Attac32

"Khaos" et la situation grecque.

mercredi 12 décembre 2012 par attac32

Grèce : introduction au film « Khaos »

Jean-Claude Bauduret 11 décembre 2012

La Grèce compte pour 2% dans l’Union Européenne :
• 2% de la population de celle-ci (10 millions d’habitants)
.
• 2% également du PIB de l’Union Européenne. Dans l’économie de l’Union la Grèce pèse pour 2%.

Quelques dates 2001 : entrée de la Grèce dans la zone euro. On apprendra, longtemps après que le gouvernement de l’époque (droite) avait falsifié ses comptes, avec l’aide des banquiers de Goldman Sachs.

Fin 2008. Situation sociale mauvaise. Fort chômage chez les jeunes, baptisé « génération 700 €. Manifestations étudiante. Un jeune lycéen de 15 ans est tué par un policier. Emeutes dans de nombreuses villes, attaques et incendies des commissariats et des banques.

Octobre 2009 : Elections. La droite (« Nouvelle Démocratie ») perd au profit du PASOK (PS grec). Révélation du nouveau gouvernement : le précédent a caché le déficit véritable qui, est de 12,5% du PIB (Maastriicht Lisbonne : 3%). Annonce d’un plan d’austérité :

• Gel des pensions des fonctionnaires, forte amputatiàon deleur 13e et 14 e mois,

• La TVA passe de 19 à 21%

• Hausses de l’’essence, des cigarettes etc..

Soutien du FMI et de l’Eurozone qui félicite le gouvernement Papandréou, accordent un prêt de 110 milliards sur 3 ans.

2010 renforcement de l’austérité :

 diminution du salaire des fonctionnaires (- 10 %)

 diminution des pensions accordées aux retraités (- 10 %)

 recul de 5 ans de l’âge légal de départ à la retraite (65 ans contre 60)

 hausse de la TVA portée à 23 %

 réduction des investissements publics et des dépenses de fonctionnement de l’État ;

 création de nouveaux impôts et de nouvelle taxes, hausse de 10 % des taxes sur l’essence, le tabac et l’alcool

 baisse des dépenses de l’armement de 2,5 milliards d’euros en deux ans.

2011 : Les résultats ne sont pas au rendez-vous, la situation tant économique que sociale s’aggrave. Grèves et manifestations continuent, Papandréou remanie son gouvernement en juin, la « Troïka (BCE,FMI,Eurogroupe) exige un nouveau plan d’austérité. Celui-ci prévoit notamment :
• La baisse de 22% du salaire minimum

• La baisse du coût salarial de 15% d’ici 2015

• La mise en réserve de main d’œuvre de 15 000 fonctionnaires payé à 60% de leur salaire

• La privatisation de 4 entreprises d’Etat concernant l’eau, le gaz, le pétrole, les jeux.

• Suppression de 500 postes de maires

• Diminution des dépenses de santé (déficit d’un milliard du système de santé)

En contrepartie l’Eurogroupe prévoit notamment l’annulation de 50% des dettes grecques.

Octobre 2011 : Sous la pression des dirigeants européens Papandréou renonce à consulter les grecs par référendum sur ce plan d’austérité. Il annonce en novembre la formation d’un gouvernement d’Union Nationale. Celui-ci ira du PASOk à l’extrême droite « LAOS »(3 ministres) en passant par la droite traditionnelle. Papadimos devient premier ministre. Gouverneur de la Banque Central grecque c’est lui-même qui, avec l’aide de Goldman Sachs, qui avait falsifié les comptes nationaux en 2001, falsification qui avait déclenché la crise en 2009.

Les plans d’austérité successifs aboutissent à un résultat économique inverse de celui affiché :

• De 125% du PIB en 2009 la dette atteint 158% en 2011. Elle est estimée à 170% pour 2012.

• La Grèce est en récession depuis 2006 et la situation ne cesse de s’aggraver : -2% en 2009, -4,5 en 2010, -7,1% en 2011 et vraisemblablement autant en 2012. Depuis 2009 le PIB a chuté de 20%, c’est-à-dire qu’il y a 20% de richesses produites en moins à partager entre l’ensemble de la population.

