Le libre-échange et la libre circulation des capitaux

lundi 1er janvier 2007
par  Mâcon
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Le libre-échange, c’est l’ouverture de toutes les frontières commerciales par la disparition graduelle des droits de douane, des obstacles non tarifaires et des limitations quantitatives aux échanges de biens et des services, indépendamment de toute considération sociale, écologique et de droits humains.

La libre circulation des capitaux, c’est la totale latitude laissée à leurs détenteurs de les placer ou de les investir dans les pays de leur choix, notamment dans des paradis fiscaux.

Tout se tient : la production se fera là où le travail est le moins cher, là où les normes environnementales et fiscales sont les plus laxistes et là où l’ordre règne. La parfaite mobilité des capitaux conduit à la mise en concurrence directe des travailleurs et des systèmes sociaux des pays du centre du capitalisme avec ceux de la périphérie, pour le plus grand profit du capital financier.

Libre circulation des capitaux et libre-échange intégral sont les deux aspects indissociables du processus de marchandisation qui affecte progressivement toutes les activités humaines, hors de tout contrôle démocratique. Le laminage des souverainetés populaires – s’exerçant dans un cadre national ou supra-national – n’est pas tombé du ciel : il est le produit de décisions - parfois volontaires, parfois contraintes – de gouvernements théoriquement souverains.

L’UE représente un cas d’école de ce mélange de démission délibérée des gouvernements et d’application, non moins délibérée, par ceux-ci des dogmes du néolibéralisme. Ce sont bel et bien les gouvernements, lors des conseils des ministres et des Sommets européens, qui mettent en œuvre des orientations faisant de la « concurrence libre et non faussée » l’alpha et l’oméga de la construction européenne. Ce sont ces mêmes gouvernements qui justifient ensuite ces orientations auprès des peuples, au nom de « contraintes » européennes qu’ils ont eux-mêmes créées. Notons au passage que les traités européens, et notamment le TCE rejeté par les peuples français et néerlandais, donnent au libre-échange des biens et des services et à la liberté de circulation des capitaux le statut de « libertés fondamentales »…

L’objectif, aujourd’hui, est que les peuples puissent exercer leur souveraineté, c’est-à-dire décider réellement de la société dans laquelle ils veulent vivre, des politiques qu’ils veulent voir mener et des institutions qu’ils veulent voir construire.

Extrait du Manifeste Attac 2007


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