A propos de violences...

mercredi 18 mai 2016, par Attac Rennes

L’alternative ne peut se résumer au silence ou à l’accusation de cautionner les « casseurs »

Alors que des arrêtés préfectoraux ont signifié à plusieurs personnes l’interdiction de prendre part à des manifestations, sans qu’aucune condamnation ne justifie ces mesures, il devient de plus en plus clair que la stratégie du gouvernement est de recourir à des mesures sécuritaires pour étouffer la contestation contre la loi travail. Comme lors de la COP 21, l’état d’urgence devient une arme commode contre toute opinion indésirable. Le dispositif policier déployé à Rennes samedi dernier 14 mai n’est que le reflet de cette stratégie autoritaire. Le gouvernement comme la Ville de Rennes ont fait le choix de la répression alors même que le recours au 49-3 est la preuve flagrante d’un déni de démocratie.

La violence symbolique faite au Parlement ne prouve qu’une chose : le gouvernement n’est plus capable de faire face aux voix qui s’élèvent, dans la rue, comme au sein de la majorité, contre une loi inadmissible qui renverserait la hiérarchie des normes et donnerait un pouvoir exorbitant aux entreprises. C’est l’exécutif lui-même qui fait le choix de l’escalade en réprimant systématiquement toute manifestation et en ordonnant l’usage, par les forces de l’ordre, d’armes controversées. Elles ont déjà fait trop de blessés – dont un éborgné, est-il besoin de le rappeler ? La Ville de Rennes a suivi sans discernement cette politique en interdisant l’accès au centre de la ville aux manifestants et manifestantes. Le message envoyé est clair : éviter tout désordre dans une zone que la Ville destine au tourisme d’affaires.

En expulsant la Maison du Peuple, occupée depuis le 1er mai 2016, la Ville de Rennes savait que sa décision engendrerait des actions de contestation. La stratégie de division du mouvement social est inadmissible. L’alternative laissée aux contestataires ne peut se résumer au silence ou à l’accusation de cautionner les supposés « casseurs ». Le gouvernement et la Ville de Rennes doivent assumer leurs responsabilités et les conséquences de leurs choix. Si la casse sociale qu’ils cautionnent d’un côté engendre une radicalisation de l’autre, ce n’est pas à ceux et celles qui expriment leur colère dans la rue d’en payer le prix. Les forces de l’ordre ne doivent avoir qu’un seul et unique rôle : la sécurité des manifestants et manifestantes.

Répondre à cet article