• Par rapport à 2008 le niveau de vie chute de 50% en 2012, le chômage touche ¼ de la population et un jeune sur deux.

Ces résultats n’ont rien d’étonnant. Ces plans d’austérité européens, qu’ils soient grecs ou décidés dans d’autre pays de l’Union, sont tous conformes à la doctrine néolibérale dont les principes de base sont ramassés dans « les dix commandements du Consensus de Washington » que vous trouverez sur notre table. Ces plans sont de même nature que les Plans d’ajustement structurels que le FMI a imposé aux pays en voie de développement avec les dégâts sociaux qui ont abouti aux émeutes de la faim entre 2005 et 2008.

Beaucoup d’observateurs considèrent que la Grèce est un laboratoire pour l’Europe. Mais il ne faut pas se tromper : il ne s’agit pas d’une expérience économique, sur ce plan les résultats sont connus d’avance. Il s’agit en réalité de tester quel est le degré de paupérisation qu’un peuple européen peut supporter sans remettre en cause le pouvoir politique qui applique la doctrine néolibérale au bénéfice de la finance internationale, qu’il se déclare de droite ou de gauche.

Le tournage du film s’est terminé en mai 2012. Mais il y a eu depuis une série d’évènements qu’il est nécessaire de connaitre pour appréhender la situation grecque.

2012 Elections en mai, puis juin.

Les dirigeants européens, François Hollande compris sont intervenu dans la campagne électorale. Ils ont fait une énorme pression sur le thème de la sortie de la Grèce de la zone euro, ce qui est une imposture puisque aucun de principaux partis ne le proposaient et qu’aucune disposition dans les traités européens ne permet aux autres pays de la réaliser.

La droite l’emporte, mais est en recul sur 2009 (30% contre 33).
Le Pasok s’effondre de 44% il passe à 12. Les sondages le créditent aujourd’hui de moins de 10%
Un nouveau parti émerge, Syriza (gauche radicale) qui faisait 5% en 2009 passe à 17% en mai et 27% en juin. Il est crédité aujourd’hui de 30%. Le Programme de Syriza est sur la table.
Mais émergence également d’un parti ouvertement néo-nazi, l’Aube dorée. Il faisait 0,3% en 2009, passe à 7% en juin 2012 et obtient 18 députés (sur 300). Les sondages le créditent actuellement de 12 à 15 %. Les milices d’Aube Dorée sont impliquées officiellement dans plus d’une centaine d’agression contre des personnes ou de couleur ou apparemment étrangères, des Roms, des homosexuels, des militants de gauche. Aube Dorée bénéficie de sympathies, voire de complicité parmi la police, d’une certaine complaisance du Conseil de l’Europe qui a accepté la participation d’une de ses députés dans sa commission pour l’égalité et la non discrimination ! Vous avez plus de détails sue l’Aube Dorée sur notre table.

Suite aux élections de 2012 un nouveau gouvernement est formé, sous l’autorité d’Antonis Samaras (droite), avec une majorité parlementaire constitué par la droite (Nouvelle Démocratie), le PASOK (PS grec) et la Gauche démocratique (socialiste écologiste), Syriza a refusé d’en faire partie.
Début Novembre de cette année un nouveau plan d’austérité est discuté au Parlement. L’objectif de réduire les dépenses publiques de 18 milliards d’€ d’ici à 2016. Il est adopté à une fable majorité du fait de la défection d’un certain nombre de parlementaires de la majorité gouvernementale.
Nous en sommes là.

Encore deux choses avant de passer au film.
Vous verrez dans le film une interview d’un noble vieillard. Il s’agit de Manolis Glézos, héros de la résistance à l’occupation nazi. Vous trouverez sur la table une interview de ce personnage hors normes à l’Humanité Dimanche, introduite par une courte présentation de celui-ci.

Enfin vous remarquerez que le programme de Syrisa prévoit un audit de la dette publique. C’est aussi, pour la France, une revendication d’ATTAC et des collectifs qui se sont constitués avec cet objectif. C’est pourquoi le débat sera animé par François Favre, membre du collectif auscitain.
Place au film.

Note : Les document cités, à disposition sur table, sont disponibles sur demande à auch@attac.org


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