Baisse des pensions, creusement des inégalités : ce qu’annonce le projet de réforme des retraites

vendredi 6 septembre 2019

PAR RACHEL KNAEBEL 3 SEPTEMBRE 2019

Les grandes lignes du projet de réforme de retraites de Macron ont été dévoilées en plein mois de juillet. Le passage au système à points, l’abandon du calcul sur les 25 meilleures années, et la possibilité d’un taux plein à seulement 64 ans auront une conséquence évidente : la réduction des pensions et le creusement des inégalités entre retraités, cadres et ouvriers, hommes et femmes. Tout en ouvrant un peu plus les retraites aux marchés financiers, via le système de la capitalisation.

Les négociations reprennent, en ce mois de septembre, au sujet de la réforme des retraites voulue par Emmanuel Macron. Le haut commissaire désigné pour la mener, Jean-Paul Delevoye, ancien ministre de Jacques Chirac qui pourrait bientôt rejoindre le gouvernement, a présenté ses propositions fin juillet. Il vante une réforme qui irait, selon lui, vers un système plus « équitable », pour une retraite « universelle ». L’« universalité », dans ses propos, renvoie à l’unification programmée des 42 systèmes de retraites qui existent aujourd’hui. Pour l’équité, il faut chercher. Car les transformations annoncées par le rapport Delevoye dessinent en réalité une baisse des pensions, en particulier pour les carrières précaires et heurtées, femmes en tête.

L’âge de départ : reculé de fait à 64 ans

Le 26 août, lors d’une interview télévisé à la fin du G7, le président Macron a dit « préférer qu’on trouve un accord sur la durée de cotisation plutôt que sur l’âge », et assuré qu’il était pour un maintien de l’âge légal de départ actuel, à 62 ans (avant la réforme des retraites de 2010, l’âge de départ était encore à 60 ans). Mais le projet de réforme présenté par Jean-Paul Delevoye en juillet incite bel et bien à partir en retraite toujours plus tard, pour qui souhaite garder un niveau de pension correct.

Delevoye y préconise la mise en place d’un « âge pivot » de départ, à 64 ans. L’âge légal à 62 ans serait préservé, mais les salariés qui partiraient avant l’« âge pivot » de 64 ans subiraient une décote de leur pension retraite. Quant à celles et ceux qui partiraient après, ils bénéficieraient d’une surcote. Ce tour de passe-passe incitera la plupart des salariés à quitter le monde du travail le plus tard possible. Les salariés exerçant des métiers pénibles ne leur permettant pas physiquement de travailler après 62 ans, seront pénalisés.

L’espérance de vie en bonne santé : inférieure à 64 ans en moyenne


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