Rencontre des comités locaux de Bretagne le 30 novembre 2013

samedi 14 décembre 2013, par Attac Rennes

Retour sur les manifestations du 2 novembre et le mouvement des « Bonnets rouges ». Analyse de la situation et lancement du chantier « Bretagne en transition ».

Le 30 novembre dernier, les huit comités locaux (CL) de Bretagne se sont retrouvés à Pontivy (Morbihan) pour faire le point sur la situation en Bretagne et dégager des pistes de travail pour l’avenir. Quinze personnes représentaient les comités suivants : Pontivy, Saint-Brieuc, Quimper, Brest, Morlaix, Concarneau, Rennes et Saint-Malo/Jersey.

Les manifestations du 2 novembre et le mouvement des « Bonnets rouges »
Le tour de table a montré une incompréhension des autres CL par rapport à la présence d’Attac Quimper à la manifestation dite des « Bonnets rouges », le 2 novembre à Quimper. Il a également été reproché à Attac France de ne pas se positionner autrement que par la diffusion d’un communiqué très général sur la politique fiscale du gouvernement : « Ce n’est pas l’écotaxe qu’il faut supprimer, c’est la hausse de la TVA ! ».
Les militants d’Attac Quimper ont expliqué les raisons pour lesquelles ils étaient à Quimper : forte implication dans la mobilisation liée à la crise de l’agro-alimentaire breton dès le mois de juin, participation en octobre au comité « Vivre, décider et travailler au pays » (avec C. Troadec, le maire divers-gauche de Carhaix, et les organisations syndicales et politiques de gauche).
L’irruption de la FDSEA, du Medef et d’autres forces réactionnaires dans le comité a provoqué une grande confusion. La veille de la manif, à la question « Quimper ou Carhaix ? », le CL de Quimper a décidé de rester à Quimper aux côtés des salariés désemparés devant la violence de la crise, et d’occuper le terrain notamment en distribuant un tract commun avec le NPA et les Alternatifs.
Les militants des autres comités locaux ont expliqué pourquoi ils avaient décidé, ou bien d’aller nulle part (grande perplexité par exemple des militant-e-s de Morlaix et de Brest), ou bien d’aller à Carhaix. Pour le CL de Saint-Brieuc, il n’était pas question d’aller à Quimper dans un rassemblement hétéroclite où les revendications ouvrières étaient éclipsées par l’écotaxe, cible principale du Medef, des patrons de l’agro-alimentaire et des responsables politiques de droite, le tout inspiré par l’Institut de Locarn (think-tank breton libéral). Des positions assez proches ont été défendues par les comités de St-Malo/Jersey, Pontivy et Rennes.
Il apparaît urgent de reconstruire un autre rapport de force en Bretagne. Attac se doit ici de jouer le rôle de catalyseur au sein d’un collectif qui porterait le projet d’un autre modèle de développement pour la Bretagne.

Préparation d’un texte pour des propositions de sortie de crise en Bretagne
A été soulignée la nécessité de partir de la situation réelle en Bretagne (financiarisation du monde agricole, modèle productiviste qui va dans le mur, urgence de se mobiliser pour un modèle de société conforme à la charte du Collectif pour une transition citoyenne...) sachant que de nombreux travaux ont déjà été réalisés par les groupes locaux, la Confédération paysanne ou l’Institut de Silfiac (56).

Il a été décidé de travailler sur « Bretagne en transition » en cinq thématiques, une par comité local ou regroupement de CL, et de faire une restitution le 1er mars à Baud (56).
Les pistes de travail retenues sont les suivantes :
-  Finance/emploi/fiscalité (Saint-Malo-Jersey et Rennes)
-  La nouvelle PAC et ses conséquences sur le système agricole breton : comment élaborer une transition nécessaire du modèle agricole breton ? (Quimper et Concarneau)
-  Oligarchie et lobbies en Bretagne : comment instaurer une vraie démocratie en Bretagne ? (Saint-Brieuc)
-  La question de la « bretonnitude » : quelle place pour l’identité bretonne dans le mouvement social actuel ? (Pontivy)
-  Où en est-on du pouvoir en Bretagne, des centres décisionnels et quelles articulations entre la Région, l’État et l’Europe ? (tous)

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