ai grandi dans une famille, après l’Holocauste nazi, qui considérait la création d’un État juif moderne comme un miracle à célébrer. Nous avons idéalisé les kibboutz, économiser sous par sous pour planter des arbres dans la terre aride et aimé l’idéal romantique des pionniers israéliens qui faisaient fleurir le désert.

Dans le même temps, comme beaucoup de juifs, j’étais fière de ma politique progressiste. J’ai soutenu les droits civils, les droits des femmes, les syndicats ; c’était mon expression vécue d’une religion qui prônait la guérison du monde et œuvrait pour la justice. En tant qu’immigrante de la deuxième génération, c’était aussi comme cela que je voyais mon rôle en Amérique, une terre où mes grands-parents, fuyant les pogroms de l’Europe de l’Est, avaient trouvé un foyer, même si ce n’était que les pauvres ghettos de Brooklyn, au début des années 1900.

Ma transformation a débuté alors que je me plongeais dans les questions complexes du colonialisme, de l’impérialisme, du racisme et du génocide. Je me suis rendu compte que mon éducation sur la création des États-Unis avait, de façon commode, tenu à l’écart la destruction des peuples autochtones, la primauté de l’esclavage, le racisme omniprésent et le rôle du colonialisme européen. De la même façon, beaucoup, dans mon école hébraïque et mon éducation juive qui s’en est suivi, n’a pas été dit sur le financement de l’État d’Israël.

J’ai eu une prise de conscience, instruite par les historiens israéliens et palestiniens qui avaient accès aux archives nouvellement ouvertes de l’État qui racontaient l’histoire du nettoyage ethnique de la Palestine. Alors que je commençais à voyager et à travailler dans la région, mes liens avec les Israéliens juifs progressistes et les Palestiniens sont devenus une telle force que je ne pouvais plus revenir en arrière. Rester debout à un check-point israélien en Cisjordanie avec des centaines de femmes et enfants, pour la plupart palestiniens, attendant après un soldat israélien de 20 ans, solidement armé ; passer au crible des puzzles, de la vaisselle brisée, des Légo et des sous-vêtements dans les décombres d’un quartier ...


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