Attac 21

Il s’agit de résister

samedi 8 septembre 2012 par Felix

Dans le cadre du festival ciné-attac, projection du film "Il s’agit de ne pas se rendre" le vendredi 12 octobre au RézoFêt’Art suivi d’un débat avec des animateurs de la ligue de l’enseignement et du CEMEA

Ils sont jeunes, étudiants, et ils ont décidé de résister de manière non-violente à ce que le gouvernement Villepin leur impose. Leur combat : abroger le CPE, et au-delà même, repenser cette société qui veut faire d’eux des travailleurs obéissants au lieu de citoyens (bien-)pensants.
À ceux qui veulent précariser les jeunes, ils répondent : « RÉSISTANCE » ! Ainsi commence le film, à Toulouse, au printemps 2006.
Au départ, soucieux de saisir l’instant, les deux réalisateurs suivent et participent au mouvement, caméra à l’épaule ; montant chaque soir les rushes afin de les présenter en assemblée générale le lendemain. Et puis très vite, ils perçoivent la qualité de leurs images et la possibilité d’en faire un long métrage. Ainsi naît Il s’agit de ne pas se rendre.

LE PROPOS DU FILM

Naïma Bouferkas et Nicolas Potin filment pour rendre compte du « mouvement anti-CPE », ainsi nommé par les médias car la revendication première est le retrait de l’ensemble de la loi dite « pour l’égalité des chances ». Mais le film voit plus loin, dénonçant le mépris des dirigeants, et des représentants des forces de l’ordre face à ces jeunes qui veulent à tout prix éviter le conflit violent. Ainsi, ils envahissent la préfecture dans un climat de calme et de parfaite coordination. Mais il n’est de combat sans violence, et face à l’incompréhension, voire à l’indifférence de la société, leur mouvement se durcit et leurs actions deviennent plus musclées : des vitrines sont cassées, le centre commercial est squatté, les consommateurs sont « pris en otages ». Et puis il y a les arrestations de certains, pour l’exemple, la récupération des syndicats, et enfin le gouvernement qui lâche, un peu. Alors la discussion reprend de plus belle en AG, faut-il oui ou non, se rendre ?… La réponse est dans le titre.

CE QU’EN DISENT LES RÉALISATEURS

Nous avions déjà fait ça en 2002 et 2003. La journée dans les rues, actions, réunions, la nuit en salle de montage. On est dans le mouvement et on le met en films, projetés les jours suivants là où ça occupe, là où ça discute, là où ça vit.
Toulouse, printemps 2006, on remet ça pendant ce que l’on a appelé le « mouvement anti-CPE » : deux mois d’assemblées, de grèves et de blocages. Des inculpations par centaines, des arrestations par milliers, des manifestants par millions.
Que quelques miettes arrachées et une tablée de négociateurs satisfaits suffisent pour que presque tout et tous s’arrêtent du jour au lendemain nous laissait comme un goût amer.
Mais nous gardions aussi de ce mouvement la dizaine de courts-métrages réalisés au chaud, des heures d’images non montées, et surtout l’envie d’alimenter les luttes à venir.
C’est que voilà, comme dit le poète, êtres captifs, là n’est pas la question, il s’agit de ne pas se rendre.

CE QUE NOUS AIMONS à VOIR et AGIR

La parole donnée à chacun : les manifestants, bien sûr, qui laissent entendre leurs désaccords, leurs craintes, ou la prise de pouvoir de certains sur les autres ; la police aussi, par l’intermédiaire de cette fonctionnaire calme et déterminée que ses collègues ont laissé seule fasse à la foule en colère ; et puis les usagers, salariés, clients ou passants, plus ou moins solidaires, mais prêts à dialoguer.
L’énergie qui se dégage du mouvement et qui permet ce surgissement : il suffit qu’un mouvement social dure et se durcisse pour que la société s’interroge. Chacun a son opinion, mais il faut des circonstances comme celles-ci pour qu’elle puisse s’exprimer. Car l’arrêt de travail offre cette possibilité du temps suspendu, où la réflexion et le dialogue sont, soudain, possibles. A l’instar de cette séquence tragi-comique avec un cadre de Airbus, dans l’aube naissante d’un jour où tout serait possible.


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